‹ Jean Dacier; drame en cinq actes, en versChapitre 26 sur 88 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

Il faut que le soldat unisse dans son cœur

La bonté patiente à la mâle vigueur,

Et l'humanité douce à la vertu stoïque ;

C'est peu d'être vainqueur, il faut être héroïque ;

Il faut savoir donner et recevoir la mort

Sans haine, au meurtrier pardonner sans effort ,

* Accepter le trépas comme une délivrance ,

* Aimer son assassin, mépriser la vengeance.

* Ce sont de lourds devoirs et d'austères vertus,

* Que n'auraient pas tous ceux qui se sont bien battus.

* La bravoure souvent naît du péril extrême ;

* Mais il est malaisé de se vaincre soi-même. C'est là que le combat est rude. — C'est pourquoi Je t'ai fait revenir et j'ai compté sur toi.

C'est une tâche ingrate, obscure et périlleuse, Peu faite pour tenter la valeur orgueilleuse; Mais la France en péril ne te de^Ta pas moins Qu'à ceux dont le mérite a cent mille témoins. Cependant, si ce prix te paraît trop modeste, On se bat sur le Rhin , tu peux partir.

JEAN

Je reste.

Va ! tu me connais bien; j'ai beau vivTC et souffrir, Je garde un cœur d'enfant qui ne sait pas haïr, Et ce cœur tout entier frémissait à l'idée D'être l'exécuteur de ma pauvre Vendée !.. Mais s'il ne s'agit plus que de la protéger Contre le fanatisme et contre l'étranger ; Si la Convention, sous ses décrets terribles, Nous permet quelquefois d'être humains et sensibles,

J'accepte avec orgueil ma part de ces combats, Et de ton amitié tu ne rougiras pas.

Mais nous avons assez parlé de politique, Hier, demain, notre temps est à la République.. Aujourd'hui l'amitié nous réclame à son tour ; Et c'est pour préparer un triomphe à l'amour. — Salut aux fiancés !

Page 1