‹ Jean Calvin, les hommes et les choses de son tempsChapitre 27 sur 156 · VA · texte numérisé non relu

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(Plan de Gap au XVIe siècle ? p. 88. n. 5.)

et successeurs, Antoine Farel, épousa Anastasie d’Orsières, dont il eut sept enfants : 10 Guillaume, le réformateur ; 20 Jean-Gabriel, prêtre, mort avant 1546; 30 une fille dont le nom n'est pas connu et qui compta parmi ses descendants Mirabeau ; 40 Daniel, réfugié en Suisse; 5° Jean-Jacques, apothicaire, réfugié en Suisse ; 6° Claude, réfugié en Suisse; 70 Gautier, greffier épiscopal, réfugié en Suisse. — Les Farel avaient des armoiries : d’argent au lion de gueules, et non, comme on l’a dit, une épée au milieu des flammes. On a confondu avec les armoiries des Farel le simple fleuron, ingénieux symbole que G. Farel mettait à la première page de ses livres; nous l'avons reproduit, page 46.

4. Farel, Du vray usage de la Croix de Jésus-Christ, suivi de divers écrits du même auteur, réédition Fick, 1865,p. 149. — 2. Il nous a raconté le premier pèlerinage auquel ses parents le conduisirent : « La première notable idolatrie de laquelle il me souvienne, et le premier pélérinage au quel j’ay esté, a esté à la saincte croix, qui est en une montagne auprès de Tallard, au diocèse de Gap, la quelle (comme on dit) sert à recouvrer la veue.. et, dit-on, qu’elle est du propre bois de la croix, en laquelle Jésus-Christ a esté crucifié.. » (Du vray usage, etc., p. 146-151.) — 3. Heyer, G. Farel. 1872 (Thèse de licence, à Genève), p. 3. — 4. Herminjard, I, p. 179. — 5. Farel, Epistre à tous seigneurs, p. 164, 167. — 6. Farel au docteur Noël Galéot, à Lausanne, d’Aigle, 7 septembre 1527. Herminjard, II, p. 43. — 7. Cette moitié du plan de Gap est empruntée à l’ouvrage de M. Roman; nous sommes heureux

d’avoir pu la reproduire.

bien de suivre mon advis et jugement, mais que je teinsse à l'ordonnance et intelligence de l'Eglise, voire papale, car je ne connoissoye point d'autre !. »

C'est alors que Farel fut conduit par Dieu à Le Fèvre. « Sur cecy, Dieu de sa grace en grand patience, voyant un tant espouvantable pécheur et infame idolatre, fait que je trouve un qui passoit tous les autres... Cestuy, afin que je le nomme, s’appeloit maistre Jaques Faber, qui faisoit les plus grandes révérences aux images qu'autre personnage que j'aye cogneu, et demeurant longuement à genoux, il prioit et disoit ses heures devant icelles, à quoi souvent je luy ay tenu compagnie *. »

Les contraires s’attiraient. Le jeune homme passionné avait été séduit par le doux vieillard. Alors les fidèles qui entraient à Saint-Germain-des-Prés pouvaient les voir l’un et l’autre, pieusement agenouillés au pied de quelque image, surtout au pied de la statue de la Vierge. Ils étaient plongés dans l’adoration la plus profonde ; puis ils couvraient de fleurs l’objet de leurs dévotions *.

Et cependant, c’est ce même Faber qui annonce à Farel le renouvellement du monde, le retire « de la fausse opinion du mérite, » et lui enseigne que tout vient de grâce. « Ce que je creu sitost qu’il me fust dit ". »

Nous racontons et discutons autre part” les phases de la conversion de Farel. Ici, il nous suffit d'indiquer très sommairement les deux ou trois événements principaux de sa vie jusqu’à sa sortie de France.

Arrivé au terme de ses études universitaires, 1l se fit inscrire, en janvier 1517, sur le rôle des gradués qui avaient droit à un bénéfice ecclésiastique, et il choisit pour collateur Jules de Médicis, ancien évêque d’Embrun, alors archevêque de Narbonne, qui devait occuper le siège pontifical sous le nom de Clément VII. Bientôt après, et sur le conseil de Le Fèvre, il usa du privilège de chaque nouveau maître ès arts, et obtint une place de régent au collèce du Cardinal Le Moine, alors le foyer de la renaissance scientifique et théologique, sous l'influence de Le Fèvre.

Pendant ce temps, Farel « estoit grandement chéri et honoré par deux siens maitres et précepteurs [Le Fèvre et Roussel]. Non seulement eux, mais plusieurs autres dévots personnages l’avoyent en telle estime de piété qu'ils luy confioyent, estans à Paris, diverses sommes d'argent destinées à l’instruction des pauvres escholiers, dont il faisoit la dispensation nécessaire selon les cas, et de ceste distribution le mesnagement fidèle en est spécifié au dit livre 7. »

1. Farel, Epistre à tous seigneurs, p 168, 169. — 2. Ibid., p. 170. — 3. Lettre de Farel à Pellican, 1556. Herminjard, I, p. 481. — 4. Farel, Epistre, p. 171. Il faut bien noter jusqu’à quel point ce fait choque nos idées actuelles, mais confirme notre appréciation du Commentaire de Le Fèvre. — 8. Voir Appendice VI. Date de la conversion de Farel. — 6. Du Boulay dit qu’il « régenta » longtemps (dix rexif) dans ce collège et l’appelle un clerc gapençais (cericus vapincensis). VI, p. 938. Ce titre de clericus, dit M. Herminjard, permet peut-être de penser que Farel étudia dans la Faculté de théologie, après avoir reçu la maîtrise ès arts. Mais on ne peut admettre qu'il ait professé à l'Université comme théologien. Herminjard, 1, p. 179. — 7. Ces lignes sont extraites d’une chronique manuscrite, conservée à la Bibliothèque de Genève (M. h. G. 147), et le livre dont cette chronique parle est un livre de raison de Farel lui-même, que l’auteur avait sous les yeux. Le pasteur David Ancillon, écrivant vers 1680, avait encore entre les mains ce livre de raison, égaré en Prusse. (France protestante, 2me édit., article Farel, p.390.) Malheureusement, il est

aujourd’hui perdu.

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