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de Ia rivière aux environs de 40 à 50 pieds de sa base, et à la distance de vingtcinq toises. » Il se dresse au centre d’un large coude de la rivière, ce qui permet de voir l’eau s'étendre en aval et en amont. La chute, près du moulin, fait entendre le même bruit monotone, et en face s'étend la même plaine gracieuse, bordée par les
mêmes collines," et tou- LA |
Plan de l'Abbaye de Clairac .
jours couverte par des arbres fruitiers.
Et puis il y a toujours DOTE D les terrasses qui dominent la rivière et descendentivensselle’ent une pente rapide, tapissée DRE d'arbres et d’arbustes, E . Maison Va D
B. Eglise et Tour .
E . Maison des religieuses .
où chantent les oiseaux.
I y a, au coin, la vieille tour ronde (Page 423), aux murailles énormes, couvertes de lierre, « tour, dit le plan, où est le logement de abbé; dans la dite tour, il y a une belle chambre avec son alcôve et cabinet. »
Clairac. Plan de l’Abbaye d’après l'original de 1792 !. (p. 416.)
Là, causèrent peut-être Roussel et Calvin, il y a trois siècles.
Au-dessous s'étendent les grandes caves, dont les voûtes sont parfaitement solides. Le beau cellier du couvent est encore plein de tonneaux bien rangés, et on s’attendrait à voir quelque frère sortir de ces ombres à moitié transparentes. Les caves se terminent par un réduit dont la porte, en chène, doublée, conserve intacts ses serrures et son petit trou carré pour faire passer un morceau de pain: c’est la porte du cachot, « cachau dans la tour à tenant la prison ; au dessous du dit cachau est une basse fausse, même grandeur.» La basse-fosse est aujourd’hui presque comblée. Peut-être n’était-ce pas une oubliette, et n’avait-elle d'autre but que de laisser atteindre une petite porte ouvrant sur la rivière. Quoi qu'il en soit, un bon cellier et un bon cachot, voilà ce qui a été le mieux conservé. Or n'est-ce pas là précisément ce qui symbolise, aux yeux du dix-neuvième siècle, le monachisme, et le rend méprisé et odieux ?
Ces mêmes fondations soutenaient des bâtiments qui ne sont plus, mais soutiennent des bâtiments qui rappellent bien facilement ceux qui étaient. Voilà
1 Ce plan, dont nous devons la communication à l’extrême obligeance de Madame de la Corrège, à qui appartient aujourd’hui l’abbaye, porte les indications suivantes : « Plan général de tous les batiments en masse, jardin, cour, place et terrain, que compose l’abbaye de Saint-Jean-de-Latran, sur le bord du Lot, à Clairac, département de Lot-et-Garonne. A Clairac, le 15 Xbre 1792, l’an premier de la république française, Liasinthe La Clotte fils, architecte. » — A propos de la tour: « Tour où est le logement de l'abbé; dans la ditte tour, il y a une belle chambre avec son alcôve et cabinet — longueur 4toises, 2pi., largeur 2toises, 3pi., 6po., » — A propos des caves : « Cave et prison, au desous des salles d’entrée.. Petit cavau a tenant; autre cave à la suite; à la suite un petit escalier, pour le servisse des caves. Prison à la suite expozé au midy. Cachau dans la tour à tenant la prison, en carré 2toises, 4pi.; au dessous du dit cachau est une basse fausse même grandeur. »
la maison des vicaires, voilà les couloirs, les corridors, même les galeries avec leurs arceaux.
Pour le cloître moderne on n’a restauré que deux côtés de l’ancien; mon imagination achève la reconstruction... C’est au beau soleil levant, bien à l'abri, en face de cette vue délicieuse, ou plutôt au sein dé /cettemravissante : A nature, en fête de recom-
mencer son printemps.
A travers les murs de l'église, on entend la petite cloche de l'enfant de chœur. Que de moines ici se promenant, sou-
cieux ou distraits, gros-
siers ou pieux, l'ont entendue! Si elle sonnait encore la messe à sept points, introduite par Roussel ! — Hélas! de l'abbé, ami de Calvin, il ne reste plus rien. Le cachot et le cellier rappellent le mauvais monachisme. Qu'est devenu le bon ?
Je passe derrière le chevet. Voilà tout ce qui représente l’ancienne église (Page 419) : la tour carrée, flanquée en bas d’une gracieuse absidiole, surmontée là-haut d'une petite tour de veilleur, qui se détache sur le ciel bleu, vide et abandonnée.
Et cependant Calvin, dans ses conversations de Clairac, avait certainement bien averti Roussel. Ces avertissements furent plus vifs et plus solennels encore un peu plus tard, lorsque celui-ci se laissa nommer, par Marguerite, évêque d'Oloron, 1536. ;
A cette nouvelle, Calvin, qui était à Ferrare, eut comme un accès d’indignation. Avec émotion il lui rappelle leur vieille amitié. « Il m'a semblé pour la mémoire de nostre cognoissance ancienne et amitié presque fraternelle, que je ne devoye point dissimuler à mon escient..….. Je ne te céleray donc rien en cest affaire, et pour la dernière fois te rendray le devoir et tour d’amy tel que mérite (comme je pense) le lien de notre familiarité !. »
Un peu plus loin, après avoir dit qu'il ne le soupçonne point « de désirs désordonnés, » mais seulement « d’une lourde et dangereuse oubliance, » 1l parle
Clairac. Vue actuelle de l'Abbaye. (p. 416.)
de ceux qui reçoivent bien les remontrances salutaires, et il ajoute : « Du nombre desquels, très cher amy, je ne fay point difficulté de te mettre, tant à cause de l'excellence de ton esprit, si bien doué de nature et exercé en la cognoissance des bons arts, qu'aussi pour ce que je m'asseure qu’il y a encores en toy quelque