A M. THÉOPHILE DUFOUR
campagnes des Perrin et des Favre, et m'a aidé dans toutes mes recherches sur la métairie d'Antoine Calvin jusqu'à faire avec moi visites et promenades archéologiques, dans toute la région de Pregny, la pluie sur le dos et les pieds dans la boue ; — M. l'archiviste Louis Dufour, qui m'a plus d'une fois ouvert le trésor de ses notes, et dont l'habileté, capable de déchiffrer tous les rébus des vieux Registres, a si souvent consenti à interrompre ses minutieuses lectures pour aider mon inexpérience paléographique, et me révéler un mot décidément indéchiffrable ; — M. le notaire Albert Choisy, qui m'a fourni les documents sur la Tour Perse, et m'a communiqué son travail inédit et complet sur le couvent de Rive ; — M. Max van Berchem qui m'a communiqué son rapport inédit sur Saint-Gervais ; — M. Camille Martin, le jeune archéologue qui prépare, comme thèse de doctorat, une monographie de l'Hôtel de Ville, et continue la publication des Vieilles maisons genevoises ; il a bien voulu relire certains chapitres plus particulièrement archéologiques de ce volume, et même me communiquer le manuscrit de sa future thèse ; — M. Gardv, de la Bibliothèque publique, dont j'ai périodiquement troublé, pendant des semaines, le travail, en l'accablant de demandes de renseignements sur tel livre, dont je n'avais pas le titre exact, ou sur telle de ces brochures dont la découverte sur les rayons n'est pas toujours facile ; — M. Aubert, le directeur toujours prêt à faciliter mes travaux en m'accordant toutes les autorisations permises par les règlements largement interprétés ; — M. Guillaume Fatio qui a mis à ma disposition tous les documents iconographiques réunis pour ses volumes illustrés et qui m'a révélé dans mainte course le coin de rue, ou le sommet de toit, duquel on a la meilleure vue sur ces vieilles enceintes dont il a fait une étude particulière ; — M. H. Heyer, le secrétaire de la Compagnie des pasteurs, qui a tiré des travaux inédits laissés par son père, le savant archiviste Th. Heyer, un plan, extrêmement important pour moi, de la rue des Chanoines, une monographie, des notes, etc.; — les membres de la Société d'histoire qui, non contents de m'admettre parmi leurs correspondants, m'ont fourni des monographies ou des documents comme MM. Cartier et Ritter, ou par l'entremise de leur président, M. Steizt, m'ont autorisé à piller à mon gré les planches de leur collection monumentale des M. D. G. ; — M. Boissonnas, le photographe qui, du volume de M. G. Fatio, Genève à travers les âges, a fait un chef-d'œuvre d'illustration photographique absolument incomparable à ma connaissance, et m'a permis de me servir de tous ses clichés; — M. Charles Bastard, dont la collection de gravures genevoises est unique ; grâce à sa parfaite obligeance, j'ai pu y puiser les gravures les plus rares, représentées par les exemplaires les mieux conservés, sans compter les notes et notices qu'il a bien voulu me rédiger.... Et tandis que j'énumère quelques membres de cette école de savants genevois, historiens et critiques, passant leur temps à manier les méthodes les plus sûres de la science, méthodes aussi protestantes que scientifiques par leur exactitude, par leur loyauté, méthodes calvinistes par leur dédain de toute apparence et de tout éclat, il me semble que je vois apparaître devant moi, et que je salue avec respect le maître luimême, l'historien et ie critique de premier ordre qui s'appelait Albert Rilliet. Comme Alexandre, il a laissé à ses capitaines les diverses parties de son royaume à se partager : et certainement parmi ses plus fidèles et ses plus brillants lieutenants, est bien Théophile Dufour.
Alors je pense aux longues heures passées à la salle Naville (cette si heureuse invention du patriarche des philosophes, M. Ernest Naville, salle dont l'organisation permet au travailleur de se constituer à côté de lui, dans un calme presque complet, toute sa petite bibliothèque, et de s'en servir directement aussi longtemps qu'il en a besoin) ; — je pense aux longues heures passées à la salle des archives, où l'on est sûr de rencontrer, à une séance ou à une autre, les familiers du lieu, les Victor van Berchem, les Cremer, les Covelle, les L. Gautier, les Choisy, les Rivoire, où l'on travaille presque en commun, s'aidant réciproquement pour une lecture, pour un renseignement, sous l'autorité paternelle de l'archiviste qui incarne si bien le Génie de ces « grottes », austère,