LE PRÉSIDENT DU PU6ET AU MÊME
ToolooM, t7 mm 1762.
Monseigneur,
rsd prévenu vos désirs en ayant eu l'honneur de vous informer de l'arrest que le parlement a rendu contre les complices de Galas. Cette procédure ayant commancé devant les Capitouls avec Monyer assesseur de cette juridiction, on a vu que Monyer avoit prévariqué dans ses fonctions, ce qui a donné lieu à la chambre Toumelle, sur les conclusions de M le procureur général de décréter le dit Monyer d'ajournement et d'ordonner l'enquis contre luy, et la procédure se fait
Dais le temps, Monseigneur, que nous étions occupés au jugement de Calas père, Duroux fils, procureur en la Cour, présenta une Requette au nom du dit Calas, de sa fenmie et de son fils, qui tendoit a accuzer tout le Tribunal des Capitouls et notamment un d'eux de faux et de pre* varication sur laquelle requête nous rendîmes un arrêt de néant Cependant les Capitouls ayant été instruits de cette Requette vinrent en porter plainte au parlement qui leur en octroya acte. Duroux fils, mandé venir et ouy, après avoir avoué la ditte Requette a été condemné à se transporter au greffe pour, en présence d'un Commissaire, déclarer qu'inconsidérément et témérairement il a fait, présenté et fait signer cette Requette, laquelle sera lacérée par le greflOier, dont il sera dressé procès verbal, et au surplus, l'interdit pour trois mois de ses fonctions.
Agréés, Monseigneur, que jeprofitte de cette occasion 'pour vous prier d'obtenir du Roy des lettres de cachet
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pour faire enfermer dans un couvent Anne et Aane-Itose Calas filles de ce malheureux père. L'ainée est la plugi obstinée dans sa Iteligion et la cadette a des dispositions, pour se convertir. li y a lieu de craindre que cette ci-, dette ne persiste pas dans cette bonne résolution étant, revenue avec sa mère qui est fort entêtée et avec sa sœur. Et si Sa Majesté se détermine à les faire enfermer je crois qu'elles doivent l'être ûsna des couveats différents. D'&llleurs elles sont très jeuues ; Anne Calas n'a que vingt-un ans, et Anne Roze Calas 20 (1). Celle cy a un patrimoine particulier de 18 a vingt mit francs qui peut fournir it son entretien. Et Anne Calas aura sa portion des biens que la loy luj donne sur ceui de son père. J'espère que vous ïoudrés bien avoir égard a la représentation que la Religion m'inspire de vous faire. Je suis avec respect Monseigneur
Votre très humble et très obéissant serviteur
Du POGEI
SI
U. DE SADIT-FLOBENTIN A H. DE BOHREFOS, PROCHREDR GÉNÉRAL.
J'id reçu M les lettres par lesq. tous avez pris U peine de m'informer des jugements rendus par le Pari' dans l'affaire des Calas. Je ne doute pas qu'ils n'ayeot été rendus conformém' & ce qui a résulté des informa-
« Préaidcnl du Pugel appelle Vtlaii
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tions et procédures. Mais j'aurais fort désiré que Galas eût, par son aveu, confirmé la justice de la condamnation intervenue contre lui. Gela aurait pu empêcher les manvais propos des ministres et les impressions fâcheuses qu'ils donnent à cette occasion à leurs adhérents. Le Roi a approuvé le dessein où vous êtes de faire chercher les deux jeunes filles de Galas et de les faire arrêter et mettre dans un couvent Je vous envoyé les ordres que vous demandez à cet effet. J'ai fait laisser le nom du convent en blanc; vous voudrez bien le faire insérer dans les ordres lorsque cela deviendra nécessaire (1) Je verrai par quels moyens il sera possible de procurer à Galas fils . une pension qui le mette en état de subsister. Gependant il me parait qu'il est d'âge à remplir quelque état et à se procurer de quoi se soutenir par lui même.