‹ Jean Calas et sa familleChapitre 62 sur 100 · LE COMTE DE ROCHECHOUART A M. DE SAINT-FLORENTIN · texte numérisé non relu

LE COMTE DE ROCHECHOUART A M. DE SAINT-FLORENTIN

A Parme le S décembre 1761.

Monsieur,

Les bontés que vous m'avez témoignées en tant d'occasiODs m^authorisent a y recourir en faveur d'une per- S(MUie a qui je dois beaucoup d'égards. C'est le Sieur La- Yaysse, avocat au parlement de Toulouse, dont le fils a été impliqué dans une affaire malheureuse qui ne laisse aucun soupçon sur son innocence. Ce père afiQigé me mande, Monsieur, qu'il a eu l'honneur de vous adresser un mémoire contenant le détail du fait qui a donné lieu a cette accusation. Comme il m'en a envoyé en même temps une copie, j'ai été en état de m'en instruire. Il ne faut que jeter un coup d'œuil sur la procédure, pour reconnoitre Tesprit de vertige et de rumeur populaire qui en a été le

■ UÉPËGHES

. Tout j est sans fondement et hors de la plus létiEGmblance

compte donc. Monsieur, que réclamer votre jusre des calomnies odieuses, et vous faire connoitre que je prends h un homme de probiuS, qui depuis d'années a bien mérji^ de toute la province du ïc par 363 longs travaux et une conduite irréie.

Is avec respect

Dateur

Votre très humble et très obéissant serviteur

ROCBSCHODUtT.

LE CAPITOUL DAVID DE BE&UDBIGUC A H. DB SAllfT-PLOREHTIN.

J'avois eu Thonneur de vous marquer dans ma dernière lettre que je vous instruirois de l'arrêt que le parlement rendroit au sujet de l'affaire des Calas, qui interesse toutes les provinces. Il Tut rendu samedy dernier sixième du courant; le public atteudoit avec Impatience l'exemple que mérite un crime de cette espace. Voicy l'arrêt, il passa jmmisslorem, que rinquisition commencée seroit continuée d'authorité de la Cour; cependant j'auray l'honneur de vous observer. Monseigneur, que quoyqu'il passât immissiorem, il y eut cinq voix aies rompre vifs; nous attendons a présent les nouvelles decou-

vertes que faira M le procureur gênerai pour donner plus de force a cette inquisition. J'auray Thonneur, Monseigneur, de vous informer de tout ce qui ce faira a ce sujet, même du second arrêt quy sera rendu. Je redoubleray mon zelle et mon attention pour contenir le bon ordre et mériter par mes soins votre Puissante Protection.

J'ai rhonneur d'être avec un très

profond respect Monseigneur

Votre très humble et

très obéissant serviteur

David de Beaudrigub

Capiioul.

M. de saint-florentin

A M. DE ROCHEGHOUART.

f 0 décembre.

J*aurais été fort aise, M. de faire plaisir au sieur La Vaysse dont je connais les talents et la probité, et j'aurais Surtout été charmé de luy faire ressentir combien votre ^ecommandation a de poids auprès de moi. Mais l'affaire dans laquelle son fils se trouve malheureusement impliqué est sous les yeux de la justice. Le Parlement en est saisi, et il est d'autant plus impossible d'en arrêter ni même d'en suspendre le cours que le titre de l'accusation est des plus graves, qu'il a du rapport à la religion et qu'il fixe l'attention de toute la Province. Le S. Lavaysse m'avait écrit dans les commencements pour obtenir un snrcis, mais le Roi à qui je rendis compte de sa demande et des motifs sur lesquels il la fondait ne jugea pas à pro^ pos d'y avoir égard.

M. DE LAMOtCNON, CH.WCEUËIV DE FEASCE A ». DE 9A1BT-PBIEST, ISTENDAHT DE LANGUEDOC

Monsieur, Vous n'ignorés pas sans doute que le parlement de Toulouse iûstruiÈ un procès criminel contre le nommé Calas et sa femme, accusés d'avoir étranglé leur fils qui était sur le point d'abjurer la religion protestante, dont on dit qu'ils font profession. Pendant le cours de cette procédure il a été distribué de la part des protestants (car ils ne déguisent point leur qualité) différens mémoires, pour justifier les accusés. Ce pièces sera tiénirié suivant la qualité des preuves: comme ell^,.ne me sont pas parvenues, je n'en porte aucun jugement. Mais il vient d'être répandu dans la ville de Toulouse un écrit fort injurieux au parlement, dont il ne tardera pas, si fait n'a été. de demander la suppression et même la condamnation ifetrebnili La suite de ce jugement doit être une information contre les auteurs et distributeurs de l'écrit. Or on'iie'peutdoutor'quo le distributeur de l'écrit ne soit le nommé Paul Ilabaul (sic), demeurant à Nismes, qu'on dît être protestant, puisqu'il a signé lui-mÊ me une partie des exemplaires do l'écrit en question qui sont parvenus aux magistrats de Toulouse, Si le parlement se porte i le décréter, comme il y a tout lieu de le croire, les suites de cette accusation peuvent Être considérables, reut-être serait-il convenable ([iie' le décret qui seràil i'eiidu par le p'arlemeni ne fut pas exécuté. Prenez la peine de me mander cequG vous en pensez et s'il n'y aurait pas des mesures & pren- '

dre pour provenir les suites d'un arrêt que le parlemen ne peut s'empêcher de rendre et dont on ne peut le blâmer. Le Roy est instruit de cette affaire et c'est eç, cquséquence du compte que je lui en ai r^dM que je vjpus écris la présente.

Je suis, Monsieur, votre affné serviteur.

DE LAM0IGIi;0N.

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