‹ Jean Calvin (volume 3)Chapitre 1 sur 94 · Jean Calvin · texte numérisé non relu

Jean Calvin

En tête de ce volume j'inscris le nom de M. Théophile Dufour, pour le remercier de toute la peine qu'il a prise en corrigeant mon volume précédent, et des services inappréciables et si divers qu'il m'a rendus depuis le commencement de mon travail.

L'art du « correcteur » a été cultivé, au seizième siècle, par les savants les plus célèbres. Il suppose en effet une érudition, une mémoire, et un œil, dirais-je, également rares.... Or ce sont deux « correcteurs » — les plus dignes émules de ceux de la Réformation — M. Herminjard et M. Théophile Dufour, que j'ai eu le grand privilège de rencontrer dès le début de ma carrière. On a dit de l'un d'eux qu'il était « impeccable. » Du quel parlait-on? Je ne sais, car l'un ne mérite pas moins que l'autre cet éloge hyperbolique. Je les unis donc tous deux dans ma reconnaissance et dans mon admiration ; et d'autant plus, que leurs dons si utiles à l'historien sont de ceux que j'envie beaucoup et ne possède point. La preuve c'est que leurs leçons elles-mêmes n'ont pu faire de moi mon propre « correcteur. » Ce qu'elles m'ont appris, c'est mon incapacité. Il est vrai qu'elles me l'ont si bien apprise, que j'en suis arrivé parfois à éprouver une sorte de découragement plein d'une telle défiance et d'une telle frayeur, qu'il sont tout près de me paralyser.

Sans doute, c'est ce sentiment qui, en se généralisant peu à peu, a créé en moi le besoin de m'entourer de conseillers toujours plus nombreux, de m'assurer des secours et des concours de plus en plus divers, et de ne marcher que soutenu par une foule de collaborateurs de tout ordre. Ce volume en apporte la preuve au lecteur.

Et alors après avoir inscrit en tête de ce volume le nom de M. Théophile Dufour, à titre personnel, je l'ai encore inscrit à titre représentatif. Nul mieux que ce savant genevois, si savant et si genevois, ne représente tous ces savants genevois, auxquels je dois tant, qui ont bien voulu mettre à mon service leur érudition et leur temps, souvent si précieux, et dont je veux, dans ma sincère reconnaissance, nommer tout de suite les principaux, au risque d'être oublieux ou injuste vis-à-vis de plus d'un (plusieurs seront encore mentionnés dans le courant de l'ouvrage lui-même), et de fatiguer cependant le lecteur par une aussi interminable énumération : M. le notaire Rivoire, tout d'abord, l'érudit et patient éditeur des Registres latins du Conseil, qui a lu, avec une si méritoire régularité, toutes mes troisièmes « épreuves », les a plus d'une fois annotées et a bien voulu se charger de mainte vérification aux Archives ; — M. le pasteur Denkinger qui, autant que les devoirs de sa charge le lui ont permis, a lu une grande partie des secondes « épreuves » et m'a aussi fourni plus d'une annotation utile ; — M. le Dr Léon Gautier qui, non content de me communiquer le manuscrit de son volume sur la médecine à Genève, a corrigé mon chapitre sur les maladies de Calvin et vérifié aux archives mes dernières citations; — M. Edouard Favre, le descendant des Favre du seizième siècle, qui m'a communiqué son travail inédit sur les maisons de

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