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IV. Pierre Philippe, Cyaneus, L. Cloquemin, J. Durant

1. Pierre Philippe était imprimeur à Caen, avec son frère Martin Philippe (i 550-1 557). On le trouve seul en 1563, et vivant encore en 1571 2.

C'est à ce Pierre Philippe qu'est due l'édition de Y Institution de Calvin en 1562, dont un des rarissismes exemplaires appartient à M. Paul de Félice. Comment Pierre Philippe a-t-il pris pour marque le chandelier à sept branches, qui était la marque d'un autre imprimeur, Pierre le Chandelier? (Page 126.) M. Paul de Félice, qui a étudié la question, émet l'hypothèse suivante. Ces imprimeurs étaient de petits imprimeurs contemporains. Pierre le Chandelier et Pierre Philippe s'associèrent pour un ouvrage aussi considérable que Y Institution et, afin de marquer cette association, combinèrent leur nom et leur marque, combinaison dont on ne connaît pas d'autre exemple.

2. Cyaneus (Louis) était originaire de Gand, et son vrai nom était Blaublom, ou Blaamobloen, c'est-à-dire Bluet. Il exerça à Paris de 1528 à 1532, rue Saint-Jean-de-Latran ; de 1532 à 1537 dans la rue Saint-Jacques, à l'enseigne des deux Cochetz ; à partir de 1537, dans la rue des Carmes, à l'image Saint-Jean-Baptiste. Comme l'atelier de Simon de Colines était insuffisant, Cyaneus lui vint en aide de 1529 à 15363. Et c'est ainsi qu'il eut l'occasion d'imprimer le traité de Calvin sur le De Clemculia de Sénèque. Nous avons donné sa marque. (Page 222.)

3. Louis Cloquemin a imprimé une Institution chrétienne de 1562, sans nom de lieu ni d'imprimeur. Elle se trouve à la Bibliothèque de l'arsenal de Paris. C'est la moins belle et la moins soignée des éditions en grand format. (Page 209.) — La même marque se trouve sur le titre d'une édition latine de la Confession chrétienne de Th. de Bèze, en 1570. Et sous la marque on lit : Apud Ludovicum Cloquemin. On ne sait où était établi cet imprimeur. (Opéra, III, xli.)

4. Jean Durant. Cette marque est prise sur le titre des Sermons île J. Calvin auxquels entre antres points l'histoire de Melchisèdec et la matière de la justification sont déduites avec l'exposition du sacrifice d'Abraham. M.D.LXV. (Page 355.) — Nous retrouverons Durant, quand nous parlerons d'autres imprimeurs de Genève.

1. Opéra, XX, 1^256. — 2. A. Claudin, « Les origines de l'imprimerie à Saint-Lo, » dans le Bulletin du bibliophile, 1894. 3. Ph. Renouard, Imprimeurs parisiens, p. 89.

CORRECTIONS ET ADDITIONS

(Ni les unes ni les autres n'ont la prétention d'être complètes.)

Page

15, ligne 14 :

ait lieu de

: canonale,

■ canoniale.

19, note 1 :

Saint-Foix,

Sainte-Foix.

31, ligne 7 (en remontant ) :

Laurentus,

Laurentius.

32, note 2 :

Vilierus,

Villierus.

35, ligne 8 :

prompte,

promptitude.

40, ligne 5 :

estre en appliqué,

estre ici appliqué

» 46 et 88, note 6. — Le sceau de Farel. Une note de M. Herminjard, laquelle m'avait échappé (Appendice du Ve volume de la Correspondance, p. 391, n. 18), des renseignements fournis par M. Théophile Dufour, et enfin une enquête que, sur ma demande, M. Philippe Godet a bien voulu poursuivre, à Neuchâtel, me permettent de rectifier l'indication mise sous l'écusson reproduit page 46, et la fin de la note 6 de la page 88.

Parlant de cet écusson, la préface des œuvres de Farel éditées par Fick, en 1865 (p. xm), dit : « Les armoiries qui figurent au frontispice de ce volume sont attribuées à Farel par un vieil armoriai neuchàtelois. » Le mot armoiries est inexact. Comme l'a bien dit M. Roman (voir plus haut, p. 88, n. 6), les armoiries des Farel étaient d'argent au lion de gueules.

Mais M. Roman à son tour a commis une erreur en qualifiant cet ingénieux symbole « de simple fleuron, que Farel mettait à la première page de ses livres. » Ce fleuron ne se trouve pas sur les livres de Farel.

En réalité, il ne s'agit ni d'une armoirie, ni d'un fleuron typographique, mais d'un sceau, dont Farel se servait, au moins dès 1525, comme le prouvent sa lettre au chevalier Nicolas d'Fsch, décrite par M. Herminjard, et d'autres lettres de Farel dont on a conservé les manuscrits. (Nous reproduirons exactement ce sceau dans notre prochain volume. 1

Mais voici ce qui explique ces deux erreurs.

Il existe à la Bibliothèque de Neuchâtel, sous le numéro 3619, et sous le titre Rôle des bourgeois, un armoriai manuscrit, datant du XVIIIe siècle. Tous les renseignements intéressants et sérieux qu'il contient ont été publiés. Entre la feuille de garde et le premier feuillet, une petite feuille a été collée, où se trouve le croquis au crayon de la prétendue armoirie de Farel. Au-dessus est écrit ceci : « Armoirie de Guillaume Farel, devise à l'entour du cachet IHE. QUID VOLO NISI UT ARDEAT. VFG. » Quatre feuillets plus loin, sur une page spéciale, figure le

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CORRECTIONS ET ADDITIONS

même dessin, mais à la plume et plus grand. Evidemment dessin et devise ont été tirés du cachet de Farel. Or c'est ce dessin qui a été reproduit dans le volume des œuvres de Farel, édité par Fick en 1865.

Ensuite, ce dessin, de la première page du volume de 1865, a passé sur la première page de la réédition du Sommaire de Farel, en 1867. C'était naturel; car les deux volumes ont été publiés par le même imprimeur, Fick, lequel se servait du cliché qu'il avait fait faire. (Mais la première page de l'édition originale du Sommaire, ne porte pas le dessin. ( Voir Le catéchisme français de Calvin. 1878. Notice biographique de Th. Dufour, p. ccxm.) Et M. Roman a été ainsi induit à émettre son hypothèse erronée.

Après ces explications, il ne reste plus d'authentique que le sceau de Farel.

Page 54, ligne 1 (en remontant) : au lieu de : Belgiis, lise% : Belgis. » 57, ligne 3 ( id. ). — Si le collège de la Marche ne jouissait pas, au moment où nous en parlons, d'une célébrité particulière, il faut dire que, quelques années auparavant, pendant quelques mois, il avait éclipsé de son éclat tous les autres collèges de la capitale. Jérôme Aléandre y entra le 19 juin 15 11, et sa présence ht tout de suite monter le nombre des pensionnaires de 25 à 140. Ils seraient arrivés à 400, s'il avait continué à enseigner. Ses leçons rappelèrent, et peut-être effacèrent, le souvenir des leçons d'Abélard. Le 30 juillet 15 11, environ 2000 auditeurs se pressaient autour de sa chaire, remplissant le portique et les deux cours du collège. Les jours suivants, le chiffre se maintint à 1500, et le professeur dut se transporter dans le collège plus vaste de Cambrai. Il avait suscité une telle admiration qu'on se le montrait du doigt dans les rues. Ce séjour (le second) d' Aléandre à Paris dura du 19 juin 15 11 au 4 décembre 15 13. — Voir l'abbé J. Paquier, « L'Université de Paris et l'Humanisme au début du 16e siècle. Jérôme Aléandre, » dans la Revue des questions historiques, 1" octobre 1898, p. 372-399.

Page 59, ligne 8 (en remontant): au lieu de : in Rhemaesi, lisent in Rhemensi.

» 90, ligne 3 ( id. ). — Ce n'est pas l'auteur de la chronique manuscrite, cotée n° 147, mais le pasteur neuchâtelois Olivier Perrot, qui avait sous les yeux « le livre de raison de Farel. »

Page 95, note 4 : au lieu de : Glarian, lise- : Glarean.

» 104, ligne 5 (en remontant): » l'officiel, » l' officiai.

» 126. ■ — Sur Calvin à Paris, il existe deux petits traités à l'usage des écoles du dimanche, publiés à Philadelphie, et où la fiction se mêle à l'histoire. Voici leurs titres : « The collège days of Calvin, by the Rev. Wm. M. Blackburn; Joung Calvin in Paris, and the Utile Flock that he fed. (1868?)

Page 137, ligne 6: au lieu de: de Bon-Secours, lise^: de Bon-Repos.

» 137, ligne 7: » de Sadolet, » Sadolet.

» 166, ligne 9 (en remontant) : » « Tant plus à frapper » « Plus à me frapper. »

» 169, ligne 18. — M. Edmond Planchut, dans son volume Autour de Nohant, 1898, a écrit un chapitre intitulé: « Calvin en Berry. La basilique de Saint-Etienne » (p. 181-195). On y lit: « Après l'incendie de 1487, on s'entêta [à Bourges] de grands édifices, dit un naïf historien de l'époque, et c'est à cet « entêtement » que les maçons et sculpteurs du Berry, les imagiers, les fabricants de vitraux d'église et de chapelle acquirent une réputation européenne. Clément Marot chanta l'un d'eux, Jean Lallemand, pour la construction d'un hôtel, une merveille en ce temps si mémorable par le réveil de tous les arts ! »

Page 187, ligne 10. — Théodore de Bèze reçut le bénéfice de Longjumeau, comme celui de Villeselve, non par des démarches personnelles, mais grâce à la protection d'un autre de ses oncles, Claude de Bèze.

CORRECTIONS ET ADDITIONS

Le prieuré de Saint-Eloi, près de Longjumeau, dans la vallée de l'Yvette (il reste seulement un petit oratoire servant aujourd'hui d'orangerie) a eu pour prieurs commandataires Nicole de Bèze, en 1522, Audibert de Bèze en 1544, et Théodore de Bèze en 1546.

Audïberi est sans doute YAuhert, receveur de la nation de Bourgogne à Orléans, dont il est question, page 304. (Voir « le prieuré et la seigneurie de Longjumeau au milieu du XVIe siècle, Théodore de Bèze et Michel Gaillard, » par Jacques Pannier, Bulletin, XLVII, 1898, p. 393.)

Page 191, note 4. — La lettre de Calvin, du 6 septembre 1530, datée de Meillant, permet de supposer qu'il était alors en villégiature chez le seigneur de l'endroit, ce même Philbert de Beaujeu qui, plus tard, appréciait avec tant de bon sens les sermons prêchés dans la seigneurie de Lignières par le futur Réformateur. Le Magasin pittoresque a publié en 1850 (p. 196), un dessin du superbe château de Meillant.

Page 245, ligne 10. - - « Le livre de vraye et parfaicte oraison. — Imprimé à Paris par maistre Simon du Bois, pour Christie Wechel, libraire juré de l'Université de Paris, demeurant en la rue Sainct Jaqs, à l'ëseigne de l'escu de Basle. — Mil cinq cens XXIX au mois de april. » — Dr Martin Luther's sàmmtliche Werkc, édit. d'Erlangen, LXV (der deutschen Scbriften), p. 268.

Page 245, ligne 2 (en remontant), au lieu de : gens de dont, lise- : gens dont.

» 248, ligne 10. — Le 2 septembre, M. L. Delisle a lu à l'Académie des Inscriptions une notice détaillée sur un manuscrit très important, dont M. le duc de la Trémoille a fait don récemment à la Bibliothèque nationale. Ce manuscrit n'est rien moins que le Registre des délibérations de la Faculté de théologie de Paris, c'est-à-dire de la Sorbonne. Il renferme 250 à 280 pages in-folio, écrites en grande partie, et sans doute au jour le jour, par Jean Taveau, bedeau de la Faculté. « Notre registre, dit M. Samuel Berger (Le Témoignage, 24 septembre et Ier octobre 1898), nous fait vivre au sein même de la Faculté de théologie. Nous assistons à ses délibérations tenues tour à tour en Sorbonne et aux Mathurins-Saint-Jacques. Rien ne nous échappe, pas plus les hésitations que les finesses, car le bedeau était confident de tout et prenait note de tout. » Le registre va du 3 novembre 1505 au 15 novembre 1533. « Pour une première période de 1505 à 1520, dit Le Christianisme au XIX1' siècle (23 septembre 1898), il est surtout question des affaires intérieures de la Faculté (examens, diplômes, etc.). Mais, à partir de 1520, il y est fréquemment question de la répression de l'hérésie. Les jugements rendus contre les hérétiques étaient connus par l'ouvrage de D'Argentré. L'intérêt du registre est qu'il montre comment les jugements ont été préparés. On voit comment s'est exercée l'intervention du roi et des siens, quelle a été l'influence de Béda, comment L. de Berquin est venu s'expliquer devant la Faculté eu habits militaires, etc. »

Page 253, note 4. — Michel III Gaillard, baron de Longjumeau, d'Escrenne et de Chilly, puis baron de Courcy, général des finances en Bourgogne et en Languedoc, cousin germain du roi Henri II, un des plus fervents huguenots de Paris, « était grand ami de Théodore de Bèze, les deux estimés et protégés par Jeanne d'Albret; en protestante zélée, elle encourageait pareillement Michel Gaillard et sa famille dans leur ardeur pour la réforme; elle assistait même aux prêches qui se tenaient chez eux. »

Leur maison « assise au prey aux clers » sur le chemin devenu la rue Saint-Dominique, au delà de la rue du Bac, était un des principaux lieux de rendez-vous des protestants, et il paraît même que le culte y tut assez fréquemment célébré.

En avril 1561, le sieur de Longjumeau est mandé en Parlement, « parce que la maison est diffamée des assemblées qui se y sont faictes. » Cette affaire fut le prétexte saisi pour rendre, le 26, un arrêt général contre toutes les assemblées protestantes à Paris. Dès le lendemain la populace attaqua l'hôtel de Michel Gaillard. Il porta plainte, mais, au lieu de lui rendre justice,

CORRECTIONS ET ADDITIONS

la Cour, par arrêt du 29 avril, ordonna « que commandement sera faict au seigneur de Longjumeau, sa femme et famille, de vuider ceste ville et taulxbourgs de Paris dans huy; sous peine d'estre desclaré rebelle au roy et à justice. » Bulletin, XLVII, 1898, p. 403. Page 258, ligne 10: au lieu de: quelques lettres, lise% : deux lettres.

» 259, lignes 1-9. — Les paroles citées sont de Jean Canaye et non de Jean Lange.

» 259, ligne 9 (en remontant). — L'enseignement du grec et l'influence de Le Fèvre attirèrent, vers le collège du cardinal Le Moine, Jérôme Aléandre, dont nous avons raconté plus haut le second séjour à Paris. Dans le premier (4 juin 1508 à 8 décembre 15 10), il se fait envoyer lettres et livres au collège du Cardinal, « qui est voisin, dit-il, de chez moi, et dont le principal étudie le grec. » Il ajoute : en matière péripatétique et mathématique « Le Fèvre d'Etaples est mon guide. » — Or, Jérôme Aléandre a été, nous assure-t-on, « le véritable fondateur de l'enseignement du grec à Paris, celui qui pour le latin même et l'hébreu devait y être, sous Louis XII, le plus brillant professeur. » Vatable l'appelle son « professeur vénéré. » Josse Bade lui écrit « qu'il était l'éducateur de tout ce que Paris renfermait de noble et de distingué, » et le compare à Orphée et à Amphion. — Malheureusement, Jérôme Aléandre semble avoir ressemblé, au moins sur un point, à Alciat : il se préoccupa beaucoup du gain, du profit, et son dernier biographe, très disposé à le vanter, dit qu'il quitta Paris, parce qu'il ne pouvait espérer y amasser beaucoup d'argent, et parce qu'il se croyait fait pour un plus grand théâtre que la chaire d'un professeur. On sait qu'à la diète de Worms il devait être l'accusateur de Luther. (Voir l'abbé J. Paquier, o. c.)

Page 272, note 1. — Les « ordonnances faictes par la court de Parlement contre les livres contenantz doctrines nouvelles et hérétiques, touchant le faict et estât des Libraires et Imprimeurs, publiées à son de trompe par les carrefours de la ville de Paris, le samedy premier jour de juillet mil cinq cens quarante deux » turent rendues surtout à l'occasion de Y Institution chrétienne de Calvin et de sa traduction française. L'ouvrage avait été condamné par arrêt du Parlement, le 2 mai 1542. L'ordonnance du Ier juillet, intervenue à la suite d'un réquisitoire du procureur général, prescrit à tous ceux qui posséderaient cet ouvrage de l'apporter au greffe du Parlement dans les trois jours (le procureur général voulait dans les vingt-quatre heures), sous peine de la hart pour les laïcs et du bannissement et de la confiscation pour les ecclésiastiques.

Cette ordonnance fut publiée, en caractères gothiques, par Jacques Nyverd et Jehan André. Nous connaissons ce libraire-espion : « Jehan André, libraire au Palais, espie du Président Lizet et du Procureur du Roy, Bruslard. » (Le président de la Place, Commentaires sur VEstat de la religion, p. 8.) « Il estoit, dit la Caille, comme l'émissaire du président Lizet, pour lui découvrir les nouveaux calvinistes et les faire tomber entre ses mains, comme il fit à l'endroit de Pierre Capot, libraire de Genève, qui venoit de temps en temps à Paris, où il fut arrêté en 1546, en débitant des livres contre la religion catholique. »

L'ordonnance du Ier juillet 1542 était pour Jean André une belle occasion, qu'il se garda bien de laisser échapper. A peine fut-elle rendue qu'il adressa une requête au Parlement à l'effet d'être autorisé à l'imprimer et à la vendre seul pendant un an. Il obtint cette autorisation par arrêt du 4 juillet, et s'associa pour la publier à son confrère l'imprimeur Jacques Nyverd. De plus, ces deux libraires-jurés de l'Université furent chargés de son exécution. Voir Bulletin, II, 1853, p. 107- 109, article Taillandier.

Page 379. — M. le professeur D' Henrich Schneegans a publié précisément sur l'attitude de Rabelais vis-à-vis de la Réformation (Rabelais' Stellung zur Reformation, Beilage ~ur allgemeinen Zeitung, 10 juin 1898), une étude fort intéressante.

M. Schneegans montre Rabelais attaquant avec une violence particulière l'Eglise catholique,

CORRECTIONS ET ADDITIONS

son ignorance, son hypocrisie, sa superstition et son intolérance. Dans les deux derniers livres les attaques sont même plus vives que dans les trois premiers.

M. Schneegans montre ensuite Rabelais plein de sympathie pour la Réforme. Après avoir analysé les citations que nous avons faites nous-mêmes, M. Schneegans ajoute : « Nous ne trouvons pas seulement bien des conceptions protestantes chez Rabelais : dans son style même, comme l'a déjà fait remarquer M. Stapfer, il y a des particularités qui ne se trouvent que chez les auteurs protestants de l'époque. Ainsi, il ne met jamais l'article devant le nom de Christ : c'était une coutume exclusivement protestante.... Dans l'œuvre de Rabelais, nous trouvons donc en grand nombre des passages montrant clairement que notre auteur avait pour la Réformation une sympathie décidée. »

Pourquoi donc Rabelais ne s'est-il pas fait protestant? M. Schneegans reconnaît que Rabelais n'avait pas le tempérament d'un martyr. Une de ses devises était : « Je le maintiens jusques au feu, exclusivement. » Et au moment où il attaquait le plus vivement l'Eglise catholique, il savait, avec beaucoup d'habileté, s'assurer des défenseurs et des patrons même parmi les prélats.

Cependant, la prudence n'explique pas à elle seule la conduite du curé de Meudon.

Ce qui l'inspirait, c'était le principe de la liberté absolue de pensée et d'action. « Fay ce que voudras. » Voilà pourquoi il combattait le catholicisme. Et au début il crut trouver un allié dans le protestantisme. Mais, lorsque Calvin parut avec le dogme de la prédestination, Rabelais recula instinctivement.

Calvin prêchait le serf arbitre et Rabelais la liberté. Calvin prêchait le péché originel et Rabelais la bonté de la nature humaine. « Parce que gens libres, bien nez, bien instruits, conversant en compagnies honnestes, ont par nature un instinct et aiguillon qui tousjours les pousse à faits vertueux, et retire du vice, lequel ils nommaient honneur. » (I, lvii.)

M. Schneegans ne fait pas ressortir un autre contraste, bien significatif, cependant. C'est Calvin, l'ascète, qui fait reposer son système sur la corruption de la nature humaine. Et celui qui part de la vertu naturelle, innée, de l'instinct humain contre le vice, c'est Rabelais, « dont la vie et l'œuvre (c'est M. Schneegans qui le reconnaît) nous enseignent qu'il avait goûté à fond la vie des sens avec tous ses plaisirs et même avec ses saletés. »

M. Schneegans termine son étude en exposant la foi de Rabelais en l'immortalité de l'âme : mais pas en une immortalité universelle. Rabelais est un des pères de l'immortalité conditionnelle. Il y a deux sortes d'âmes, les âmes intellectives et les autres. « Je croy, dit Pantagruel, que toutes ames intellectives sont exemptes des ciseaux d'Atropos. » (IV, xxvn. ) Les autres, qui ne se sont pas séparées de la matière, périssent avec elle.

Page 392, ligne 1 1 (en remontant): au lieu de: J'ay une, lise%: J'ay trouvé.

Page 413. — Dernièrement a été reproduite en fac-similé une traduction anglaise du Miroir de l'âme pécheresse. « The miror of the sinful soul. » L'auteur est la princesse Elisabeth, âgée alors de onze ans, et plus tard reine d'Angleterre. {Zeitschrift %ur Kircheugeschichte, Ier octobre 1898, p. 203.)

Page 414, note 9. ■ — Voir encore, dans la Revue critique, 17 octobre 1898 (p. 252-256), un article de M. Hauser sur les « Idées religieuses de Marguerite de Navarre, d'après son œuvre poétique. »

Page 432. — Mgr Vincenzo Molo n'a pas inventé le surnom de « Tibère suisse », qu'il dit avoir été mérité par Calvin. Il s'est borné à lire et à copier le petit pamphlet suivant : // Tiberio délia Sviççera ossia Giovanni Calvino pel sacerdote Gio. Battista Lemoyne. Torino 1877. — A la dernière page est le « vu » de Monseigneur. Le chapitre II a pour titre : « Premières études de Calvin à Paris. Sa condamnation infamante à Noyon. » Le chapitre XIV a pour titre : « Calvino

CORRECTIONS ET ADDITIONS

Tiberio di Ginevra. » Dans le chapitre XXXI intitulé : « Les dernières années de Calvin, » on lit (p. 285) : « Ses maladies habituelles l'assaillirent avec une plus grande violence. Elles n'étaient pas autre chose que les épouvantables résultats et le juste châtiment de ses habitudes criminelles. » Enfin, dans le chapitre XXXIII, intitulé « Mort de Calvin, » on lit : « Désespérant de son salut, il invoquait les démons et vomissait jurons, imprécations, blasphèmes.... » Page 449, ligne 1 5 : supprimez le point après Beaucé.

» 460, ligne 14 et note 1 : au lieu de: Vertumien, lise\ : Vertunien.

» 507, ligne 9 : » ommes, » omnes.

» 515, ligne 28: » Vertumien, » Vertunien.

» 551, note r. — Les citations sont empruntées à Max Scheibe, Calvins ¥r à destination slehre, p. 121- 123.

Page 567, ligne 3 : au lieu de: Canny, lise%: Cany.

569, 4me alinéa : » Henry (I, p. 46) et note dit, » Henry (I, p. 46 et note) dit.

587, ligne 10 (en remontant) 590, ligne 2 ( id. ) 596, ligne 5 ( id. ) 602, 1. 11 et 12 ( id. )

au lieu de : Monsr Clément Marot, lise%: Monsr, Clément Marot. » studio, » studeo.

» Mattaire, » Maittaire.

» nudus, » nudius.

607, ligne 1 5 : » Bustorg, » Eustorg.

INDEX DES ILLUSTRATIONS

Vues et Monuments1.

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