VII. Michel du Bois
Cet imprimeur, après avoir exercé son métier à Paris, se réfugia à Genève, vers la fin de l'année 1537, mais il ne commença à y travailler que deux ans plus tard. Le 4 octobre 1539, A. Du Pinet écrit à Calvin : « Il possède diverses sortes de caractères élégants, qui ne le cèdent certainement en rien aux types allemands, et, sans vouloir médire de ses concurrents, je ne doute pas que, dans son établissement, les livres ne soient publiés avec plus de soin et de diligence que dans tout autre 5. »
Michel du Bois débuta, comme il le désirait, par la publication d'un livre de Calvin, la version française de la réponse du Réformateur au cardinal Sadolet G. C'est lui aussi, d'après les Opéra, qui aurait publié la première traduction française de l'Institution, celle de 1541 7.
Nous avons vu qu'il fut chargé par le Conseil de porter à Strasbourg une première missive demandant le retour du pasteur exilé 7, Calvin.
1. Baudrier, Bibliographie de l'imprimerie lyonnaise, IV, 1899, p. 162. — 2. Galiffe. Notices généalogiques, IV, 1888, p. 126-128. — 3. Opéra, III, p. xliii. — 4. Voir l'étude de M. Th. Dufour, dans la Notice citée, 1878, p. 93-103. Nous nous bornons à la résumer, tout en nous aidant des notes postérieures de M. Herminjard. — .">. Herminjard, VI, p. 37 et n. 6-10. — 6. Voir plus haut, p. 421. — 7. Opéra, III, p. xxix, n. 1. — 7. Voir plus haut, p. 700 n. 8.
APPENDICE XIV
Et cependant, voilà que, tout à coup, Michel du Bois abandonne Genève, même l'Eglise réformée !
Que se passa-t-il ? M. Herminjard a émis l'hypothèse que Michel du Bois fit faillite. Il y a lieu, ce semble, d'être de cet avis. Tout ce que nous avons, en fait de documents, c'est un mot de Mathurin Cordier (lettre à Calvin, du 16 septembre 1 541) et quelques lignes de Calvin lui-même, du 28 juillet 1542.
Cordier, parlant de Guillaume du Bois, dit qu'il « fut l'associé de Michel. » L'association était donc rompue. Mais Michel alla-t-il tout de suite à Lyon? Calvin s'exprime ainsi : « Il est parti (abiit Me). » Et un peu plus loin: «Nous verrons ce qu'il attrapera (videmus qttid captef)-. » Il nous semble résulter de ces expressions que Michel est parti récemment, peu avant le 25 juillet 1542, sans doute dans les premiers mois de l'année, et qu'il ne s'est pas encore converti au catholicisme. Si du moins Calvin l'avait su, on peut être assuré qu'il n'aurait pas parlé sur ce ton.
Ce qui est certain, c'est que Michel revint à Genève, en 1557, se présenta devant le Consistoire, confessa être allé à Lyon, « où il s'est marié et pollué en l'idolâtrie. » Il se repent. Le Consistoire lui adresse des « admonitions » et lui interdit la Cène. Le Conseil le condamne, en sus, à la prison, « troys jours en pain et eau », et à la perte de la bourgeoisie. Elle lui fut restituée toutefois en 1559, parce qu'on avait « bon raport de luy. » Mais il n'en profita pas longtemps et mourut en avril ou mai 1561.
Les volumes que nous avons de Michel du Bois, édités pendant la première période de son activité genevoise, ne portent pas de marque. Après son retour de Lyon, il publia, en particulier, le Psautier de Pierre Davantes, 1560. C'est là que se trouve la marque du livre entr'ouvert 3.