ACTE QUATRIEME. 8S
BAL'DRU , montrant la porte de droite.
Il est là , dans sa chambre.
BERTHAIT.
Avec sa femme ?
BAUDRU
Ah oui !
(Montrant la porte à gauche.)
La citoyenne est là , chez elle... et, pour son âge, Il a là, sauf respect, un singulier ménage.
BERTHAIT.
Songe à ce qui te touche, et va me le chercher.
(Baudru sort à droite.)
J'ai prévu ce malheur, et n'ai pu l'empêcher. SCÈNE III.
BERTHALT , JEAN , BADDRU.
JEAN
Berthaut?
BERTHALT.
Oui.
(A Baudru.) Laisse-nous. (Baudru sort au fond.)
JEAN
Quelles nouvelles?
BERTHAIT.
Graves.
Bonnes?
BERTHAUT
Bonnes pour nous; bonnes pour tous ces braves Qui vont enfin sortir de l'immobilité Qui brise leur courage et leur activité. Mais c'est encor pour toi qu'est la meilleure chance : C'est par ton bataillon que la lutte commence ; A toi les premiers coups et le plus grand honneur. Voici l'ordre... Tu vois, je te porte bonheur.
JEAN
Ainsi, c'est pour demain.
BERTHAUT
Oui. Demain, à l'aurore, Ton approche surprend l'ennemi, qui l'ignore. Tout le sort de l'armée est presque dans ta main ; Aussi, je suis tranquille, et nous vaincrons demain.
JEAN
C'est vrai : j'ai du bonheur.
BERTHAUT
Tout est prêt, je suppose?
JEAN
Tout!
BERTHAUT
Tâche de dormir alors , cela repose :
Et tu n'auras pas trop de toute ta vigueur.
Sois tranquille, je vais me battre de bon cœur.