X PRÉFACE
Parlement ; celle de Paris seule a pu se grossir des pièces du troisième et du quatrième procès devant le Grand Conseil et devanl los Maîlres dos Requ^^tes. Or, nous montrerons quo devant les deux tribunaux de Toulouse le procès fut oondiiil de toile sorte qu'il ne parvint à oux([ue dos ténîoip:nag(is tous défavorables (sauf un seul), et que les dé])Ositions, les arguments, les faits justificatifs, tout ce qui ])Ouvait servir les accusés ne parut que devant les juges de Versailles et de Paris. Aussi n'y a-t-il rien d'étonnant h ce que la plupart des personnes qui ont vu seulement les pièces toulousaines croient les Calas coupables ; si ces mêmes personnes lisaient les documents moins volumineux et tout différents des deux dernières instructions, elles porteraient peut-être un jugement tout opposé. Il n'appartientqu'à des esprits éminents et très-exercés, comme l'ancien Procureur- Général de Toulouse, aujourd'hui conseiller à la Cour de Cassation, M. Plougoulm, de découvrir, dans les pièces mêmes sur lesquelles Calas a été condamné à Toulouse, la pleine certitude de son innocence.
Une seconde série de renseignements d'une haute valeur se trouve ti Paris aux Archives Impériales; ce sont les minutes des dépêches dictées de 1761 à 1766 par le comtede Saint-Florentin, secrétaire d'Etat (1). Nous donnons, h la suite de notre travail, un choix de ses lettres, et nous en citerons beaucoup d'autres, soit dans le cours même de notre discussion, soit dans les notes placées à la fin du volume. On y verra que ce ministre dirigea secrètement et approuva tout ce qui eut lieu.
Nous publions en même temps plusieurs lettres adressées de Toulouse k M. de Saint-Florentin par les juges de Calas ou par d'autres personnages influents de l'époque, et qui se trouvent dans une autre section de ces
(1) DépèchuB du Secrétariat (série Ë, 8(^2 et Buiv.)