VI. Sébastien Honorât
« Sébastien Honorât, fils de Barthélémy II, oncle de Barthélémy III, épousa, en premières noces, Sibylle Molle, dont il n'eut qu'une fille, et, en secondes noces, Françoise Bochet, dont il eut trois filles. Associé temporairement avec différents libraires pour la publication de plusieurs ouvrages, il fut en relations suivies avec les héritiers de Jacques Junte. Outre la maison de Lyon, Sébastien fonda aussi une succursale à Genève, où il se retira pour cause de religion. Reçu bourgeois de Genève le 18 février 1572, il y testa le 31 juillet de la même année et mourut peu après,
1. Opéra, XIII, p. 527 et n. 2. - 2. Ibid., p. 549. — 3. Ibid., p. 553. — i. Ibid., p. 549. — S. Le 7 janvier 1552, Viret écrit à Calvin: «Si tu as le temps de répondre par notre libraire (bibliopolam), réponds. » Et les éditeurs mettent en note: Rivery. Mais sur quoi se fondent-ils pour cette désignation ? Ibid., XIV, p. 239 et n. 11. — 6. Ibid., XX, p. 577. — 7. Le 18 mai 1557, dit Ruchat, IV, p. 482, 483 — H. Y compris deux catéchismes de Viret, 1558. — 9. Opéra, XVII, p. 127. — 10. Avant le 5 septembre 1567, probablement au cours d'un voyage en France. (Note de M. Th. Dufour.) — il. Mémoires et documents, XIX, p. 170. — 12. Voir : Exposition nationale suisse, Genève 1896. Calalogue de l'art ancien, groupe 2j, in-8°, p. 64, N" 683 (partie rédigée par Th. Dufour), et A. Bernus, L'imprimerie à Lausanne aux XV" et XVI" siècles. 1902. (Extrait de la Gazette de Lausanne des 4 et 5 juillet 1902.)
QUELQUES IMPRIMEURS DE CALVIN
léguant iooo livres et la direction de son importante librairie à Barthélémy, son neveu et son facteur à Lyon *. »
Galifte 2 ajoute ces renseignements : « Sébastien Honoraii était né à Florence. Il se réfugia à Genève dès 1566. » Dans son testament, du 31 juillet, il léguait 250 1. aux pauvres de Lyon, et 200 1. à ceux de Genève.... Il mourut le ieraoût 1572. Son testament était donc in extremis. Son père, resté jusque-là à Lyon, vint s'établir à Genève, pour soigner sans doute les intérêts de ses petits-enfants. Il fut reçu à l'habitation le 5 septembre 1572.
S. Honorât publia à Lyon, en 1563, plusieurs ouvrages de Calvin. Citons : i° Une Institution chrétienne. Mais les éditeurs des Opéra disent : « Ce n'est pas là une édition nouvelle et particulière. C'est celle de Badius (de 1561), pour laquelle on a fait un nouveau titre 3 ; »
2° Leçons et expositions familières de Jean Calvin sur les dou^e petits prophètes.., 1563.
30 Commentaire de M. Jean Calvin sur toutes les Epistres de l'apostre sainct Paul ; Item sur les Epistres canoniques, etc., Ij6). — C'est à ce Commentaire que S. Honorât mit l'avant-propos que voici :
« L'imprimeur aux lecteurs, salut. — Craignant, amis lecteurs, que le changement de la traduction du texte ne vous rendist aucunement esbahis, je vous ay bien voulu advertir que vous n'avez rien perdu au change. Car M. Calvin, autheur de ces Commentaires, avec M. de Besze, tous deux fidèles docteurs et ministres de ceste Eglise, selon le don des langues et autres grâces qu'ils ont receues du Seigneur, comme est celle d'interprétation et saine intelligence du sens nayf des sainctes Escritures, se sont dernièrement employez à rendre la traduction du Nouveau Testament en nostre langue françoise la plus vraye, propre et facile qu'il leur a esté possible, selon la propriété du grec et vérité du sens, tellement que leur industrie et diligence apporte une telle clarté à l'intelligence du vray sens qu'il n'y a homme, amateur de la parole de Dieu, qui ne soit grandement tenu de luy rendre grâces pour un si grand et si excellent bénéfice qu'il a fait de nostre temps à sa povre Eglise, ayant suscité ces deux bons personnages pour faire une œuvre si saincte et si nécessaire. Vous donc qui en jouyrez, louez le Seigneur éternellement, et en sçachez gré aux instrumens dont il a usé pour voir procurer un si grand bien. Adieu. »