LE PORTRAIT DTDELETTE DE BURE
Existe-t-il un portrait d'Idelette ? Peut-être oui, peut-être non. En tout cas nous ne savons où il se trouve. — Tel est l'état de la question.
Henry, dans la petite édition en un volume de sa vie de Calvin (Dus Leben Johann Calvins, cin Zeugniss fur die Wahrheii, 1846), a écrit :
« Dans une église sur les bords du Rhin on a trouvé deux peintures, représentant Calvin et sa femme. Ce dernier portrait est le seul connu d'Idelette de Bure. Le pasteur Krafft, de Dusseldorf, a eu la grande amabilité de m'envoyer des dessins (Zeichnungen) de ces tableaux 1 .
» De même que Lucas Cranach nous a laissé un portrait de Catherine de Bora, de même il s'est trouvé un portrait d'Idelette dans une église réformée sur les bords du Rhin. Il appartient sans doute à l'école d'Holbein. Idelette est en costume de fiancée, une fleur dans la main droite, et dans la gauche, un livre. Calvin, en robe, et point du tout maigre, sert de pendant. La fiancée a un anneau à l'index gauche, une riche ceinture, une chaîne et une solide coiffure : des deux côtés une forte tresse de cheveux 2. »
Ces deux tableaux étaient-ils authentiques ? Que sont-ils devenus ? Il est aussi impossible de répondre à l'une de ces questions qu'à l'autre, tous nos efforts pour les retrouver ayant été inutiles.
Nous avons écrit à M. le pasteur Krafft, alors à Elberfeld. Au moment où il reçut notre lettre, il était presque mourant. Sa fille, Mme Grœber-Krafft, voulut bien cependant nous répondre, le 22 août 1897, une lettre française que nous reproduisons textuellement :
« Le pasteur Krafft de Dusseldorf, mon père, vit encore à Elberfeld, à l'âge de quatre-vingttrois ans. Etant très faible, il me charge de vous dire qu'en effet il acheta (il y a cinquante ans) deux portraits dits de Calvin et de sa femme. Bien que ces portraits fussent conformes à l'époque du grand Réformateur, personne ne put garantir leur authenticité. Mon père en fit faire des copies par un peintre habile, et les envoya à M. Henry, dans l'héritage duquel elles se trouvent peut-être encore. Du reste c'est une erreur que de croire que les tableaux eussent été trouvés dans une église. Mon père a vendu les portraits il y a quarante ans et ne sait ce qu'ils sont devenus. »
Il ne nous restait qu'à nous rendre à Berlin pour faire, sur place, les dernières recherches. Elles