‹ Jean Calvin (volume 2)Chapitre 85 sur 123 · CALVIN POÈTE · texte numérisé non relu

CALVIN POÈTE

Donc avant 1532, Calvin avait écrit des poésies ; donc il y a eu des poésies de jeunesse composées par Calvin. Juveniîia ! Comme il serait intéressant de les posséder !

Autre observation. Dans son poème, Calvin dit: quod naiura negat ; et dans sa lettre, il dit: ad poeticen natura salis eram propensus.

UEpinicion a été traduit en vers français et publié par Conrad Badius en 1555. Celui-ci nous raconte lui-même: « Estant jeune escholier à Basle, sous la discipline de M. Simon Gryneus... je fu par luy mené à Wormes... Je tu receu au logis où les docteurs protestans... estoyent logez. » Et là il recueillit les vers composés par Mélanchthon et par Calvin en l'honneur du Christ, « pour ce que les grenouilles là assemblées, ou plustost crapaux, de la part du pape, pour troubler par leur cri confus et importun le repos de l'Eglise, se trouvèrent si estonnez et esperdus de la seule présence des serviteurs de Jésus Christ, qu'ils n'osèrent jamais lever la teste pour sonner mot. Plusieurs bons personnages, et singulièrement M. Philippe Mélanchton et M. Jehan Calvin, voyans que Jésus leur maistre avoit, sans coup férir, rabbaissé l'orgueil de ses adversaires, se meirent à composer plusieurs vers à sa louange '. » — Nous donnons ici un court fragment de la traduction de Badius, celui où les « ducs et chefs » du parti romain sont représentés faisant leur soumission, et baissant « le chef en terre » :

Cest yvrongne Eckius marche après garrotté,

Et que son vilain dos soit vivement fouetté.

Après luy Cochleus, vermine misérable,

Vicne soumettre au joug son long col indontable :

Mais qu'il n'y viene pas avant qu'avoir receu

Un front modeste et doux, ce que jamais n'a eu.

Nauséa -, ce bavard, qui a rempli le monde

De livres ennuyeux, sans sçavoir ne faconde,

Plus muet qu'un poisson viene bailler le col

Comme esclave et vaincu, pour porter le licol.

Et ce hibou puant, avec sa laide trongne,

Qui s'est longtemps caché sous le nom de Cicongne,

S'appelant Pelargus 3, viene sans plus attendre,

Ouvre son bec crochu pour le rude mors prendre.

Badius a paraphrasé le latin de Calvin, et n'a pas résisté à la tentation d'ornementer sa paraphrase de quelques invectives, dont l'original n'est pas responsable.

1. Opéra, V. p. xlvii-xlix; XXI, p. 63. — 2. Son nom était Grau ou Graux. « Frédéric Graux (en latin Naitsea) publia une foule d'ouvrages. D'abord secrétaire du cardinal Campége, puis prédicateur à Francfort, à Mayence, et chapelain à la cour du roi Ferdinand, il fut nommé évêque de Vienne, en 1541. » Herminjard, VI, p. 258, n. 7. — .'f. Son nom était Storch. Opéra, V, p 427, n. 3 et 4.

Appendice N° VII.

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