‹ Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps (volume 2)Chapitre 28 sur 116 · I.A VILLE BASSK · texte numérisé non relu

I.A VILLE BASSK

ces cités des Ligues suisses, à cette époque si redoutées... ce jour-là ne ]K'ut pas s'écarter beaucoup du 5 octobre i5iS ' «.

Promenons-nous et n'iéditons.

Un beau matin, les (ienevois découvrent au Molani une affiche -. ("/était le commencement des afiiches, qui jouèrent un grand rôle à la Réforme.... Elles s'appelaient alors des placards. Le placard était bizarre. Un maître d'école offrait d'enseigner « à lire et escripre en françoys dans ung mois. »

C'était l'affiche de Froment, que Farel envoyait à sa place et qui était arrivé le 3 novembre i532-'.

Il a\ait loué « la grande salle de chez Hoytet, auprès de la grande place du MoUard. » 11 affichait partout ses placards (il les appelle des « billets » ou des « escripteaux ») '. »

La foule accourt (i" janvier i533) et tellement que la chambre de la maison, les degrés, la rue, tout est plein. On crie : au Molard ! au Molard '. Froment y arrive, on le hisse sur " ung banc de peysonnière. " Il prêche, l'^n vain, le sautier lui intime Tordre de cesser. Il continue.

Cependant, Claude Bernard, un des principaux évangéliques, se hàtc de le taire descendre. Il passe « secrètement par une petite allée, dans la mayson » de

1. Pictet de Sergy, Genève, I, p. i66, n. i. — Plus loin Pictct de Scrfjy dit que ccUc réunion compta plus de 200 citoyens, qu'elle « paraît avoir été tenue sur la place du Molard, . et enfin pour la date : • C'est le 3 que les Rejjistrcs déclarent que les têtes de Navis et de Blanchet furent apportées.... et c'est le 8 que CCS mêmes Re(>istres disent qu'on écrit à l'évêquc au sujet de ce qui a été attaché au devant de l'église de Notrc-Dame-de-Gràcc, et en lui envoyant une leUrc qu'on avait regue de Friboury. • //«"</.. II, p. J2.v — i. Herminjard, II, p. 461, n. 14. — .1. • C'est au seizième siècle que les placards ou afiiches commencèrent à devenir communs. . Le Roy, Promeitatle historùftu, arcliéolof^ique et artislùiiie diius la ville ilt Genève, p. 102. — Les affiches de Froment n'étaient pas tout à fait les premières. Jeanne de Jussie, dans son Levain ilii calvinisme, nous parle d'affiches antérieures, qui n'avaient |ias fait moins do sensation. On peut dire que les placards de novembre étaient la suite et la conséquence des placards de juin. « Celle même année au mois de juin, un dimanche matin I9 juin] certain nombre de mauvais «arçons plantèrent Rrands placards en impression par toutes les portes des enlises de Genève, esquels estoient contenus tous les principaux poincts de la secte perverse luthérienne.. - Et le 24 juin 1532. le Conseil délibère sur les leUres reçues de Fribourt;, dans lesquelles le Conseil de la ville catholique expbse « qu'il est venu ;\ ses

Maison lavru. — La cuur. Lc.^ galènes et Icuis ^.iUimI..^,» ^d'après une photographie de M. Boissonnas). (p. 202.)

LA VILLE

Maison Favre. — Fragment de frise des galeries (d'après une photographie de M. Boissonnas). (p. 202.)

Jean Chautemps. De là on le mène chez Ami Perrin, qui le déclara son serviteur et lui fit faire des rubans. Enfin, après un nouvel arrêt chez l'apothicaire Levret à Saint-Gervais, il fut conduit la nuit hors de la ville'.

Au moment de la Réformation, le bout de la place était occupé par un port,

où venaient les marchandises et dont les quais formaient un vaste dock.

Il avait été creusé au printemps de 1429 et oarni d'un mur qui formait quai du côté des halles '. Le lac pénétrait par l'arcade du Molard et passait sous un pont '\ assez élevé pour ne pas gêner les bateaux. Les quais étaient plantés de tilleuls, dont l'ombre abritait, le jour, les industriels et les commerçants.

Peu à peu le port fut relégué hors de la place, hors de la porte, mais encore très près. En 1869, bien des personnes se rappelaient avoir navigué là où se trouve la Place du Lac. Quelquesunes mêmes se souvenaient d'avoir pu arriver en liqiieite, par les hautes eaux, jusqu'à la fontaine de la place du Molard, près des Rues-Basses.

<( Un des « tils » ou tilleuls des anciens quais était encore debout en 1546'*. » I.-e soir, les promeneurs venaient prendre le frais.

La déposition d'un témoin de l'affaire Werly, en i533, d'un homme du peuple, d'un boutiquier, le limonadier (aigueardentier) Pierre Rosetaz, nous apprend tiue, après son souper, il est allé en bateau avec sa

sœur, puis il a regardé les danses qui avaient lieu au Bourg-de-Fuur devant la maison Blécheret ; puis il est retourné sur l'eau, et enlin il est venu se promener

aurcilles (lue ciuclques Genevois ont apposé certains placards (cerlas ccdulas) excitant à la loi nouvelle (iiuiiiclorias ad novam legeni). Voir J. tic Jussie, éd. Grivel, p. 242. — Il s'agissait « des placards imprimez d'un grand pardon général de Jésus-Christ, sur l'arrachement desquels s'esmeut débat entre les prcbstrcs et les Luthériens. » Rosct, 11; S 66- — Voir Ikrminjard, II, p. 422, n. 2. — 4. Froment, p. 13.

I. Froment, p. 22-44, — ^' BornI, p. 83, 84. — Des deu.\ autres ports qui s'ouvraient au lac, celui de I.oiigcmale était plus ancien que celui du Molard, on en parle déjà en 1414. Il était pour les arrivages

Bas-relief de la maison Gaspard Favre. (p. 202.'

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