LES ARTICULANTS ET LA CONTRE-REVOLUTION
Alors les hommes d'Etat songèrent à rappeler Calvin.
Ainsi la révolution avait achève son évolution. Genève avait chassé Calvin. Sans Calvin, Genève s'était sentie menacée dans sa foi, comme dans son autonomie. Désorganisée, moralement et politiquement, elle s'était trouvée aussi faible devant le cardinal Sadolet que devant leurs Excellences bernoises.
Le double programme de protestantisme et d'indépendance que Calvin, au nom de ses convictions et de son tempérament, avait formulé, c'était donc le programme que les circonstances imposaient à Genève. Elle n'avait que ce choix : ou bien dépérir, dans le désordre des factions religieuses et politiques, dans l'humiliation sous la suzeraineté croissante de Berne, ou devenir calviniste.
Genève, par foi et par patriotisme, devint calviniste.
advertissans des affères et de nous [nos] bons droys, ainsy de laz Réformation cristienne de Féglise, làz ou il seras espédient.... » {Registres du Conseil, Vol. 34, f- 5"v0 — 22 novembre. « Du différent estant entre les Srsde Berne et nous. Pour ce que l'appellation du dict différent pend àz Basle sus le 15 de décembre prochain, et cella est à laz cognoissance d'ung homme seult superarbitre, qu'est chose bien dangereuse, par quoy az esté advisé de envoyé le secrétayre Roset pour aller conseiller les droys... et que l'on rescripve aux Cantons pour mestre l'affère en bon appoinctement. » (Registres du Conseil, Ibid., f. 531".) - 25 novembre. « Envoyés aux Cantons. Suyvant laz résolucion des précédent Conseyl de rescripvre aux Cantons pour mestre le différente stant entre les S" de Berne et nous sur l'amyabilité, az esté remys àz demaien en Conseil ordinayre, et cependant que ung chacung pense le mellieur.» (Cornélius, p. 315, n. 1. Registres du Conseil, Ibid., f. 536».) — Notons ici, d'après Gautier, le premier essai infructueux d'entrer dans « l'alliance générale des Ligues: » « .... On en chargea Claude Roset et Claude Pertemps, qui eurent ordre, sur la fin de janvier 1541, de se rendre à Bâle pour solliciter la décision des difficultés dont était chargé le surarbitre. On leur donna ordre aussi de pressentir, des principaux de ce Canton, si l'on ne pourrait point trouver des moyens de délivrer la Seigneurie de l'engagement où elle était, par l'alliance avec Berne, de n'en pouvoir point faire avec aucune autre puissance, comme encore si elle ne pourrait point entrer dans l'alliance générale des Ligues. (Voir Registres dit Conseil, Vol. 35, f- 3<>\ 35 et 41 : « Une combourgeoisie générale avecques totes les Ligues. ») Une négociation de cette nature, dans la situation où se rencontrait alors Genève, était à divers égards prématurée, et cette ville avait à se démêler de bien d'autres difficultés avant que de pouvoir mettre sur le tapis, avec quelque succès, des propositions semblables. » (Gautier, III, p. 109, 112.) On voit quel était vraiment le parti genevois national, c'est-à-dire suisse, le parti des Réformateurs, ou le parti de leurs adversaires.
Marque de Michel Du Bois.