‹ Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps (volume 2)Chapitre 4 sur 116 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Devant la porte de Cornavin.

I. Arch(;ologic et psychologie. — H. Les voyageurs. — III. André Ryff. — IV. Félix Flatter. — V. Les Nîmoises. — VI. Jean Marteilhe. — Vil. Le col de la Faucille.

ALVIN est riiomme de Genève. Avant d'arriver au programme que notre Réformateur pensa, nous entreprenons la description de la \ille qu'il habita.

Est-ce une gageure? Des chapitres entiers d'archéologie, et presque tout un volume pour examiner de vieilles rues et de vieu.x monuments! Quel nouveau hors-d'œuvre ! l]t plus d'un lecteur, sans doute, se demande non pas quelle utilité, mais même quel intérêt, à un point de vue quelconque, peut avoir cet e.xamcn minutieu.x.

J'ai trop souvent soutenu qu'un fait n'est rien, n'a aucun sens ni aucune valeur par lui-même, pour soutenir que, par elle-même, une pierre est intéressante et importante.

Mais V a-t-il un fait qui soit seulement un fait, et y a-t-il une pierre qui soit seulement une pierre?

Peut-être la pierre qui dort dans le sein immense de la carrière est-elle, comme on dit, une pierre brute. Et, en cette qualité, elle n'a rien à nous dire... des hommes. Aucun homme ne l'a encore ni vue ni touchée. Soit! Mais que de choses cette prétendue pierre brute n'a-t-elle pas à nous dire de Dieu, de sa création, des merveilles du monde préhistorique! Le géologue s'arrête, son marteau à la main, devant le cristal, le minerai, la coquille, moins encore, devant l'empreinte de l'animal ou de la plante disparus à jamais. La pierre brute le ravit en admiration, car elle lui explique les inondations, les embrasements, les révolu-

Saint-Gcrvais 1"'

Cette gravure de C J. Vischcr, appelée pour cette raison gravure Visclicr, mais ( ■« L'original mesure 2"'()5 île longueur, (c'est la longueur de la gravure proprement dite, à l'intérieur du cadr

En haut le titre, blanc sur noir, est ainsi conçu : Gctieva td'

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cher, 1641.

ir Claude Chastillon, en 1641, se trouve à la bibliothèque publique de Genève.

ie'ssous un texte, qui est en latin, en français et en hollandais, forme 18 colonnes de 39 lignes chacune. /lia iinfieria/is et liber a Acadciiiia ac Respiiblica nobilis.

tions subites, les évolutions séculaires, car elle lui révèle, mot après mot, tous les mystères de la formation des mondes et de l'apparition de la vie avant l'apparition de l'homme.

Kt alors, au lieu de la pierre brute, voici la pierre taillée des rues et des maisons humaines! Je ne sais s'il y a au monde témoin aux renseignements plus abondants, plus éloquents. Que veulent dire ces pierres? c'est une question de la Bible. Demandez-le aux pierres des temples en ruine. Elles vous diront — avec quelle métaphysique et avec quelle poésie! avec quelle précision et avec quelle mélancolie! — toutes les croyances des hommes qui sont venus s'agenouiller à côté d'elles, sur elles, sous elles! Demandez-le aux pierres des villes mortes ou des villes vivantes. Pompéi, Nuremberg, Hildcsheim, mieux qu'aucun musée national, mettront sous vos yeux, dans toute leur réalité, tous les détails des civilisations romaines ou moyenâgeuses.

Quand on parcourt les bruyères des Highlands, en Ecosse, on voit de temps en temps pendre aux arbustes épineux quelques flocons de laine, laissés par les grands moutons presque sauvages qui semblent seuls hanter ces solitudes. Ainsi aux pierres des vieilles maisons pend et reste toujours attaché quelque chose de la vie, des sentiments, de la pensée des hommes qui, de siècle en siècle, les ont habitées.

Il y a une àme dans les pierres, et rien comme l'archéologie ne se confond avec la psychologie.

Et voilà pourquoi, en attendant que, le programme de Calvin sous les yeux, nous nous demandions quelle était l'àme du Réformateur, nous commençons par scruter avec soin tous les restes de la Genève du XVI'' siècle, et nous nous demandons quelle a été l'àme de Genève, quelles ont été les mœurs de cette ville, que (Calvin reçut toute faite par ses prédécesseurs, et qu'il refit à son image pour ses successeurs '.

Nous voici prêt à entrer dans Genève^ par la porte de Cornavin, celle qui s'ouvre aux voyageurs venant de Suisse et de Lyon, à travers le bailliage de Gex, donc d'Allemagne et de France. La porte de Rive est pour ceux qui viennent du baillage du Chablais, du mandement de Gaillard, du pays de Faucigny, et la

I. .V n. - Il y a deux ouvrages que nous serons appelé à citer continuellement : Les Mémoires et docmienl s publiée far la Soci,lé d hisloire et d archéologie de Genève, dont la première série contient vingt volumes et la seconde sept. Nous désignerons cet ouvrage par les lettres M. D. G.; — Galiffe, Genève Idstnri.iue ,t archeolo)ii.,ue, ,86y. Nous désignerons cet ouvrage simplement par le nom de son auteur : Galiffe. Ouan.l 11 .Vagira d'autres ouvrages du même auteur, ils seront spécifiés. - i. Genève. « De César à Avitus, ■m compte au moins .lix manières différentes d'écrire ce nom propre, et ces diversités orthographiques ■ seulement dun auteur à l'autre ; on les retrouve encore, à quelques pages de distance, chez ...in. . ikilliet, .M. D. G.. XVI, p. 36, 37.) - On pourrait dire, cependant, que le catholicisme -!• n.,n„, ,,c„tvc et que la Réformation lui restitua son vrai nom... en latin. . A la fin du XI-^ siècle on d.,,a>t encore, comme du temps de César, Geneva. Ce fut alors que les bulles des papes introduisirent le

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