‹ Jean Calvin (volume 3)Chapitre 50 sur 94 · Opéra, Xa, p · texte numérisé non relu

Opéra, Xa, p

Nous aurons occasion de revenir sur la

LA MAISON DE CALVIN

En résumé, Calvin qui avait connu la pauvreté à Strasbourg, connut à Genève, et plus d'une fois, tout au moins le manque de ressources : quand dès le début il fut obligé de se faire avancer 5o fl. sur ses gages1 ; quand, afin d'envoyer des subsides au roi de Navarre, il s'endetta jusqu'à manquer d'argent pour « sa provision de chaque jour ; » quand il accepta malgré lui la restitution d'une petite somme qu'il avait prêtée au fils de son ami Daniel2; quand il fut trop endetté pour emprunter de quoi envoyer un messager etc., etc. Certes, Calvin ne fut pas riche, mais on ne peut dire non plus qu'il fut pauvre.

Non. Il ne pratiqua pas la pauvreté évangélique au sens où l'entend Kampschulte, c'est-à-dire la pauvreté catholique, avec son mauvais ascétisme, mauvais même quand il est admirable, avec ses prétendus mérites et vices habituels. Mais il fut un vrai modèle de la pauvreté évangélique, au sens où l'entend l'Evangile, celle qui consiste dans le détachement des richesses, sachant s'en passer, sachant en user, sans préoccupation particulière : vrai type du grand homme désintéressé.

1. 31 octobre 1 54 1 « Lyvrer az maystre J. Calvin en déduction de son gage 50 fl. » Voir Heyer,

M. D. G., IX, p. 404. — 2.12 février 1560 : « Les sept écus d'or et les vingt sous qu'il avait acceptés de moi sont payés. J'ai eu honte de les recevoir, moi qui d'autrefois suis endetté auprès de toi [alors sans doute qu'il habitait Orléans]. Et vraiment si j'étais un peu plus riche (si paulo essem locupletior) je n'aurais pas souffert qu'un as me fût rendu. » Opéra, XVIII, p. 16, 17.

Falot du XVIe siècle au coin de la rue Calvin.

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