LES MÊMES, JEAN, MARIE
JEAN, à Marie.
Vous pouvez, sans terreur, entrer dans cette salle : Vous n'y trouverez rien qu'une amitié loyale Qui, de l'horrible mort prête à vous enlever. Vous supplie à genoux de vous laisser sauver.
BERTHAIT.
Vos amis ne vous ont pas tous abandonnée, Madame, en vous voyant captive et condamnée. Un d'eux, au moins, vous reste ; et le destin voulut Mettre en ses mains, pour vous, un moyen de salut.
MARIE, à part.
Des amis dévoués veillent sur votre vie : Si vous ne voulez pas qu'elle leur soit ravie.
Quel que soit l'accideût qui vous puisse arriver, Laissez faire le Ciel, qui voudra vous sauver...
(A. Berlhaut.)
Et... ce moyen ?..
BERTHAUT
Dépend de votre cœur, madame :
Ce généreux soldat veut vous prendre pour femme ; Et, réclamant le prix d'un service récent, Du sang qu'il a versé racheter votre sang.
Acceptez !
MARIE, à part.
Je comprends !.. Raoul me tient parole. Oui, tout est préparé ; Jean, pour moi, joue un rôle ; Ceux-là sont achetés ou dupes.
BERTHAUT , à Marie.
Voulez-vous Vous sauver, en prenant cet homme pour époux ?
MARIE
Je le veux.
BERTHAUT
Songez bien qu'en l'épousant, madame.
Vous vous donnez à lui, toute : le corps et l'àme ; Vous perdez votre nom, vous brisez les liens De vos anciens devoirs pour embrasser les siens.
MARIE
J'y consens,
BERTHAUT
Quelque part qu'il lui plaise de vivre, Sans murmurer jamais, vous jurez de le suivre.
(Marie fait signe que oui.)