ACTE TROISIÈME
ANTOXIA.
Veux-tu te taire !
(A Marie.)
Venez, Madame. — Dieu! vos doigts sont tout glacés. Mettez-vous près du feu. Reposez-vous ; laissez Les tristes souvenirs au temps qui les emporte. Lorsque vous me voudrez, nous logeons porte à porte. Vous n'avez qu'à frapper : toc, toc, et me voilà.
MARIE
Vous êtes bonne, vous.
AXTOMA.
Bah! qu'est-ce que cela?
Je ferai mieux : je veux vous voir heureuse et gaie.
MARIE
C'est bien difficile.
ANTONIA
Oh ! VOUS êtes fatiguée.
Ce soir, vous voyez tout sous de sombres couleurs, Parce que vos beaux yeux sont obscurcis de pleurs ; Mais le soleil levant frappe votre fenêtre : De son premier rayon la douceur vous pénètre, Et c'est un cadre d'or fait pour votre beauté.
MARIE
Vous aurez du bonheur, et l'aurez mérité ; Pour moi, je ne sais pas ce que la destinée Me garde, et si je dois bénir cette journée ; Mais, quel que soit le sort qui me soit réservé, Je n'oublierai jamais ce qu'en vous j'ai trouvé
6i JEAN DACIER.
De grâce et de douceur. J'avais pris l'habitude De la douleur, de l'ombre, et de la solitude; Mais vous me saluez d'un sourire vermeil ; Mon cœur s'ouvre, et c'est vous le rayon de soleil ; Merci.
BAUDRU
La citoyenne a l'air d'être un peu lasse.
MARIE
A vous garder ici j'aurais mauvaise grâce.
ANTON! A
Mais...
MARIE
Oh ! je vous en prie.
(A Baudru.)
Et VOUS, monsieur, merci.
BAUDRU
Citoyenne, le bras est bon, le cœur aussi : Et, d'ailleurs, il suffit que mon ami vous aime Pour que je sois à vous juste autant que lui-même.
JEAN, à Baudru.
Va-t'en, va 1
ANTONU, à Marie.
Nous partons ; mais vous, en attendant, Vous ne pleurerez plus ?
MARIE
Non.
ANTONLA, à Jean.
Bonjour, commandant !