‹ Jean Calvin, les hommes et les choses de son temps (volume 5)Chapitre 116 sur 166 · QUELQUES HISTORIENS DE (MAIN ; · texte numérisé non relu

QUELQUES HISTORIENS DE (MAIN ;

Après cet exemple remarquable, il nous suffira de constater que, si l'hypercriticisme traite les déclarations de Calvin, de Bèze, de Farel, tout comme il traite les déclarations de saint Paul ou de saint Jean, dans ces deux cas, il ne fait pas acte de science; il obéit à des préju matiques.

Al. A. Pierson l'avoue à la fin de son dernier volume. Ce qui lui a inspiré toutes ses études (die ons van den aanvang dit historischt onder^pek deed ondernemen), c'est son opposition au calvinisme hollandais moderne, et tout particulièrement à l'Université libre d'Amsterdam, à laquelle il consacre des pages et des pages de sa conclusion '.

M. A. Pierson veut «tomber» l'Université libre; or pour cela il lui faut «tomber»- Calvin. Ecoutons notre auteur.

« Calvin tut, ce qui à mes yeux est incompatible avec toute élévation w . un poli-

tique, un calculateur, un homme qui voulut triompher et assurer son triomphe par la défaite des autres.... Calvin, pour tout dire en un mot, ne me lait pas l'effet d'avoir été un homme de foi, en prenant ce mot de la toi dans le sens noble, général, dans lequel il ne peut manquer de forcer le respect.... Son exégèse ne peut se vanter que d'une connaissance plus que superficielle de l'hébreu et du grec... on se demande s'il n'a pas été lui-même conscient de son caprice et de sa superfkialité 2. »

Et l'Université libre d'Amsterdam semble faire de ce « Réformateur, qui manque si souvent de grandeur morale, autant que d'attrayante piété, un caractère qu'il est bon de montrer à la jeunesse 3. » C'est intolérable! « Dans Calvin, il n'y a rien de l'apôtre, rien du martyr.... Au fond Calvin resteun romaniste ; il reste le produit de la tradition qu'il nie ; il ne peut se délivrer du développement dogmatique de l'Eglise qu'il abandonne, mais il s'imagine lire dans le canon du Nouveau Testament ce que l'Eglise catholique a promulgué relativement à certains dogmes principaux.... Calvin a été l'homme qui a pris une partie de la doctrine romaine, elle-même tirée de la Bible et de la tradition ; il a appelé cette partie le vrai christianisme, et il a voulu trouver ce vrai christianisme exclusivement dans la première des deux sources, la Bible. En conséquence le calvinisme a été un obstacle à la connaissance de la Bible, et de l'antiquité chrétienne, en se donnant lui-même pour l'antiquité *.... Pour nous qui lisons Calvin, aussi bien que le Nouveau Testament et les Pères, il y a, entre le calvinisme et le christianisme des deux premiers siècles, une différence qui saute encore plus aux yeux que celle entre ce christianisme et le catholicisme du seizième siècle. » Conclusion : « Comme tendance scientifique, la parenthèse du protestantisme me parait close 5. »

exégète du Nouveau Testament. Or il se trouve qu'il n'a lu des Commentaires du Réformateur que quelques pages. Il en arrive à faire croire que Calvin a fait croire à ses lecteurs que saint Paul écrivit ses lettres en latin 1 « De geieonl léser moet gelooven, dat Pnnlits eijne brieven lier// geschreven in het latijn. » Pierson II, p. 172. M. Pierson, toujours de bonne foi, mais toujours superficiel, ne s'est pas aperçu que, presque à chaque page, Calvin parle du grec, du sens du mot en grec. Il se trouve seulement que, par hasard, Calvin n'a pas fait ces remarques habituelles dans les quelques pages lues par M. Pierson. Du reste notre hypercritique avoue lui-même sa superficialité, à la fin de son étude, en ces mots: » Cette étude ne se rapporte qu'à un petit nombre de textes d'une seule lettre du Nouveau Testament (weinige tekslen van een enkelen N. Testamentischen bric/, II, p. 220). Mais elle ne nous donne pas moins le droit de porter un jugement général sur Calvin exégète. Le proverbe ex ungut leonem est tout à fait à sa place, quand nous voulons seulement caractériser la méthode de quelqu'un. » — Ce qui, semble-t-il est le mieux caractérisé, c'est l'hypercriticisme et ses procédés antiscientifiques. (Voir Rutgers, Calvijns invloed, p. 48, 51.)

). Pierson, III, p. 159-184. — i. Pierson, III, p. 180, 181. — a. « Acht zij den Hervormer, wien het zoo dikvverf hapert aan zedelijke grootheid zoowel als aan aantrekkelijke vroomheid, in allen ernst een karakter waarop lut goed is de jongelingschap te wijzen ? » Pierson, III, p. 182. — V. « Het kalvinisme hceft dientengevolge de kennis van den Bijbel en van de kristelijke Oudheid in den weg gestaan.... » Pierson, II, xnr. — ■">. 0 Als wetenschappelijke richting schijnt mij de parenthèse- van het Protestantisme gesloten. « Pierson, II, p. xii-mv.

Page 1