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LA VIE DE CASSIEN

On ne peut savoir, d’une manière certaine, ni en quelle année de la seconde moitié du quatrième siècle, ni dans quel pays naquit Jean Cassien?. Il appartenait à une famille riche et distinguée par sa piété’, qu'il quitta de bonne heure, puisque, jeune encore, il était

Voy. Joannis Cassiani opera omniæ, cum commentarüs D. Alardi Gaïei. Lips. 1733, in-folio. — Wiggers, De J. Cassiano Massiliensi, qui semipelagianismi auctor vulgo perhibetur, Comment. IIT, in-40. Rost. 1824-1825. — L. F. Meyer, Jean Cassien, sa vie et ses écrits. Strasb. 1840. — D. Ceillier, Histoire littéraire de la France, t. XIV. — Tillemont, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique des six premiers siècles, t. XIV, p. 157 et suiv. — Du Pin, Nouvelle bibliothèque des auteurs ecclésiastiques , t. IV, p. 14 et suiv. — Histoire littéraire de France par des religieux bénédictins, t. Il, p. 215 et.suiv. — Baillet, 74e des saints, t. I]. p. 343 et suiv. — Thiersch, Encyclopédie de Hertzog, t. WW, p. 601 et suiv.

*Quelques-uns, le cardinal de Noris entre autres, prétendent qu’il était Gaulois et natif de la Provence. Honoré d’Autun, croit qu’il.était Africain (natione afer) , et Guesnay qu’il était Athénien (Tillemont, loc. cit.). Mais la plupart des historiens, s'appuyant sur un passage de Gennade : natione fuit Scytha (De script. eccl., e. 61), pensent qu’il était originaire de la Petite-Scythie, province de Thrace. D’après Wiggers (ouvr. cit., p. 7), Gennade aurait cru, mais à tort, que Cassien était né en Égypte, et par le mot Scytha aurait désigné le désert de Scété, qu’on appelait aussi Seythia. Aucune des preuves alléguées par ces divers auteurs ne nous a paru concluante.

* Cass., Coll., XXIV, 1.

déjà dans un monastère, à Bethléem!. C’est là qu’il se lia d’une étroite amitié avec un autre moine, appelé Germain?, peut-être son parent, en tout cas son compatriote®, Désireux l’un et l’autre de se perfectionner dans la connaissance et dans la pratique de la vie monastique, et leurs chefs leur ayant permis, mais non sans hésiter, d’aller passer quelques temps en Égypte#, ils partirent par mer, abordèrent à Thennèse et visitèrent successivement les monastères de la Thébaïde et du désert de Scété, s’entretenant avec les Pères sur les devoirs de la vie monastique et prenant part à leurs exercices et à leurs dévotions. Bien qu'ils eussent promis, en partant5, de ne pas trop prolonger leur absence, ce ne fut que sept ans après qu'ils revinrent auprès de leurs frères à Bethléem; encore ce ne fut pas pour y rester longtemps. La même année ils repartirent pour le désert de Scétéf, où ils étaient encore lorsqu’une lettre pascale de Théophile, évêque d’Alexandrie, dans laquelle il combattait les idées anthropomorphiques des moines d'Égypte, vint jeter le trouble dans les monastères. Mais en 405 ils étaient à Constantinople. À quelle occasion y étaient-ils venus? Étaient-ils du nombre de ces moines égyptiens qui, ayant pris le parti d'Origène contre l’évêque d’Alexan-

*Inst., II, 4; IV, 84. Il n’est pas vraisemblable que ce soit le monastère fondé par saint Jérôme.

? Coll., XNI, 1.

3 Coll., XIV, 12.

4 Coll., XI, 1. Ce voyage se fit probablement vers l’an 390, quand Cassien avait vingt-cinq ou trente ans (Tillemont, oc. cit.).

5 Coll., XVI, 5.

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