‹ Jean Calvin, l'homme et l'œuvre;Chapitre 12 sur 43 · COUR ET ESCALIER DE LA MAISON DE JEAN CALVIN A NOYON · texte numérisé non relu

COUR ET ESCALIER DE LA MAISON DE JEAN CALVIN A NOYON

manquait surtout au mouvement réformateur français, c'était un chef, dont l'esprit organisateur grouperait ses forces dispersées et divergentes. Ce chef, tout en ayant le respect du monde savant, devait aller plus loin dans son opposition à Rome que n'allaient les humanistes. Il fallait qu'il fût aussi ferme que les radicaux dans leur opposition à la papauté et capable de montrer que les excès iconoclastes n'étaient qu'un épisode de la lutte, et rien de plus. Son type de théologie devait être sympathique à la mentalité latine. Calvin fut le premier de ces chefs-là. Unir les forces, politiquement et intellectuellement divisées, dans leurs attaques contre Rome et les abus de l'Eglise, en une réelle unité spirituelle et cela non seulement en France, mais encore en Suisse, aux Pays-Bas, en Ecosse et même, dans une grande mesure, en Angleterre; présenter la théologie de la Réforme d'une manière sympathique à l'esprit latin, développer enfin une forme de constitution ecclésiastique qui fût indépendante de l'Etat, forme qu'avait su adopter le romanisme, mais que la pi upart des réformateu rs avaient abandonnée, et la combiner avec la participation de l'élément laïque au gouvernement ecclésiastique, totalement inconnue de l'Eglise romaine : tels devaient être les résultats de son œuvre.

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