‹ Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps (volume 3)Chapitre 5 sur 176 · De Scaïuialis. Oj>erii, VIII, p · texte numérisé non relu

De Scaïuialis. Oj>erii, VIII, p

SECONDE PARTIE Avant Calvin.

OUR comprendre et apprécier vraiment la pensée de Calvin, en i536, il faut tout de suite la comparer aux pensées des adversaires qu'il combattait, et des Réformateurs qui l'avaient déjà précédé dans le combat.

Dans le domaine ecclésiastique, comme dans tous les autres domaines de la doctrine et de la piété, Calvin se trouvait d'abord en face de l'erreur catholico-romaine.

On peut dire que cette erreur avait été formulée par Cyprien. Chez saint Augustin, on trouvait encore les éléments proprement evangeliques à côté des éléments proprement romains. Puis la théorie romaine, élaborée pendant tout le cours du treizième siècle, fut fixée par saint Thomas. Mais il suffira à notre but de citer la définition célèbre de Bellarmin, qui a eu l'honneur de formuler la pensée romaine avec une clarté, on pourrait presque dire avec une brutalité parfaite : « Ce qui distingue notre opinion de toutes les autres, c'est que toutes les autres requièrent des qualités internes [internas virtiites) pour admettre quelqu'un dans l'église, et font ainsi la vraie Eglise invisible. Nous au contraire, nous croyons que dans l'Eglise se trouvent toutes les vertus, la foi, l'espérance, la charité et les autres; et cependant pour que quelqu'un puisse en quelque manière être dit partie de la vraie Eglise, dont les écritures parlent, nous ne pensons pas qu'il y ait lieu d'exiger de lui aucune qualité interne (ullam internatn virtutem) : il suffit d'une profession externe de la foi, et de la communion aux sacrements, ce qui tombe sous les sens. L'Eglise en effet est une assemblée d'hommes (cœius homimim) aussi visible et palpable qu'est l'assemblée du peuple romain, ou le royaume de France, ou la république de Venise'. » — De cette matérialisation et de cette extériorisation qui exclut de l'idée de l'Eglise tout élément subjectif, intime, personnel, découlent tous les abus, tous les excès du catholicisme romain °.

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