‹ Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps (volume 2)Chapitre 35 sur 116 · I.A VII. LE BASSE · texte numérisé non relu

I.A VII. LE BASSE

Dici, le passage des Barrières (I\Ji;c 240 et 247), croisant à droite le passaye de Monetier et à gauche le passage du Muret, montait, et monte encore, en pente raide, à la place de Saint-Pierre.

La Réformation nous rappelle d'autres souvenirs. C'est ici cjue Farel prêcha sans attendre le résultat de la Dispute. Le 23 juillet i535, « on ordonne de lu' dire qu'il cesse de prêcher. Le dit l'arel, accompagné des autres prédicateurs, fc>it le rapport de la Dispute. On interjette qu'ils prêchent à la .Madeleine, et on résout de leur dire qu'ils cessent jusqu'à ce qu'il en ait été connu en la journée qui se doit tenir devant M'* les Suisses'. » 3() juillet i535 : « (j. Farel, appelé en Conseil. On lui remontre qu'il devait obéir à nos commandements et n'y pas contrevenir en prêchant à l'cglise de la Madeleine. Après avoir faii de longues remontrances par l'Ecriture.

il dit : « Mess""", je vous prie de faire des commandements justes au.xquels on puisse obéir, de peur que je ne sois contraint de dire ce qui est vrai, qu'il faut obéir à Dieu plutôt qu'au.x hommes -. » (Page 242.)

En i555 ho juin), les cultes étant de plus en plus fréquentés, le Conseil décida qu'on ferait « encores ung presche après diner, la dimenche, à lu Magdeleine et aussi ung le mercredy '. » C'était en été; la chaleur était forte; on étouffa.... là Calvin fait observer (24 juini « qu'il est dangereu.x que la senteur ne cause quelque infection; par quoy seroii bon de faire ouvrir les fenestres, et y mettre des treillis de iil archant pour peur des aroiuielles. " lui elFet, on y pourvut au plus vite '.

liai Je la moiUOc du l'ciiuii. Ip. -'44 )

I. llournois, lixlrails. 2. Ibitl. — :i. Registres Un Cuiisal, Vol. 4y. f- 10- Aimalts, p. 609. — \. ll'ii/., f. 114. .Uiiiales, p. 609. — Un vitrail ancien, provenant de l'é|;lisc de la Madeleine, est actuellement au MusC-c archéola(>iquc. Séance de la Société d'histoire, du 24 juin 1S41 lid. Kavre, Mimorinl, p. 4.S-

LA VILLE

Sur la place de la xMadeleine, nous trouvons, tout près de réglise (c'est la troisième maison), le second hôpital de Versonnex, et puis beaucoup d'auberges. Au N° 17 pend encore Tenseigne : « Aux Chamois. Bon logis '^S 1602»: Tannée de l'Escalade. Un chamois est peint, et dans l'ano-le droit, en haut, se voient les armoiries de Genève.

De réo-lise jusqu'à la Cité va la rue dont les sections se succèdent, chacune avec son nom, comme dans les Rues-Basses :

1" La place et la rue de la Madeleine jusqu'au Perron*, à gauche {Page 2^3), et à l'arcade du Fort-del'Ecluse (Page 97), à droite. (Voir le plan Page 245.)

En 1678 plusieurs maisons tombèrent en ruines, et le 2g mars le Conseil délibéra et décida de traiter avec les |M-opriétaires, soit pour « les obliger de les rééditier promptement, » soit plutôt « pour réduire cet endroit en place publique, pour ornement et décoration de la ville -. » Les « commis pour examiner les moyens de construire une place, au bas du Perron, proche de la Magdeleine, où est arrivé la ruine de quelques

Descente ac i;i i liisnluc. ii^, -i-- • . , , ,

maisons «, présentèrent leur rapport le 8 mai. Ce rapport, lu et approuvé, fut « renvoyé par devant les dits Seigneurs commis, pour tenir main à l'establissement de la dite placée » — Avant cette percée, au seizième siècle, ce quartier devait être singulièrement étroit, resserré.

1 . « L'arcade du Perron, » ou du « Fort de l'Ecluse, » ouvrait et fermait à la fois la rue du Perron et celle de la Madeleine. Galiffe, p. 120. — Blavignac dérive ce mot Perron de Prétoire. {Etudes sur Genève, II, p. 25, 26. Enseignes, p. 28.) — Il y avait en effet un Prétoire à Genève. « Ubi solebat esse Pretorimn. » M. D. G., IV*", p. 68, et n. 145 (p. 1 10). < Il est remarquable, dit Mallet, de voir ce mot tout romain, encore en usage à Genève au milieu du treizième siècle. » — « Le te.Kte de l'acte, dit Galiffe, me permet de placer ce Prétoire près ou au-dessus des Barrières.» Galiffe, p. 116, n. 2. — L'arcade du Fort-de-l'Ecluse a été démolie la dernière. L'arcade de la Cité a été démolie en 1825, celle de la Monnaie en 1831, celle du I5ourg-dc-Kour en 1840, celle du Fort-de-l'Ecluse en 1842. Rigaud, M. IX (i., VI, p. 437, n. i. — i. Registres dit Conseil, Vol. 178, p. 127. — .'1. Ibid., p. 169.

LA VILLE BASSE

2° I-a rue de Villeneuve ipuis Punaise, auj. Travcrsière '). remplie d'étables en 1475, jusqu'à la rue de la Pélisscrie (Pelliparùi), i\ <^in\i:hc, et la rue du Terraillet, à droite. {PiJgc 244.)

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lyui^ hiu.

3" La rue de la Ri'ptisserie ila i?»/mrrK') jusqu'aux rues de la lour-de-Bocl et de Bdnmont lauj. Bémont), à gauche, et à la rue des Allemands, à droite -. (Voir Page

Nous n'avons pas beaucoup de détails à

signaler. Nous ne pouvons pas cependant

passer sous silence le résultat des fouilles

pratiquées en kkm et 1902, à l'angle de la

place du Fort-dc-l' l'écluse (côté Est) et de

la rue de la Croi.\-d'Or, ainsi que sous les

maisons qui bordaient le côté Nord de la

rue de la Madeleine. On a constaté que le

sol primitif était plus bas que le sol actuel.

Les caves des maisons démolies reposaient

sur ce sol primitif, lequel avait été remblayé,

sans doute dans le courant du quinzième

siècle, pour constituer le niveau de la rue

de la Madeleine. — De plus, au dit angle

de la place, on a découvert un gros mur,

parallèle aux Rues- Basses, traversant la

place du Fort-de-ri->cluse de l'Est à l'Ouest

et mesurant au moins deux mètres d'épaisseur. .V ce massif se rattachait (d'après

les fondations retrouvées) un mur d'enceinte d'environ un mètre d'épaisseur et

paraissant se diriger à peu près vers le milieu de la rue d'Enfer.

Nous avons donc ici la preuve du fait indiqué plus haut, à savoir que, entre l'époque du mur burgonde et celle du mur épiscopal, d'autres murs se sont dressés, nécessités par le développement du quartier de la Madeleine, par exemple, et qu'à ce mur appartenait la massive arcade du Fort-de-l'Eclusc. \ ri-^st se trouvait le mur qui allait jusqu'à la porte d'Yvoire, au bas de la rue d'Enfer. Dans Taxe de la rue de la Croix-d'Or, le mur devait déjà exister en 1258 et remonter à une époque plus ancienne '.

Quant à ce «pii se voit encore auj^urtriuii, le plus intéressant c'est 1 ensemble. Il se trouve en elfet que la rue, le long du liane de la colline, est coupée par les rues transversales très rapides, très raides. Sans doute, autrefois, on pouvait

I. . Le nom de rue Punaise vient dCtre chnnyO en celui de rue Travcrsitrc, à In demande des halutans de ce quartier. > Note au M.S. de De la Corbière. Bibliothèque [(ubiiquc. — J. M. Y>. (i., I-X. 1' 305 — ."). Camille Favre, Bulletin de la Société d'Histoire et d'Archéologie, 11, p. 3*8 et ss.

Rue du Perron, rue Punaise,

Fort-de-rKclusc, rue couverte du Terraillct.

Archives, Anciens plans, (p. 244.)

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presque partout aller avec un cheval : preuve en soit le grand nombre d'hôtelleries , d'écuries , qui sont signalées à des endroits où aujourd'hui il y a des marches d'escaliers. Escaliers, rampes, barrières, murs de soutènement sont donc de date relativement récente. Mais on peut dire que ces obstacles n'ont pas seulement servi à éviter aux passants de trop dangereuses glissades. En rendant les communications directes à char et à cheval impossibles, en rendant le transit presque nul, ils ont repoussé le commerce, l'industrie, l'envahissement m < 1 derne : ils ont préservé le passé. Aussi nulle part ne trouve- 1 -on autant que dans ces quartiers les maisons du quinzième siècle. A tel endroit il suffit d'enlever les devantures plus ou moins modernes de quelques boutiques pour revoir tout un long morceau de rue ancienne, avec ses arceaux, ses portes en M^ive ou à plein cintre, ses fenêtres et leurs arcs en accolades, ses contreforts, presque ses trappons. — C'est ainsi rpie l'archéologie a ses compensations.

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LA VILLE BASSE

Pour achever.de donner à ces impressions toute leur vivacité, il n'est malheureusement plus possible d'aller toucher ou voir les fameux anneaux accrochés aux jjjrands murs burnondés, soutenant les jardins de la rue des Chanoines. De La Corbière ' les mentionne un peu vaguement, mais déjà H. Mallct écrivait en iStjy: « Sans nier l'existence de certains anneaux, qu'on prétend avoir servi à attacher les bateaux au pied de ces murs,... mes recherches pour les voir ont été inutiles -. » Il n'est plus possible de passer — autrement qu'en imagination — sous l'arcade du Fort-de-lKcluse, démolie en 1843^....

Mais on a le droit de soutenir qu'il reste encore mieux tjue tout cela; il reste ce (^luc l'imagination peut rêver de plus burgonde et de plus épiscopal, et de plus Vieux-Genève, le passage de Monetier. (Page 246.) D'abord il fait suite, à travers la montée des Barrières, au passage du Muret, et puis il est parfaitement conservé et très facile à parcourir jusqu'au Perron. D'un côté, on voit, on touche le rempart primitif, de l'autre (à 1 mètre, i'"5n de largeur), ce sont des murailles noires, percées d'ouvertures insuflîsantes, qui s'élèvent à une hauteur de 10, de i5 mètres. Et on peut errer là, sous les arceaux qui traversent d'un mur à l'autre, dans un silence moyenâgeux, à peine troublé par un gros chat tapis dans l'angle et l'ombre, et dont les yeux brillent.... Ici est le vrai paradis de l'archéologue. (Page 246.)

I. De La Corbière (copie Bourrit) ; p. 244, n. I. — M. D. G., II, p. 237.

On y a trouvi:.

-2. II. Mallct, p. 103. — :t. Voir plus haut,

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