Opéra, XII, p
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moi. D'où viennent donc ces bruits ? Je l'ignore, à moins que des hommes méchants ne parlent ainsi mal de moi, pour noter d'infamie l'Evangile. Mais ils ne parviendront jamais à faire que je sois riche, parce que je suis abondamment satisfait de ma médiocrité, et parce que ma pauvreté, loin d'être à charge à personne, vient en aide à plusieurs *. »
Galiffe demande sur quoi l'on se fonde pour affirmer que Calvin donnait une partie de son traitement aux pauvres 2. Voilà une indication. En voici une autre : « La venue de beaucoup de povres m'a cousté, la demeure encore plus 3. » En voici une autre. Vers le 9 novembre 1 543, il écrit à Viret : « Je ne suis pas étonné que les misères des pauvres soient pour toi une croix cruelle (si acerbam crucem sustines ex paupérum miseriis). Je t'envoie quatre couronnes, que tu distribueras comme il te paraîtra bon \ » — On en trouvera plusieurs autres, non moins explicites, un peu plus loin.
3. Des années plus tard, en i555, les services rendus par Calvin se sont multipliés, sa réputation a grandi : la calomnie aussi. « Je suis profondément affligé des horribles infamies que tout le monde s'efforce de répandre contre Calvin, écrit un pasteur de Buren, Piperin, au pasteur de Constance, Blaurer.
Tous les jours j'en apprends de plus atroces En voici une : La reine de
Navarre... aurait envoyé 4000 couronnes d'or pour être distribuées en aumônes aux pauvres. Calvin aurait distribué cette somme soit à ses proches, soit à des marchands genevois et l'aurait prêtée pour un intérêt fixe. Non content de cela, il aurait encore demandé 3ooo couronnes de plus à la même reine 5 »
Un mois après, c'est à Calvin lui-même que Piperin exprime sa sympathie pour ses tribulations, et il lui signale en particulier la calomnie dont nous venons de parler, pour qu'il le mette à même d'y répondre. Certes, ni lui, ni aucun homme de bien ne croit à une pareille invraisemblance; néanmoins une réfutation publique ne serait peut-être pas inopportune 6.
Et, en effet, le 18 octobre, Calvin répond à Piperin : « En apprenant que de tous côtés on me déchire atrocement, je ne suis pas assez de fer pour ne pas en éprouver une poignante douleur.... Tous savent avec quelle frugalité je vis chez moi : ils voient que dans mes habits j'évite la dépense et l'éclat. Il est de notoriété publique que mon frère unique n'est pas très riche et n'a pas acquis ce qu'il possède avec mon argent. Où donc serait enfoui ce trésor ? Et ils m'accusent d'avoir volé les pauvres! Les hommes les plus pervers seront obligés d'avouer que c'est ici une calomnie tirée du néant. Si des hommes pieux donnent quelque chose aux pauvres, je ne touche aucun argent. Il y a environ huit ans, mourut chez moi un homme noble, qui avait déposé entre mes mains, sans reçu, une somme de plus de 2000 couronnes. Dès que je vis le danger de mort,
i. A Valérand Poullain. Opéra, XII, p. 504. — 2. Nouvelles pages d'histoire exacte, p. 30, n. 1. - 3. Epistre contre un cordelier. Opéra, VII, p. 362. La traduction latine porte : « Mini magno dispendio fuit. » lbid., n. 6. — 4. Opéra, XI, p. 648. Herminjard, IX, p. 105. — S. 16 septembre 1555. Opéra, XV, p. 770 et n. 3. — G. 15 octobre 1555. lbid., p. 820, 821.
LA MAISON DE CALVIN
où il se trouvait, bien qu'il voulut que cet argent fût laissé à ma discrétion, je refusai d'accepter une telle charge. J'eus soin qu'il en fît envoyer 800 à Strasbourg pour subvenir à la disette des exilés. Et sur mes exhortations, il choisit des hommes non suspects chargés de distribuer le reste. Pour moi, quand il voulut me léguer ce que d'autres n'auraient pas méprisé, je refusai. »
Et Calvin indique la raison de toutes ces calomnies. « Je vois ce qui excite mes adversaires. Ils me jugent d'après leur caractère, et ne doutent pas que je n'amasse de tous côtés, puisque j'en ai tant de facilité. » Il conclut : « Du moins si, vivant, je n'échappe pas au nom de riche, ma mort me vengera de cet affront l. »
Nous retrouvons presque textuellement cette lettre à Piperin, deux ans après, dans la fameuse préface du Commentaire sur les Psaumes. Ce qu'il avait dit autrefois à un ami, Calvin le répète au public. On constate ici cette manière de travailler qui lui était particulière. Il reprenait toujours les phrases dont il s'était une fois servi. En même temps on constate son étonnante mémoire. Il est plus que probable que Calvin n'avait pas son ancienne lettre à Piperin, du 18 octobre 1 555, sous les yeux : et il en retrouve presque tous les termes, et il lui suffit de quelques légers changements pour donner à un simple billet intime la majesté du discours le plus soutenu.
« Combien qu'estant de long temps accoustumé à humer telles injures, j'y soye quasi endurci, il ne se peut toutesfois faire que quand l'insolence de telles gens croist et augmente tousjours, je ne sente quelquefois en mon cœur quelques pointes d'amertume. » Avec son style à l'emporte-pièce, il parle de ces « gaudisseurs de table, desquels David se complaind. Et je n'enten pas seulement les frians qui cherchent quelque lippée pour farcir leur ventre, mais tous ceux qui par faux rapports cherchent de complaire aux grans. » En traçant ces mots brûlants comme un fer rouge, Calvin devinait-il l'infâme Bolsec, et son pamphlet destiné à payer les faveurs de l'archevêque de Lyon ? « Les autres, dit notre Réformateur, sèment des bruits et font courir propos frivoles de mes thrésors... Voire, mais quand un homme se contente d'un petit ordinaire et d'habillemens communs, et ne requiert point plus de frugalité des plus petis qu'il ne monstre et prattique luy-mesme, dira-on qu'un tel soit trop somptueux et face du brave?... Et s'il y en a à qui je ne puisse persuader de mon vivant que je ne soye riche et pécunieux, ma mort le monstrera finalement. » Et ici, comme s'interrompant, il dit, avec cette austérité antique et chrétienne, dont il est coutumier : « Certes d'autant que je n'appete rien plus que ce que j'ay, je confesse bien n'estre pas povre 2. »
i. « Verum, si vivus non effugio nomen divitis, ab hac nota mors tandem vindicabit. » 18 octobre 1555. Opéra, XV, p. 825, 826 et n. 2. — 2. « Me quidem, quia nihil plus quam suppetit appeto, minime pauperem esse fateor. » Opéra, XXXI, p. 34, 32.
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Voici donc le fameux testament de notre Réformateur, fait le 25 avril 1564, quelques jours avant sa mort 1 :
« Touchant le peu de bien 2 que Dieu m'a donné ici pour en disposer, je nomme et institue pour mon héritier unique mon frère bien aimé, Antoine Calvin, toutesfois honoraire tant seulement, luy laissant pour tout droict la couppe 3 que j'ay eue de Monsieur de Varannes le priant de se contenter, comme je m'en tiens asseuré, pour ce qu'il sçait que je ne le fay pour autre raison qu'afin que ce peu que je laisse demeure à ses enfans. En après je lègue au Collège dix escus, et à la Bourse des povres 5 estrangers autant. Item à Jeanne, fille de Charles Costan et de ma demi-sœur, assavoir du costé paternel, la somme de dix escus. Puis après à Samuel et Jean, fils de mondit frère, mes nepveux, chacun quarante escus. Et à mes niepces, Anne, Suzanne et Dorothée, chacune trente escus. Quant à mon nepveu David leur frère, pource qu'il a esté léger et volage, je ne luy donne que vingt cinq escus pour chastiement. — C'est en somme tout le bien que Dieu m'a donné, selon que je l'ay peu taxer et estimer tant en livres 6 qu'en meubles 7, vaisselle et tout le reste. »
Nous retrouvons cette coupe, que Calvin lègue à son frère, dans le testament de celui-ci ; et même ici il est question de deux.
Antoine Calvin « lègue et donne encores de préciput et adventage à Jehan Calvin, son fils, suyvant l'intention de défunt spectable maistre Jehan Calvin, luy vivant ministre de la parolle de Dieu en ceste cité, son frère, les deux copes d'argent que iceluy son frère luy avoyt données, a sçavoir celle que noble Laurent de Normandye luy avoyt donnée, laquelle ha ung couvercle 8 et celle que luy avoyt donnée défunct noble Guillaume Trye, seigneur de Varennes, qui est l'héritage que le dict défunt, spectable son frère, luy avoyt laissé, priant ses exécuteurs testamentaires cy après nommés que les dictes deux copes ne soyent vendues, mais qu'elles soyent guardées 'pour le dl Jehan son fils jusques à ce qu'il soyt en aage, s'il est possible 9. »
Cette coupe, don de Laurent de Normandie à Calvin, est-elle celle que nous reproduisons ici? (Page 4.82.) « C'est une tasse en cristal taillé, pied, bordure et anses en argent ciselé, gravé et doré. » Elle est bien du seizième siècle 10. Et
1. Le texte de ce testament se trouve Opéra, XX, p. 298, et ss. Voir l'introduction dont le font précéder les éditeurs. — Le texte latin se trouve dans la Vie de Bèze, Ibid, XXI, p. 162 et ss. — 2. Tenue patrimonium. — 3. Pateram argenteam. — 4. Guillaume de Trie, seigneur de Varennes. — 5, « Fondée primitivement par le legs de Busanton et enrichie depuis par d'autres dons et legs. Calvin y contribuait annuellement. » Opéra, XX, p. 300, n. 14. — 0. Achetés par la seigneurie. 8 juillet 1564. « Livres pour la bibliothèque. Estant raporté qu'on fait vendre les livres de feuz Monsr Calvin, a esté arresté d'en acheter pour la bibliothèque ceux que Monsr de Bèze trouvera estre bons et propres. » Registres du Conseil, Vol. 59, f. 69v. Annales, p. 818. — 7. Voir, au chapitre suivant, l'inventaire des meubles de Calvin, dressé en 1548. — 8. Un étui? — 9. Archives. Minutes du notaire Ragueau XI, p. 238 et ss. — 10. Exposition nationale suisse, 1896. Catalogue de l'art ancien, p. 228.
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LA MAISON DE CALVIN
une tradition qui remonte très haut la désigne sous le nom de coupe de Calvin. — Seulement il faudrait penser que cette coupe serait revenue entre les mains des donateurs : on comprend du reste qu'ils aient tenu à la conserver *.
Antoine Calvin ajoute dans son testament qu'il lègue à Laurent de Normandie « la petite boete d'argent que luy testateur a heu du dict defunct spectable
Une coupe de Calvin, (p. 481.)
Calvin son frère » ; et il donne enfin ce renseignement général : « Veult et ordonne, continue-t-il, que tous ses dicts siens enfans ne puissent demander ny quereller l'ung envers l'autre aulcune chose pour la succession du dict défunt spectable maistre Jehan Calvin son frère, leur oncle, que la somme de deux cens escutz. Car luy testateur ne pense point, mais dict et déclare que s'il eust vendu tous les meubles de son dict frère, qu'il y fust bien peu resté ayant payé ses debtes et légats. Et desquelz biens du dict défunt spectable son frère, le dict testateur a déclaré que luy seul en avoyt heu l'administration et non le dit noble de Normandie ny aultre. » — Bèze confirme Antoine Calvin : « Si on ne m'en croit et dix mille tesmoins avec moy, au moins que les petites facultés de son frère et seul héritier, et l'inventaire de tous ses biens en soient creus, et il se trouvera que toute sa succession (y comprins mesmes ses livres qui ont été chèrement vendus à cause de sa mémoire très précieuse à toutes gens doctes) ne passe point deux cens écus 2. »
1. D'après une note du syndic Rigaud, cette coupe aurait été léguée, en 1779, par Mlle Anna-Magdeleine de Normandie, dernière du nom, descendante au cinquième degré de Laurent, à son parent J.-F. Grenus; le baron de Grenus, fils de ce dernier, la donna au syndic J.-J. Rigaud, grand-père maternel de Mademoiselle Anna Sarasin en possession de qui la coupe se trouve aujourd'hui, et qui nous a permis de la reproduire. Qu'elle veuille bien accepter nos sincères remerciements. — -'. Opéra, XXI, p. 35.
LE TRAITKMENT DE CALVIN
200 écus, cela fait environ 10000 francs ou plutôt 7000 francs, que l'école Galiffe transforme en 20 000 francs, « petite fortune qui était le produit des économies qu'il avait faites sur ses appointements ou sur son casuel pendant son ministère *. » — Une petite fortune de 10000 francs, y compris bibliothèque, meubles et tout, après avoir été pendant vingt ans le directeur de la Réforme, de la vie religieuse et même politique de Genève, de la Suisse et de l'Europe réformée ! — Et quand on en arrive à ces 10000 francs, héritage d'un homme qui a vécu aussi simplement que possible, qui a évité, sa vie durant, toute dépense d'habillement, de table, qui, malgré cette simplicité, a suffi avec peine à régler ses comptes chaque trimestre, on intitule son chapitre: « prétendu désintéressement de Calvin. »
Nous ne reviendrons pas ici sur toutes les preuves que nous avons données du désintéressement de notre Réformateur. Indiquons seulement, par quelques traits, jusqu'à quel point il était désintéressé, en un sens particulier.
L'argent l'intéresse si peu qu'en fait de comptes il arrive à une assez curieuse négligence. Le 3 décembre 1546, il adresse à Viret les singulières lignes que voici : « J'ai écrit à Pierre Textor de te payer 16 couronnes. Car lorsque je suis venu pour la noce je n'ai pas du tout pensé que j'en avais dix chez moi. Mais vois un aveuglement plus grand! Quand j'eus trouvé ces dix écus dans l'armoire, posés à part, je restai un certain temps hésitant comme si je ne les avais jamais vus [lui dont la mémoire prodigieuse se souvenait, après des années, des détails d'un interrogatoire en Consistoire]. Raymond survint qui me rappela qu'il me les avait donnés par ordre d'Antoine Malliet. Tu joindras donc cette somme à l'autre. Pour les six autres écus, je crains de m'être trompé. Car il pourrait se faire qu'ils appartiennent à mon frère. Un certain docteur d'Orléans lui en devait onze, et le fit payer par le fils de Brunon. Il en avait récemment reçu cinq. Garde-les donc jusqu'à ce que je me sois plus exactement informé de Saint- André s'ils doivent être donnés à toi ou à mon frère2. » — Ce compte embrouillé de bonne femme est de Calvin! On comprend en vérité son aveu, quelques mois après (9 mars 1547) à Viret: «Lorsque je passais par là, je devais payer à Cordier, 5 fl., que je lui avais promis. Mais j'ai oublié, car en matière d'argent, je suis oublieux (sed oblitus sum, ut in re pecunaria sum obliviosus). Tu les trouveras ci-inclus 3. »
Il oublie pour les autres ; il ne compte pas pour lui-même. Sa maison est ouverte, même à des inconnus. Vers le 4 décembre 1341 il s'occupait de réorga-
1. La vérité sur Calvin, p. 22. — Galiffe dit « une douzaine de mille francs. » Quelques pages d'histoire exacte, p. S8-90, n. 2. — 2. Opéra, XII, p. 434. — 3. Ibid., XII, p. 497. — A propos de la maison qu'il a louée pour M. de Falais, il écrit: « Quant vous la verrez, si vous dictes que c'est trop, j'auray mon excuse preste: que je ne suis pas tel mesnager que pour bien espargner ma bourse non plus que celle des aultres. » 25 février 1547, Ibid., p. 490.
LA MAISON DE CALVIN
niser l'école, et désirait avoir Cordier. Pour plus de facilité, il se déclare prêt à héberger l'aide que celui-ci aura choisi. « Je le nourrirai volontiers chez moi, jusqu'à ce qu'il ait un logement. Je ne recule pas devant un ou deux mois de dépenses (non enim refagio sumptus unius aut alterius mensis) l. »
Faut-il avancer de l'argent pour liquider une situation délicate ? il est prêt. Un enfant avait été envoyé de Genève à Zurich et mis en pension. Or il fallait le faire revenir. Mais le père n'envoyait pas l'argent dû. Calvin et un de ses amis estiment qu'il ne faut pas attendre. Il se hâte (27 août 1544) d'envoyer six couronnes, afin de payer le libraire et une partie de la pension. Pour le reste, il y veillera. « Mais je te prie de ne pas faire mention de ces six couronnes dans tes lettres. C'est moi qui les paie (eos enim de meo solvo). Je préfère que le père, et celui pour lequel je me suis engagé, pensent que c'est encore dû: ils seront plus prompts à le rendre 2. »
Et si Calvin est toujours prêt à aider ses amis particuliers, que ne ferait-il pas pour la cause, la bonne cause, la cause de l'Evangile ? Le roi de Navarre avait demandé des subsides. Voici la lettre que le Ier juin 1 563, Calvin écrivit à la reine de Navarre : « Je fis tant qu'on luy promit de ceste ville jusques à quarante mil frans.... Quant c'est venu a paier, je ne sçavois de quel costé me tourner, car jamais je n'ai esté homme de finances, et je vous puis asseurer, madame, que de si peu que j'avois, qui estoit quasi rien, je m'estois espuisé jusques à la monnoie dont il me falloit acheter ma provision chacun jour .... Parquoi ce que j'en parle n'est point pour estre remboursé d'un denier de ce que j'y ay mys du mien, mais pour m'acquicter envers les amys qui m'ont aidé en ce besoin, et comme racheter mon honneur3. »
Pour faire bref, citons ces lignes de janvier 1 545 : « Je n'ai point d'argent (a pecunia nequaquam instructus). Même quand les temps ne sont pas incommodes, je ne puis suffire aux charges qui m'incombent (operibus quae mihi incumbunt sustinendis par esse nequeo); j'en suis tout épuisé (quin totius exhauriar). Mais par ce temps de disette (annonce pemiria), qui nous tourmente depuis deux ans, j'ai été obligé d'emprunter (me aere alieno implicari necesse fuit). Bien que je ne dise pas cela pour me plaindre. Dieu a usé de bénignité à mon égard, car j'en ai assez pour mes désirs. Mais je voulais t' expliquer qu'il ne m'est pas facile de trouver à qui emprunter de l'argent 4. » Et enfin rapprochons cette déclaration de celle qui termine une lettre que nous avons citée en partie. Après avoir parlé du cadeau que lui a fait le roi d'Angleterre Edouard VI, et avoir expliqué qu'il ne l'avait pas désiré, il ajoute : « Ce n'est pas que je méprise la libéralité du roi; mais je ne sais comment, cela me répugne (abhorret a meis moribus) d'avoir à manier plus d'argent que mon usage quotidien ne le demande. J'ai appris à être content de peu 5. »
Plus qu'un mot sur ces cadeaux. Nous avons parlé de quelques-uns : un
1. Opéra, XI, p. 357. Herminjard, VII, p. 373. — 2. Ibid., XI, p. 744. Herminjard, IX, p. 323 et n. 1. — 3. Opcra, XX, p. 36. — ■ 4. Calvinus incerto. Opéra XII, p. 25, 26. — Voir Jean Calvin, II, p. 578, n. 1. — 5. Opéra, XIV. p. 146,
LE TRAITEMENT DE CALVIN
gobelet de son maître et ami Wolmar, une coupe de Laurent de Normandie, une de de Trie.
Il remercie le prince de Radzivil (9 oct. i56i) pour le cadeau qu'il lui a fait : « Pour le cadeau offert je vous remercie infiniment ; j'userais de plus de paroles, si je ne pensais que ce qui vous suffit, c'est le sentiment1. » En lui écrivant, un nommé Caprophontes le prie d'accepter « ses petits dons (munusciila). comme quelqu'un qui regarde surtout au cœur2. » Il reçoit une bague de la femme du duc de Somerset, à la fille duquel il écrit : « Récemment, l'illustre princesse, ta mère, m'a fait cadeau d'une bague (annulum) symbole de sa bienveillance à mon égard. Elle l'a fait sans y être provoquée par aucun mérite de ma part 3. »
— Dans une lettre à Farel, Calvin est plus explicite. Etait-il un peu froissé de ce que le duc de Somerset eût attendu près d'un an pour le remercier de l'envoi et de la dédicace du Commentaire sur les Epîtres à Timothée '* ? Quoi qu'il en soit, oubliant un peu trop le proverbe « à cheval donné on ne regarde pas les dents, » le Réformateur raconte à son ami que la bague « n'est pas de grande valeur. Elle n'est pas estimée plus de 4 couronnes. Les intimes {domestici) promettent que bientôt arrivera un cadeau assez libéral : je ne le désire ni ne l'attends (neque expelo, neque expecto). Car c'est pour moi une très ample récompense que, d'après ce que j'apprends, mes lignes lui ont été un vif aiguillon {acriores illi stimulos additos fuisse audio) 5. » — Le roi Edouard VI se montra plus généreux : « Le roi (écrit Viret à Farel, juin i55i) a envoyé à Calvin cent couronnes et un petit livre écrit par lui, en français, contre la papauté. Il demande le jugement de Calvin6. » — Calvin n'est pas fort ému de cette générosité, il écrit à Lasco (?) : «Je n'avais pas attendu ce cadeau. J'avais seulement dit [à des Gallars] que si on lui offrait ses frais de voyage, il ne les refusât pas. Et j'aurais mieux aimé qu'il en eût été ainsi 1 . »
Evidemment, Calvin avait en lui très peu de l'étoffe du parfait courtisan.
Lorsque Calvin fut mort, la calomnie redoubla d'audace et, arrivant à son paroxysme, s'incarna dans Bolsec. Le renégat, stipendié de l'archevêque de Lyon, recueillit tous les bruits les plus invraisemblables, et avec son imagination impudente et diabolique inventa ces pages qui devaient rester l'arsenal honteux de toute la littérature anticalviniste.
Il déclare que Calvin était un pur voleur, « gardian de la bource des pauvres, » faisant courir des bruits « pour mieux atraper deniers, » distribuant à Viret 25 écus, à Farel 20 écus, sur les 2000 légués aux pauvres par David de Haynault8 : « On ne peust sçavoir que devindrent les quinze cens autres. » Calvin
1. Opéra, XIX, p. 45. — 2. 1561. Ibid,, XIX, p. 207. — :i. 17 juin 1549. Ibid., XIII, p. 301, et n. 1. - 4. 25 juillet 1548. — '». Opéra, XIII, p. 325. — 6. Edouard avait écrit ce petit livre à l'âge de douze ans. En voici le titre: A /'encontre les abus du monde. Opéra, XIV, p. 131, et n. 7. — 7. Ibid., p. 146 et n. 1.
— 8. Il s'agit de David Busanton, dont il a été déjà question, un ami de Calvin, mort le 25 juin 1545, et
LA MAISON DE CALVIN
donnait des conseils à un banqueroutier frauduleux pour le mettre à l'abri des poursuites, et recevait de lui « une notable somme d'escuz. » Il avait tellement thésaurisé, qu'un serviteur « luy desroba, pour un coup, la valeur d'environ quatre mille francs, part en flascon, tasses, et cueillère d'argent, et part en argent monnoyé qui estoit en une bourse. » Le paragraphe se termine par une allusion aux habitudes de vice contre nature du Réformateur f.
Ces infamies idiotes ont été reprises par le cardinal de Richelieu lui-même et ont passé de main en main jusqu'à nos jours.
Après les réfutations que nous avons présentées, nous nous bornerons à citer deux protestations.
D'abord celle de Drelincourt : « Après le grand savoir de Calvin et l'ardeur de son zèle, dont les fiâmes ont paru jusques au dernier de ses soupirs, je ne trouve rien de plus admirable que la simplicité de sa vie, et le mépris qu'il a fait du monde, et de toutes ses richesses. J'ay leu ces propres mots en quelques écrits de ceus de la communion de Rome, qui ont fait l'horoscope de Calvin : L'honneur du souverain pontificat promis à Calvin à sa naissance 2. Mais sans m'arrêter à de telles extravagances, il n'y a personne tant soit peu raisonnable, qui ne reconnoisse que Calvin estant l'un des plus doctes hommes de son siècle, il n'y a rien qu'aparemment il ne dust espérer en la communion de Rome, s'il y fust demeuré. Mais il estima, comme Moïse, que l'oprobre de Christ estoyent de plus grandes richesses que les trésors d'Egypte.... 3. »
Plus significatif peut-être est le témoignage de Bayle, que ses opinions critiques et sceptiques rendent moins suspect de partialité envers Calvin : « Lorsque Calvin prit congé de ceux de Strasbourg pour retourner à Genève, ils lui voulurent continuer sa bourgeoisie et le revenu d'une prébende qui lui avoit été assignée : il accepta leurs offres quant au premier point, mais non pas quant au
revenu Qu'un homme qui s'étoit acquis une si grande réputation, et une si
grande autorité n'ait eu que cent écus de gages, et n'en ai pas voulu avoir davantage et qu'après avoir vécu jusqu'à l'âge d'environ cinquante-cinq ans avec toute sorte de frugalité, il ne laisse à ses héritiers, y compris sa bibliothèque, que la valeur de trois cens écus, est une chose si héroïque, qu'il faut être ladre d'esprit pour ne la pas admirer.... C'est une des plus rares victoires que la vertu et la grandeur d'âme puissent remporter sur la nature, dans ceux même qui
dont le Réformateur annonçait la fin à Viret, en ces termes : « Peu après il a remis son âme dans la main de Christ, avec une constance de foi rare et admirable. » (Opéra, XII, p. 98, et n. 1.) Par son testament D. Busanton avait laissé pour les pauvres des sommes considérables, qui furent l'origine de ce qu'on a appelé la Bourse française. (Ibid., XX, p. 300, n. 14.)
i. Bolsec , Vie de Calvin, 1582, p. 14-15. — 2. Florimond de Raemond. Liv. VII, ch. vm, § 4. — Voir Jean Calvin, I, p. 30 et ss. — 3. Ch. Drelincourt, La défense de Calvin, 1667, p. 184-185.
LE TRAITEMENT DE CALVIN
exercent le ministère évangélique En un mot, un testament comme celui de
Calvin, un désintéressement comme le sien, est une chose tout à fait rare et capable de faire dire : non inverti tantam fidem in Israël^. »
1. Maintenant nous connaissons suffisamment les faits. Elevons-nous, s'il est permis de s'exprimer ainsi, à la théorie. Que pensait Calvin de la richesse et de la pauvreté pour l'Eglise en général ? — Les biens de ce monde sont aussi des dons de Dieu.
« Les richesses, dit-il, de soy et de leur nature, ne sont point à condamner et mesmes c'est un grand blasphème contre Dieu, si on réprouve tellement les richesses, qu'il semble qu'un homme qui les possède en soit du tout corrompu, car les richesses, dont procèdent-elles, sinon de Dieu ?... Cependant, que les riches ne se flattent point, mais qu'ils cognoissent qu'ils sont comme sur une glace, où ils pourroyent bien tost trebuscher, qu'ils sont comme au milieu des espines, qu'il faut bien donc qu'ils se gardent soigneusement d'estre picquez 2. »
Et cependant l'amour des biens de ce monde est un des grands crimes que l'Eglise puisse commettre. Apostrophant un évêque, Calvin s'écrie : « S'il faut faire fouetter par le bourreau celuy qui aura esté surpris rompant la muraille du voisin pour desrober l'argent de son coffre, quel gibet pourra-on trouver suffisant pour punir ce malheureux brigandage que tu fais?... « Malédiction sur » les pasteurs qui se paissent eux-mêmes. N'est-ce point la coustume que les » pasteurs paissent les brebis? Mais vous avez mangé le laict; vous avez tué ce » qui estoit gras ; vous vous estes vestus de la laine, et cependant n'avez point » repeu mon troupeau3. » (Ezéchiel xxxiv, 2, 3.) — Et voici sa maxime générale: « Celuy qui a envoyé ses apostres sans or, a aussi congrégé ses Eglises sans or. L'Eglise a de l'or, non point pour le garder, mais pour le distribuer 4.... »
1. P. Bayle, Dictionnaire, 5e éd., article Calvin, n. Z. — 2. Sermon II sur le livre de Job. Opéra, XXXIII, P- 36-37' — 3. Opéra, V. p. 291, 292. Epistola secunda. De christiani hominis officio in sacerdotiis papalis ecclesise vel administrandis vel abjiciendis. Opuscules, p. 109. — 4. Institution chrétienne, IV, ch. iv, § 8. - Pour être tout à fait fixé sur les idées de Calvin en pareille matière, il faut lire, dans son traité contre la secte des Libertins (1545), le ch. xxi, où il réfute leur accusation d'avarice contre les chrétiens. Il commence par reconnaître que l'accusation de ces « furieux, » de ces « tisons d'enfer, » est la juste punition des chrétiens, qui presque tous, eux aussi, ont abusé des biens. Et alors il montre quelle « affection » nous devons avoir « vers les biens : » d'abord « ne pas les appeter par convoitise, » porter patiemment la pauvreté, et ne pas mettre notre cœur dans nos richesses, « les ayant ou ne les ayant point, les mespriser comme choses caduques, estimant plus la seulle bénédiction de Dieu ; » ensuite prendre « le gaing qui nous viendra, comme de la main de Dieu..., » prendre « le profit de nostre labeur, comme un juste salaire,... ailer rondement en besongne, et en telle loyauté que nous requerrons des autres;» et enfin « que celuy qui n'a guères, ne laisse point de remercier Dieu, et manger son pain avec contentement, que celuy qui a beaucoup, n'en abuse point en gourmandise ou intempérance, en somptuosité ou en choses superflues, en orgueil ou en vanité. » — Aucun excès d'aucune sorte. « Le Seigneur ne nous commande point de quiter tout, et que celuy qui a des biens les placque là : mais nous exhorte seulement à en bien user. Il n'oste point les contratz humains, et moyens politiques, dont les hommes
LA MAISON DE CALVIN
2. Il n'est pas difficile de prévoir comment Calvin va appliquer ses théories à la conduite du pasteur, du pasteur protestant. — Il réclamera de lui le « mépris » et « l'horreur » de l'argent. Dans un sermon, il dira : « Il est impossible qu'un homme appète à gaigner, et qu'il se vueille enrichir, qu'il ne corrompe la doctrine de Dieu par faveur ou par flatterie. — La doctrine que nous portons,... c'est la nourriture des âmes. Or est-il ainsi que si nous y meslons quelque avarice, il faut que la doctrine soit comme empoisonnée ; c'est autant comme qui jettera quelque poison dedans le pain ou dedans le vin.... Donc, que ceux qui sont appelez pour annoncer la parole de Dieu se tienent sur leurs gardes, et qu'ils regardent ceste leçon qui nous est ici monstrée, c'est asçavoir de mépriser l'argent.... Notons bien que si nous n'avons apprins à mespriser l'argent, c'est-à-dire que nous ne l'ayons en horreur, d'autant qu'il nous rend comme hébétez, nous ne fuirons jamais l'avarice *. »
Toutefois, après un excès, Calvin se hâte de combattre l'autre. Après ce solennel garde-à-vous, en face des abus, Calvin se hâte de permettre l'usage. Ici, comme partout, ce qu'il veut, c'est le juste milieu, l'équilibre. La « disette » est une condition commune à beaucoup de pasteurs, mais ce n'est point une chose requise de tous. « Car pourquoy quelques moyennes richesses empescheroyent-elles qu'un homme ne soit tenu pour serviteur de Christ, quant au reste, il est homme craignant Dieu, ayant le cœur droict, vivant honnestement, et excellent en d'autres vertus ? Tout ainsi que celuy qui est povre, n'est pas pourtant bon ministre, aussi celuy qui est riche ne doit pas pourtant estre rejetté. Et mesme sainct Paul en un autre passage ne se glorifie pas moins qu'il a apprins d'abonder, que de ce qu'il a apprins d'endurer nécessité. Phil. IV, 12 2. »
usent entre eux pour gangner leur vie, mais les reduict seulement à droicture et vérité. » — L'exemple du jeune homme riche ne le trouble pas. « C'est une lourde sottise de tirer ceste sentence qui a servy à esprouver le cueur d'un homme en especial, pour en faire une doctrine universelle.... Nostre Seigneur le vient gratter sur sa rongne, à fin qu'il congnoisse son mal. » — Le fameux passage des Actes ne le trouble pas davantage, et je ne sais si on a écrit sur ce sujet quelque chose de plus complet : « ...Nul n'appelloit propre ce qu'il avoit. C'est une façon de parler qui est commune à tous langages de dire, en parlant d'un homme libéral, qu'il n'a rien à soy, d'autant qu'il a tousjours la main ouverte, pour secourir à ceux qui ont faute. Par plus forte raison, quand il y auroit une compaignie d'amis, d'un si bon accord, que l'un ne voulust point faillir à l'autre au besoing, mais que chacun fust prest d'aider à son prochain, on pourroit dire que telles gens n'ont rien de propre. Voire, combien que ce pendant chacun tiendroit son mesnage, jouyroit de son bien, auroit le maniement de ses possessions et de sa chevance, sans que tout fust mis en un monceau comme en confus. » C'est ce qui se passa alors. « Chacun retenoit bien son mesnage, et gouvernoit son bien à part. Mais ilz avoyent une telle fraternité, que nul n'enduroit indigence. » Et c'était « un vray miroir de la dilection chrestienne. » — Et, en effet, saint Luc ne dit pas « que tous vendissent, et touchant ceux qui vendoyent, il ne dict pas qu'ilz vendissent tout, sans se rien laisser. » Si tous avaient vendu, saint Luc en aurait-il mis en avant deux seulement, dont l'un même était un hypocrite, Joses Cyprien et Ananias, deux sur six mille fidèles. Et la preuve que ceux qui vendaient ne vendaient pas tout, c'est que Tabitha n'avait pas tout vendu : elle faisait de grandes aumônes. Simon le cordonnier, Marie, mère de Jean, avaient des maisons, des familles, et Lydie. Opéra, VII, Traité contre la secte phantastique et furieuse des libertins qui se nomment spirituels, p. 214-219.
1. Vingt-troisième sermon sur la première à Timothée, III, 3-5. Opéra, LUI, p. 271-276. — 2. Commentaires sur la seconde épistre aux Corinthiens, Vf, 4. Opéra, L, p. 77.
LE TRAITEMENT DE CALVIN
C'est par cette modération, par ce désintéressement que Calvin suit l'exemple de saint Paul, et le conseil du Christ.
3. Les catholiques ne comprennent pas. Kampschulte déclare que Calvin ne réclamait point du clergé la « pauvreté évangélique, » et après s'être laissé aller à accepter les données de Galiffe sur le gros traitement du Réformateur, il résume ainsi les sentiments qu'il veut inspirer à ses lecteurs : « Calvin ne trouve dans la richesse aucun obstacle à une activité pastorale bénie. Il ne veut pas même interdire au pasteur, si cela peut se faire sans scandale, de placer son bien à intérêt *. »
Et nous avons ici un fort bon exemple des erreurs, fort dangereuses, que des historiens, même aussi réputés que Kampschulte, peuvent arriver à propager.
Quand un lecteur catholique (lui qui est persuadé que l'Eglise a toujours réprouvé l'intérêt de l'argent), même quand tel protestant entend que Calvin permettait à un pasteur de placer son argent à intérêt, il n'est pas difficile de s'imaginer les soupçons qui surgissent dans son esprit. Or voici (ce que ne dit pas Kampschulte) comment Calvin s'est exprimé : « Tu me demandes s'il est permis à un ministre d'exiger par contrat et de recevoir quelque fruit de son argent. Si je disais absolument : ce n'est pas permis, ma réponse pourrait être estimée plus dure qu'il ne convient et contre elle les objections ne manqueraient pas. C'est pourquoi je n'oserais pas affirmer que ce n'est pas permis. Mais dès que je considère à quelles calomnies et scandales la chose est sujette, et combien la plupart étendent beaucoup plus loin ce qui aurait pu être réclamé sous condition modérée, et se permettent de dépasser la limite convenable, je me tairais beaucoup plus volontiers, plutôt que de régler la question en une fois par une réponse nette. Il serait extrêmement recommandable de s'abstenir de tels contrats et de la captation d'intérêts. Ce n'est pas en vain que Jérémie parle de lui (xv, 10): je n'ai pas prêté; ils ne m'ont pas prêté; tous me maudissent. C'est pourquoi, quand le ministre de la parole peut s'abstenir de cette sorte de gain, il fait sagement. Et cependant, quand ce gain est plus tolérable que si par luimême il exerçait le négoce, ou quelque métier qui le détournerait de sa charge, je ne vois pas pourquoi il mériterait condamnation en le faisant. Cependant, je voudrais qu'on y apportât cette réserve qu'un intérêt fixe, qu'une somme précise ne fût pas stipulée ; mais qu'il plaçât son argent chez un homme intègre, dans la bonne foi et la probité duquel il aurait confiance, et qu'ensuite il se contentât d'un intérêt juste et honnête, proportionné à la bénédiction que Dieu aurait fait reposer sur celui qui aurait fait valoir son argent2.... » — Quelque chose comme une petite participation aux bénéfices.
Tels sont les termes de Calvin. Ils se passent de commentaire. Malheureux seulement sont ceux qui ne les comprennent pas.
1. Kampschulte, I, p. 402, 403. — question du prêt à intérêt.