‹ Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps (volume 3)Chapitre 168 sur 176 · Enfin, Calvin guide, et V Amérique suit · texte numérisé non relu

Enfin, Calvin guide, et V Amérique suit

Rufus Choàte (1799-1869), le grand jurisconsulte américain, remontant aux années 1 553-1 558, à la fuite des Anglais hors de leur pays, et à leur refuge à Genève, dit : « J'attribue à ces cinq années, à Genève, une influence qui a changé la face du monde. Je crois pouvoir y faire remonter une influence sur le caractère anglais, une nouvelle théologie, une nouvelle politique, un autre ton, un autre caractère, le commencement d'une autre ère du temps et de la liberté. Je crois pouvoir y faire remonter la grande guerre civile en Angleterre, la Constitution républicaine, élaborée dans la cabine du May-Floiver, la théologie de Jonathan Edwards, le combat de Bunkers Hill " et l'indépendance de

i. Lord Macaulay, Histoire d'Angleterre sous le règne de Guillaume III. (Trad. A. Pichot), 1861, V, p. 117, 118. — i. Glasgow, o. c. p. 185. — ."î. Macaulay, Ibtd., V, p. 118. — i. Macaulay. Ibid., V, 124, 125. — .^. Nous renvoyons à tout ce que nous avons dit sur ce sujet, dans ce volume mOme, à propos de Calvin, des publicistes calvinistes et de la déclaration des droits de l'homme.

ti. Montesquieu, Esprit des lois, XX, 7 : « Le peuple anglais est le peuple du monde qui a su se prévaloir à la fois de ces trois grandes choses: la religion, le commerce et la liberté. » — 7. Prof. A. V. Hiester, Calvin and civil Liberty dans T/ie reformed Church Review, 1909, p. 312.

8. A. Kuyper, Calvinisme, 1898, p. 98 dit : < Ces trois terres historiques de la liberté politique, la Hollande, l'Angleterre et l'Amérique. > — H. Taine : « Ils fondèrent l'Angleterre; ils fondèrent l'Ecosse; ils fondèrent les Etats-Unis et aujourd'hui, par leurs descendants, ils fondent l'.Australie et colonisent le monde. » (Cité par Boardmann Eager, p. 558, S59)- — Castelar, le célèbre orateur espagnol, libre-penseur : « La démocratie anglo-saxonne est le produit de la sévère théologie, apprise par quelques chrétiens fugitifs, dans les cités obscures de la Hollande et de la Suisse, où s'étendait l'ombre morose de Calvin. » (Cité par Glasgow, o. c. p. 187.) — 0. Localité près de Boston, célèbre par l:i bataille du 17 juin 1775, après laquelle les troupes anglaises durent se retirer du pays.

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yo6 CONCLUSION

rAmérique ^ » — Bancrofft "^ le grand historien de l'Amérique, homme politique, ambassadeur, dit : « Nous, républicains, nous ne devons pas oublier que Calvin n'a pas été seulement le fondateur dune secte; rivant tout, il a été parmi les législateurs républicains modernes.... il fit de Genève la forteresse imprenable, le deadplnt de la démocratie ^ » — « Celui qui était fanatique de Calvinisme était fanatique de liberté, de la liberté dans le bien être moral. Sa foi était une partie de son armée, et son plus sûr allié dans le combat \ » — D"^ Smith, auteur d'un ouvrage extrêmement remarquable, intitulé The crecds of Presbyteriaiis, dit : « Les pères de notre République... eurent un modèle. Les constructeurs de la Constitution des Etats-Unis empruntèrent beaucoup, pour façonner notre république, à la constitution des Eglises presbytériennes d'Ecosse^. » — « Jean Calvin, dit Ranke '', a été virtuellement le fondateur de l'Amérique '. »

7. Calvin guidc^ et continue à guider. De plus en plus il guide les Eglises. Les Eglises luthériennes adoptent, les unes après les autres, l'organisation presbytérienne synodale et réclament le diaconat de Calvin. A leur tour, les Eglises anglicanes, et même les Eglises catholiques (à leur manière), voient dans cette organisation sociale et charitable des forces laïques le seul salut de l'Eglise chrétienne dans le monde moderne.

Et si Calvin est toujours un des hommes les plus méconnus et les plus détestés, jamais peut-être il n'avait été plus étudié. Là oîi sa personne et son œuvre ne rencontraient que calomnies, elles commencent à trouver respect et hommage, et malgré tout, l'influence de sa pensée va, ira grandissant. On dirait que l'heure de la justice et de la rétribution a sonné.

I. Cité par Glasgow, p. 182. — â. Né en i8og, mort en 1891. Il a mis cinquante ans à écrire sa célèbre Histoire des Etals-Unis de l' Amérique du Nord, en douze volumes. — 3. Cité par Vollmer, o. c. p. 139, 140. — i. Cité par Kuyper. — .">. Cité par Glasgow, o. c. p. 17S. — tl. Leop. Ranke (1795-1886), le plus célèbre historien allemand du dix-neuvième siècle, si remarquable par l'acuité et la profondeur de sa psychologie. — 7. Vollmer, o. c. p. 162. — Horace Walpole apprenant la révolte de l'Amérique dit dans le Parlement ; « Cousine Amérique est partie avec un clergyman presbytérien. > [Cousin Aitierica lias run of ivitb a Presbyterian Par son ) (Cité par Glasgow, o. c. p. 190.^ — « La première déclaration d'indépendance, certainement le premier ensemble de résolutions à cet effet, fut envoyée par l'Assemblée de Mecklemburg, réunie à Charlotte, N. ("., composée de vingt-sept rigiilcs calvinistes, dont neuf étaient anciens, et un, prédicateur presbytérien. « (Glasgow, o. c. p. 189.)

TABLE DES MATIERES

La Pensée politique de Calvin

livrf: premier

La pensée ecclésiastique.

CHAl'lTRK l'REMIER. L'Eglise Page 3

I'rkmikrh l'ARiiK. Calvin eu 1 5 ?(>. — I. Introduction. — II. L'Eglise, « corpi invsliqiic ■>- (corpus uiysliciiiii Chrisll). — I. La souveraineté de Christ. — 2. Unité. — 3. Sainteté. — 4. Prédestination. — 5. Foi.

— 6. Charité. — III. L'Eglise, « chose charuelte » [res ceiiualis). — 1. Société des fidèles. — 2. L'excommunication. — 3. Rapport entre l'Eglise « corps mystique » et l'Eglise « chose cliarnelle >>. . Page 3

Seconde partie. I. L'Eglise catholique. — II. Les Anabaptistes. — III. Luther. — IV. Zwingle. — V. Bucer Page 14

Troisii-ime partie. I. La Magna Chai la de IS37. — II. De la Magna Chai la à Y Institution de 1543.

— I. Les signes de l'Eglise et les cérémonies. - 2. La théorie des doctrines fondamentales. — 3. Les signes de l'Eglise et la Parole de Dieu. — III. L'Iiislilnlion de 1539. — 1. Précisions. — 2. Les enseignes de l'Eglise ; nombre et ordre. — 3. Hors de l'Eglise pas de salut. — 4. La sainteté de l'Eglise. — IV. L7;istitnliou de 154^. i. Eglise invisible et Eglise visible. — 2. Christocratie. — 3. Arguments bibliques.

4. Importance du pastorat. — 5. Les charges. — V. Le double jugement de charité. — i. Jugement de charité sur les mœurs. — 2. Jugement de charité sur les doctrines. — VI. Conclusion. Les Coiuiueutaiirs Page 2,

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