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H.Armand-Delille
Marot, qui y fut enfermé, a dit :
Si ne croy pas qu’il y ait chose au monde Qui mieux ressemble un Enfer très immonde, Je dy Enfer, et Enfer puis bien dire :
Si l’allez voir, encore le voirrez pire !.
Il est certain qu'un esprit satanique hante ces horribles murailles.
En venant de l’eau, on arrive à une longue voûte, qui se ferme par une porte en plein cintre, peu élevée, peu large. Sous la voûte, à droite, est la porte de la prison.
La porte grince. Qui entre? Ce sont les femmes qu’on a prises à la rue Saint-Jacques ; c'est le frère et la femme du Visconte. Qui entre encore, cette fois-ci volontairement, un visiteur ? C’est le pasteur dont la tête est à prix. Il ose se jeter dans la gueule du monstre, et apporter une lettre de Calvin à un malheureux, jouant, dans une sublime folie, avec le plus épouvantable des dangers.
La prison du Châtelet se compose de quatorze prisons, dont chacune a son nom. Cinq sont situées dans la partie supérieure du donjon, et, comme elles offrent aux prisonniers un peu de place et un lit par personne, elles sont dites «honnestes prisons. » — Trois sont encore confortables; mais, comme les prisonniers y sont au secret, elles sont dites « prisons fermées. » — Une prison, composée d'une immense salle voütée, contient une foule entassée pêle-mêle, couchant sur des nattes, sur des bottes de paille : au milieu se trouve un grand baquet d’eau en pierre, qu'on nomme la Grande Pierre. Avec ces trois premières catégories de prisons nous sommes peu à peu descendus jusqu’au sol. La quatrième catégorie, qui comprend quatre prisons, nous conduit sous le sol: Îa Fosse, le Puis, la Gourdaine, l'Oubliette : ces noms sont exacts. Il s’agit de caves plus ou moins profondes, éclairées par des lucarnes étroites, donnant sur les petites cours obscurcies par de très hauts murs, cachots noirs, humides, où l’on met les pires malfaiteurs.
C'est ici qu'on met les protestants. Au fond de l’un de ces quatre cachots, surnommé « Fin d’aise, » si infect qu'on ne pouvait y tenir une chandelle allumée, nous trouvons Pierre Gabart (1558). Dans les ordures, autour de son corps, les bêtes pullulent. Lui «ne cessoit pourtant de chanter Psaumes et crioit à pleine voix consolations de la parole de Dieu, pour estre entendu des autres. ? »
Le cachot le plus affreux est la Fosse, surnommé aussi la « Chausse à l’hypocras, » cave profonde qui ne reçoit ni air, ni jour, ainsi appelée pour sa figure « qui est en bas estroite et grosse en s’élargissant, » une sorte de cône renversé. On n'y peut se « coucher ni estre debout, sinon sur le bout de ses pieds, le corps estant courbé. » Par surcroît, le fond est plein d’eau. On y accède non
4. L'enfer, composé en 1536 en la prison de l’Aigle, de Chartres. — 2. Histoire des martyrs, Il, p. 568. — 3. La Gazette des tribunaux, 1841, 10 avril, dans ses articles sur les anciennes prisons de Paris, parle aussi de la prison de Saint-Germain-des-Prés, si basse qu’un homme ne pouvait s’y tenir debout, si humide que l’eau soulevait la paille servant de lit aux malheureux, et dans laquelle on ne séjournait pas plus de vingt-quatre heures sans mourir. — « Au lieu de prisons humaines, dit un contemporain, on fait des cachots, des tanières, cavernes, fosses et spe-
par un escalier, mais par une trappe ; au moyen d’une poulie et d’une corde, le prisonnier est dévalé. Puis l’orifice se referme. Au bout de quinze jours le malheureux était d'ordinaire mort ou fou. Florent Venot (1540) y resta six semaines !.
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Paris, Le Grand-Châtelet. (p. 275.)
On a dit : « Après le gibet de Montfaucon, le Grand-Châtelet était le monument le plus sinistre de Paris. » Non pas : « après, » mais « avant. » Pour les prisonniers, même le bûcher de la place Maubert ou de la place de Grève, c'était la délivrance!
2. Du Grand-Châtelet allons directement à la Bastille: une autre prison. C’est ici que Anne du Bourg fut d’abord enfermé. Il est au pain et à l'eau, et lui aussi plus d'une fois est mis dans une cage. Mais, dès qu’il peut, «il glorifie Dieu en empoignant son luth ?. »
lunques plus horribles, obscures et hideuses que celles des plus venimeuses et farouches bestes brutes, où on fait les détenus roidir de froid, enrager de male-faim, hanner de soif, et pourrir de vermine et povreté, tellement que si par pitié quelcun va les voir, on les voit lever de terre humoureuse et froide, comme les ours des tanières, vermoulus, bazanés, emboufiz, si chétifs, maigres et défaits qu’ils n’ont que le bec et les ongles. » Flameng, Paris qui s’en va el Paris qui vient, publication artistique.
1. Histoire des martyrs, T, p. s4o et Revue historique, LXIII, 1897, p. 47, 48. L'autre cachot, la Gourdaine, manquait tellement d’air qu’un arrêt du Parlement le fit fermer, le 10 mars 1550. (N. S. 1551.) Mais on s’en était servi jusque-là. Tous ces horribles détails sont confirmés par la lettre de Morel à Calvin. Opera, XVII, p. 633. — 2. Bulletin, XXXVIT, 1888, p. 509. C’est à la Bastille que fut enfermé un autre prisonnier non moins illustre, Bernard Palissy. « En cet an 1590, mourut aux cachots de la Bastille de Bussi maître Besnard Palissi, prisonnier pour la religion, aagé de quatre-vingts ans, et mourust de misère, nécessité et mauvais traitement ; et avec lui trois autres
En dehors des murailles, entre la porte Saint-Antoine et la porte du Temple, se tenait le célèbre prèche des huguenots à Popincourt! ; le peuple disait Pincourt, Paincourt. Le 10 décembre 1560, Bèze y prècha; malgré une pluie épaisse, 6000 personnes l'écoutaient, en plein air. Deux mois après, une après-midi, l'auditoire s'élevait à 25 000 âmes (26 février 1561). Le 20 décembre 1561, on avait fait courir le bruit que Catherine serait à une fenêtre du faubourg Saint-Antoine pour voir quels protestants se rendraient à Popincourt. Plusieurs huguenots, qui occupaient des charges importantes, entre autres l’illustre jurisconsulte Charles du Moulin, mirent les insignes de leur profession, pour qu’on ne pût pas ne pas les reconnaître. Catherine ne vint pas le 20 décembre 1561, mais bien le 19 février 1562, et, deux jours après, le temple était dévasté. Le connétable de Montmorency avait brülé, le jour même, le temple de Jérusalem, au faubourg Saint-Marcel. Comme un vulgaire lansquenet, excité par le pillage, il arriva au temple de Popincourt, et le détruisit, méritant, par ces journées glorieuses, le surnom de capitaine Brüle-Bancs.
3. En dedans des murailles, à droite, en rentrant dans la ville, et séparé par une place seulement de la Bastille, se trouvait le palais des Tournelles, où était mort Louis XII et où mourut Henri I.
Nous avons vu comment, sur les conseils d’un cardinal et d’une maîtresse, Henri II s'était décidé à une épouvantable persécution. Il eut l'étrange fantaisie de voir un de ces luthériens « pour en avoir son passe-temps. » Le cardinal fit choisir un de ceux qu’on pouvait le moins redouter, un tailleur, « pas de grand renom, » et on l’amena au roi. Mais il se trouva .que le Cousturier (ce nom lui est resté), animé d’un esprit qui était le Saint-Esprit, se montra tout à coup le digne ambassadeur de celui qui était le Roi des Rois.
I parla, il répondit, il répliqua, « accoustra en particulier la messe de toutes ses façons et couleurs.» Diane de Poitiers, l’odieuse sénéchalle, se trouvant dans la chambre du roi, en « voulut aussi sa ratelée. Maïs elle trouva son Cousturier qui lui tailla son drap autrement qu'elle n'attendoit. Car icelui, ne pouvant endurer une arrogance tant desmesurée en celle qu'il connaissoit estre cause des persécutions si cruelles, lui dit : « Contentez-vous, madame, d’avoir infecté la » France, sans mesler vostre venin et ordure en chose tant saincte et sacrée » comme est la vraye religion et la vérité de nostre Seigneur Jésus-Christ... » Le roi, furieux, ordonna qu’on hâtât le procès du Cousturier et jura d'assister à son supplice. Ainsi fut fait. Quelques jours après, à la fin d’une grande proces-
pauvres femmes détenues prisonnières pour la mesme cause de religion, que la faim et la vermine estranglèrent..…. La tante de ce bonhomme y estant retournée le lendemain voir comment il se portoit, trouva qu’il estoit mort ; et, lui dit Bussi, que si elle le vouloit voir, qu’elle le trouveroit avec ses chiens sur le rempart, où il l’avoit fait traisner comme un chien qu’il estoit. » Journal de Lesloile, édition Michaud, XIII, 2e série, p. 41.
1. Ce nom venait d’une maison de plaisance bâtie sur une petite éminence par le premier président de Popincourt, très connu sous Charles VI. Il y a encore une rue Popincourt. Et M. Douen précise le lieu où se tenait le prêche : «entre la rue de la Roquette et la rue de Ménilmontant. » (Paris protestant.)
sion de Saint-Paul à Notre-Dame, où l’on avait célébré la messe, « pour continuer la possession de ce nom et titre de très chrestien, » le roi fit brüler « certain nombre d’hérétiques sacramentaires !, » place Maubert, et en Grève, et aux Halles; et le Cousturier fut brûlé dans la rue Saint-Antoine, devant l'église Sainte-Catherine. Henri II, afin de mieux jouir du spectacle, était allé, vis-à-vis de la potence, dans l'hôtel d'Henri de Montmorency-Damwville, connu sous le nom d’hôtel de la Rochepot*. C'était une vaste demeure seigneuriale, fortifiée comme une prison, qui avait eu l’honneur, en 1540, de recevoir l’empereur Charles-Quint *. Le patient ayant aperçu le roi à la fenêtre, fixa sur lui son regard, pénétrant même à travers les flammes. Le roi fut contraint de quitter la fenêtre, de se retirer. Il lui semblait que ce regard le poursuivait, « et de grande appréhension il en fut quelques nuicts que ce spectacle lui venoit au devant, de sorte qu’il fit serment que jamais plus il n’en verroit ni n’escouteroit, et que ce plaisir lui avoit esté bien cher vendu *. » En apprenant ce qu’il appellait un acte d’insanité, Calvin n'avait pu retenir cette exclamation : « Veuille le Seigneur dompter par sa puissance une férocité aussi atroce. Amen *. »
En effet, la rue Saint-Antoine, théâtre du crime, devait être le théâtre de l'expiation.
Le 10 juillet 1559, en pleine mercuriale, Henri IT avait fait arrêter Anne du Bourg. C'était le jeune comte de Montgoméry qui avait été chargé de mettre la main sur l’intègre magistrat. Quelques jours après, le 29 juillet 1550, il y eut un grand tournoi, au bout de Îa rue Saint-Antoine, en face de cette Bastille d’où du Bourg pouvait « ouir les clairons, hautbois et trompettes du dict tournoy. » Le duc d’Albe y était, et le duc de Ferrare, Alphonse d’Este ; c'était splendide. Le roi, couvert d’une étincelante armure aux couleurs de la vieille Diane de Poitiers, après avoir combattu, selon les règles, ses trois assaïllants, eut une fantaisie, et força le comte de Montgoméry à courir encore une fois contre lui. Quelques minutes après, Henri était blessé mortellement à l'œil droit par un éclat de la lance du comte. La main, qui avait été obligée de violer la loi, avait été obligée de faire justice du violateur. Au bruit qu'on faisait, en transportant le blessé au palais des Tournelles, quand on repassa devant la Bastille, Anne du Bourg dut comprendre ce qui venait d'arriver. Quelques jours après, le roi était mort °.
4. Quittons la rue Saint-Antoine, où logeait (en 1572) Charlotte Arbaleste, bientôt la célèbre femme du célèbre du Plessis-Mornay. Laissons à gauche, dans la rue Saint-Paul, l’église de ce nom, qu'on appelait la « paroisse du roi, » à cause de la proximité du palais des Tournelles. En 1524, Caroli y expliquait, en
1. Lettre de Montmorency, 8 juillet 1549. (Bulletin, IX, 1860, p. 125); voir N. Weiss, La Chambre ardente. p. CXVII, ss. — 2. Parce qu’il avait appartenu à François de Montmorency, seigneur de Rochepot, frère cadet du connétable. — 3, Mémoires de la Socièté de Paris et de l'Ile-de-France, 1886, XIII, p. 6. « Paris en 1572.» — 4. Histoire des martyrs, I, p. 539. — 5. Opera, XIII, p. 333, 19 juillet 1549. — 6. Mémoires du prince de Condé, éd. Michaud, VI, p. 546. — Les grandes scènes historiques du XVIe siècle. (Tortorel et Périssin.)
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français, les épîtres de saint Paul ; et, dans le cimetière, Rabelais se fit enterrer. Il était mort le 9 avril 1553, dans la rue des Jardins, paroisse Saint-Paul.
Un peu plus loin, dans la rue des Nonandières ?, habitait le grand Budé; le premier président Harlay y prit ensuite son logement.
Entrons dans la rue de Ia Culture-Sainte-Catherine, (aujourd’hui rue Sévigné *). La première rue, à gauche, est la rue des Rosiers. C’est à l’angle de celle-ci et de la ruelle des Juifs que se trouvait la fameuse statue de la Vierge, brisée dans la nuit du 31 mai au 1° juin 1528. Ce fut l’occasion d’une procession colossale “, dirigée par François I‘, qui mit en place une nouvelle statue en argent. Celle-ci fut volée, en 1545, et remplacée par une statue en bois, qui fut de nouveau brisée par les hérétiques, dans la nuit du 13 au 14 décembre 1551. Nouvelle procession et pose d’une nouvelle statue, en marbre cette fois. « Ce monument en sculpture, où François I‘ est représenté, s'abrite au même lieu et n’a point été déplacé, » dit l'historien du XVIIT* siècle ?.
Un peu plus loin, dans la rue de la Culture-Sainte-Catherine, nous arrivons à la rue des Francs-Bourgeois qui la croise, à gauche, et va, dit Jaïllot, de la rue de la Culture-Sainte-Catherine à la Vieille-Rue du Temple. Elle n’est pas encore complètement bâtie des deux côtés. Le plus considérable des hôtels qui la décorèrent bientôt, « fut celui d’Albret, construit au XVI° siècle, sur cinq places de la Culture-Sainte-Catherine, qui furent acquises par le connétable Anne, duc de Montmorency. » Une aile existe encore”. C’est là que logea Jeanne d’Albret dans une de ses visites à Paris, et que naquit sa fille (9 février 1558), la sœur de
4. Hoffbauer, Bastille, Hôtel Saint-Paul, Arsenal, p. 8. — 2. C'est-à-dire des Nonnains-d’'Hyères, à cause des maisons considérables que l’abbaye du village d’Hyères y possédait. Dans cette maison une fontaine porta longtemps le nom de fontaine de Budé. (M. de Sainte-Foix, Essais hisloriques sur Paris, VII, p. 94.) — 3. Le nom vient de l’hôtel Carnavalet (aujourd’hui Musée Carnavalet) habité par la célèbre marquise. La façade fut bâtie sur les dessins de François Mansart, qui a conservé l’ancienne porte dessinée par Jacques Androuet du Cerceau. — 4. Cette procession a été racontée, d’après des documents officiels. Citons du Breuil et Malingre : « Ils partirent en cet ordre de l’Eglise de Saincte-Catherine-du-Val-des-Escolliers, à pied, et s’en allèrent par la grand’rue Sainct-Antoine, entrant par la rue des Rosiers, jusques au lieu où l’Image de la bienheureuse vierge Marie avoit esté rompue, au grand désonheur et mespris de Dieu et de la très sacrée et très digne mère, auquel lieu le Roy avoit fait faire un pillier de pierre, avec une armoire pour y mettre ladite Image de nostre Dame d'argent. Et y estoit un tabernacle fait à degrez pour monter à la dite armoire, tout couvert d’un tapis de Turquie, auprès duquel y avoit esté mise une table en forme d’autel, sur laquelle l’évesque de Lisieux mit l’Image d’argent, et incontinent le Roy et sa compagnie se mirent à genoux, et fit sa Majesté sa prière et les chantres de sa chapelle commencèrent à chanter l’antienne Ave regina Cœlorum, etc. Laquelle finie, ledit évesque de Lisieux dist la collecte Famulorum tuorum quæsumus, Domine, delictis ignosce, etc. Et ce fait, le Roy monta sur le tabernacle et osta l'Image qui avoit esté rompue, et après avoir baisé l’Image d’argent qu’il avoit fait faire, à luy baillée par ledit évesque de Lisieux, il la mit au lieu de l’autre en l'armoire, puis la baisa derechef, et ferma ladite armoire d’un treillis de fer, qui avoit esté approprié pour ce fait, puis sa Majesté descendit ayant des larmes aux yeux, et se mit à genoux et fit derechef ses oraisons. Et ce fait, sa dite Majesté bailla son cierge au Prévost de Paris, qui le porta et le mit en un chandelier qui estoit devant ladite Image. Et incontinent après, sa Majesté monta à cheval et se rendit au logis de messire Nicolas de Neufville, chevalier, seigneur de Villeroy, conseiller de sa Majesté et thrésorier de France, demeurant près du Louvre, où elle disna. » (Les Antiquilez de lu ville de Paris, o. c., p. 608.) — 5. Jaillot, Recherches sur la ville de Paris, 1772, II. — 6. Jbid., III, quartier Saint-Antoine, p. 76. — 7. À la place où se trouve le No7 de la rue des Francs-Bourgeois, et le No 23 de la rue de Turenne. C’est par cette rue qu’il faut entrer. L’appartement est occupé par une école de Frères.
Henri IV. En 1856, il y avait encore un salon du temps de la reine Jeanne, décoré de peintures et de panneaux en laque, et de glaces, auquel on n'avait point touché!. Aujourd’hui tout a disparu. Seules les pièces grandes, les portes larges, les boiseries nombreuses, la double descente de l’escalier dans la cour intérieure, indiquent encore qu'autrefois de nobles familles durent loger céans.
Au même moment, l’autre extrémité de la rue des Francs-Bourgeois (appelée rue de Poulise sur le plan de 1552) était occupée par Diane de Poitiers. Son hôtel (celui de son mari, le sénéchal de Brézé) n'était autre que l'hôtel Barbette, appelé aussi hôtel de la reine, parce qu'il avait été habité par Isabeau de Bavière, femme de Charles VI.
Le 23 novembre 1407, Louis d'Orléans, sortant de chez Isabeau, à huit heures du soir, avait été assassiné par ordre du duc de Bourgogne, tout près de l'hôtel même, devant l'emplacement actuel du marché des Blancs-Manteaux. Diane de Poitiers avait dignement succédé à Isabeau de Bavière. En 1561, les filles de Louis de Brézé et de Diane vendirent l’hôtel de leurs parents à des particuliers qui le démolirent en partie, et on perça sur son emplacement la rue Barbette actuelle. Une élégante tourelle (à l'angle de la rue des Francs-Bourgeois et de la Vieille-Rue-du- Temple) et une fenêtre à côté, indiquent seules aujourd’hui la demeure de celle qui fut « Ia maitresse d'Henri II et de tout le royaume*. »
La Vieille-Rue-du-Temple nous conduit à la maison isolée qu’'habitait, à l'extrémité du Marais, messire Pierre de la Place. Tout jeune, il avait rencontré Calvin à Poitiers, et la bonne semence avait germé dans le bon terrain de son honnêteté et de son intelligence. I était devenu premier président de la Cour des aides et avait rendu les services les plus signalés à la couronne et au pays. C'était une victime désignée pour la Saint-Barthélemy. Des archers viennent
1. Ernest de Fréville, Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, 1857, p.125. — 2. Sauval, Histoire et recherches des antiquités de la ville de Paris, 1724, Il, p. 235. — Albert Lenoir, Statistique, o. c., p. 256.
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