SCÈNE PREMIÈRE
BADDRU, AXTONIA.
BAUDRU, allumant le feu.
Ah! voilà que ça prend!., c'est encore une chance Que l'on ait retenu ce logement d'avance. Jean ne se doutait guère, en venant essuyer Les traces de la route auprès de ce foyer, Qu'il y ramènerait, dans la même journée, Une femme.
▲NTOXIA, prenant du linge sur une table et le rangeant dans le placard.
Ta tâche est-elle terminée?
BAI DR r.
J'ai battu les fauteuils..., secoué les rideaux...
ANTONU.
C'est bon : ôte tes mains de derrière ton dos, Et viens m'aider.
BAl'DRU.
A quoi ? Ce n'est pas mon ouvrage.
Et puis, si près de toi, je n'ai pas le courage De travailler longtemps sans t'embrasser.
ANTOMA, lui mettant une pile de linge sur les bras.
Voyons, Lève-moi tes grands bras jusques à ces rayons, Et prends garde de rien déplier.
(Baudru laisse tomber la pile.)
— Oh 1 ces hommes, Que c'est donc maladroit !
BAUDRU, les bras chargés de linge.
Antonia, nous sommes Mariés.
ANTONIA
Je le sais. — Pose-moi là ces draps.
BAUDRU
Mais j'aimerais mieux employer ces deux bras. Ma chère, à t'embrasser.
ANTOMA.
Embrasse, mais dépèche.
Allons!..
BAUDRU, l'embrassant.
Ta joue est douce, on dirait d'une pêche.
ANTONIA
Mets les serviettes là... gourmand!.. Ils vont venir.
BAUDRU
Bah ! nous avons le temps.