SCÈNE IV
UARIE, seule.
Sa femme !.. Voilà donc la grâce qu'ils m'ont faite. Leur justice à ce prix se trouve satisfaite ; Leur pitié n'eût pas cru, sans doute, exiger trop. En m'offrant le salut dans les bras du bourreau. Pourquoi pas ? Ma folie eût dit : « Oui ! » tout de même.
— Sa femme !.. Il ne ment pas quand il prétend qu'il m'aime ; Ses yeux, mieux que sa voix, me disaient son amour.
— Grand Dieu ! qui m'aurait dit que je devrais, un jour, M'entendre révéler, le cœur plein d'épouvantes,
Un amour dont, naguère, eussent ri mes servantes !.. Que faire ?.. fuir?., mais où?., sans secours, sans appui, Je puis tomber aux mains d'hommes pires que lui...
— a Je ne franchirai plus le seuil de cette porte... » M'a-t-il dit... — Eh ! tînt-il sa promesse, qu'importe !.. De quel front reverrais-je, après un jour passé
Sous ce toit, nos amis, Raoul mon fiancé?..
— Raoul... Quoi I... Ce billet n'était donc qu'imposture !.. J'ai pourtant reconnu la main, la signature...
— « Quel que soit l'accident qui vous puisse arriver, « Laissez faire le Ciel, qui voudra vous sauver. » — Hélas ! j'ai laissé faire... et maintenant... sa femme ! Toujours ce mot... toujours, partout l'horrible trame !..