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à la volaille. (p. 324.)
Le Le premier est un hôtel, terminé précisément en 1530, et {ll que Calvin a vu tout neuf. Peut-être il y est entré. Qu'est-ce? À « Au milieu de la recherche italienne qui commence à se répandre de tout côté, cet hôtel se présente comme un anachronisme, avec ses lignes sévères, et ses pignons empruntés aux usages flamands. » On dirait d’un sévère huguenot dans la foule des brillants seigneurs catholiques, maison de Diane de Poitiers, maison d’Agnès Sorel, maison de François!I®. Etc'est'exactement cela (Pazes320et32r) Celui qui a fait bâtir cet hôtel (aujourd’hui la mairie), était le baïlli Jacques Groslot, homme influent et de mérite”. Les colonnades, les sculptures gracieuses,
1. Opera, Xb, p. 26. — 2. « L'office de bailli fut, l’an 1522, disjoinct d’avec celuy de gouverneur, et fut pourveu d’iceluy... Messire Jacques Groslot, chevalier, docteur ès droits, seigneur de Chamboudouin, Conseiller du Roy en son grand Conseil, chancelier de la Reyne de Navarre, chancelier d'Alençon, baïlly de Robe-Longue. » (Le Maire, I, p. 371, 392.) Le 7 décembre 1526, Gérard Roussel annonce à Farel, que Marguerite enverra prochainement le baïlli d'Orléans à Paris, pour se faire délivrer une somme dont Farel est héritier. (Herminjard, I, p. 458.) « Quand le Roy François Ier bailla à son fils François le duché d'Orléans en apanage, 1544, le baïlly Groslot fut juge des exempts et cas royaux. » (Le Maire, I, p. 342.) — L'année suivante, Jacques Groslot se démit de ses fonctions en faveur de son fils, Jérôme Groslot, qui fut confirmé dans ses charges, par le roi, les 12 et 20 juin 1545. (Le Maire, I, p. 342.) C'était « un homme vertueux, amateur du bien et repos public, ennemy de la tyrannie, des factions et entreprises turbulentes, comme aussi esloigné de toute ambition: chose rare de ce temps ès hommes constituez en telles dignitez; ce qu'on louait doublement en luy, à cause que sa dextérité aux deux robbes luy promettoit de fort grands avancemens aux honneurs, s’il les eust voulu cercher, et prendre partie. » (La Planche, Histoire de l'Estat de France sous le
fantastiques, les emblèmes armoriaux ne convenaient pas à la demeure de ce partisan déclaré de la Réforme religieuse. C’est un historien d'Orléans, pas sympathique aux protestants, qui l’a dit: « Tout ce qui appartenait au baïlli Groslot devait être imposant comme sa personne ; on devait deviner l'hôte à l'aspect de sa demeure. » De plus le baïlli n’avait-il pas à compter avec la haïne, les menaces des adversaires ?
L'architecte a su tout dire avec ses pierres. « Deux corps de logis parallèles accompagnent une seule cour et avancent solidement leurs pignons sur la place. Au fond le bâtiment principal, de dimensions modestes, se retire encore entre deux ailes saillantes, coiffées de trois autres pignons, et de deux lucarnes à consoles et encore à pignons. L'ensemble de ces sept pointes, posées sur trois plans divers, est majestueux et sombre. »
Et puis pas d’ornements qui troubleraient l'effet. La pierre elle-même, dont la blancheur délicate pourrait avoir trop d'élégance et d'éclat, est, en général, remplacée par la brique au rouge foncé. En bas, les fondements sont en grosses pierres, trouées, vermiculées, ce qui leur donne un aspect noir et robuste.
Evidemment le bailli Groslot entend se faire respecter. Tout comme un gentilhomme il tient la main sur la garde d'une épée.
Et cependant il n’est pas ennemi de l’art. Un perron conduit à deux portes, mais ouvertes dans les deux ailes latérales, de telle façon que pour celui qui arrive, en face, elles sont d’abord invisibles. La maison paraît sans entrée; seulement quand on a gravi le perron, à droite et à gauche, on voit chaque porte, armée d’un chambranle à festons, d’une corniche très saillante soutenue par deux cariatides sculptées en plein relief: un homme les bras croisés et accoudé, une femme les bras levés sur la tête. L'homme n’a que le buste, la femme a le corps sortant d’une gaine, le tout avec assez de beauté pour qu'on ait pensé à Jean Goujon, lequel débutait en 1530". (Page 321.)
Dans cet hôtel, dont les pierres disent encore si éloquemment, à ceux qui comprennent leur langage, les idées de celui qui le fit bâtir, ont successivement logé François II (le mari de Marie Stuart : il y mourut pendant qu'il faisait instruire le procès des princes protestants), Charles IX (venu pour les fameux Etats généraux de 1560, où les protestants demandèrent l'instruction obligatoire),
règne de François II, 1576, p. 627.) — En 1560, Jérôme Groslot fut emprisonné, en même temps que le prince de Condé : et, comme lui, il fut délivré par la mort du roi François II. — Il aurait facilité, en 1567, l’entrée de La Noue à Orléans. En tout cas, « a cause qu’il estoit la sauvegarde des assemblées des huguenots » (de la Planche, p. 628), il fut destitué en 1568. L’intolérance triomphant, le 29 mars 1570, le Parlement de Paris le déclara « pour la seconde fois, criminel de lèse-majesté, au premier chef, » le condamna à mort, et confisqua ses biens, (Le Maire, I, p. 345.) L'arrêt fut révoqué. Et en septembre 1571 c’est chez lui, dans son domaine « au lieu dit de l'Isle, à deux petites lieues d'Orléans » que les protestants tinrent leurs assemblées, fondées par Toussain. (Jbid., p. 349.) — Jérôme Groslot périt l’année suivante, à Paris, à la Saint-Barthélemy. Son assassin était Coraillon, qui avait aussi participé au meurtre du président la Place et qui s’était distingué en accablant des plus lâches insultes les cadavres de ses victimes. Coraillon, devenu le doyen des sergents de Paris, vivait encore à la fin du siècle, (Bulletin, XV, 1866, p. 20.) — Voir encore dans la France protestante (1e édition) l’article Groslot. 1. De Buzonnière, II, p. 216.
Henri IN, Henri IV, Catherine de Médicis, Marie Stuart, Louis de Condé, maître de la ville en 1562. C’est toute l’histoire de la région et de la France au XVI° siècle.
Enfin notre pèlerinage archéologique nous conduit devant la maison du Marché à la volaille. (Page 322.) Elle ressemble fort à la maison dite de la Coquille, ce bijou de la Renaissance, qui se dresse encore un peu plus loin : colonnes d'ordre corinthien, croisées, croisillons, petits pilastres, en bas une petite et une grande porte, le tout très riche, mais d’un goût qui commence à ne plus être pur.
Or c’est ici, selon la tradition, que se réunit l'assemblée dans laquelle les protestants résolurent de célébrer pour la première fois leur culte en public!.
La décision fut heureuse. Le protestantisme « pullula, » selon l’expression du temps. Et Orléans devint le boulevard du calvinisme. Dans les vieilles rues, à Calvin succédèrent Th. de Bèze, Condé, Coligny, et, pour l’historien, Orléans restera la ville de Jeanne d'Arc et la ville des Huguenots.