‹ Jean Dacier; drame en cinq actes, en versChapitre 60 sur 88 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

',Berihaut sort au fond.)

JEAN , Mul. •

Dormir... Demain peut-être, Je dormirai... la terre est froide... on y doit être A l'abri de la fièvre et des songes de feu. — Mourir!., s'en aller seul dans l'ombre, et dire adieu Au soleil , à l'amour , aux ardentes caresses ! Laisser tomber la coupe, encor pleine d'ivresses, Et qui n'a pas touché mes lèvres!.. Mourir... non, Je ne veux pas mourir ainsi! Si le canon, Si les balles sont las de me manquer sans cesse , Il me reste une nuit , une nuit de jeunesse , Toute une nuit d'hiver pour vivre et pour aimer. Éclate enfin, mon cœur, c'est trop te comprimer! Va î bondis ! mets du feu dans le sang de mes veines ; Et chasse loin de moi les timidités vaines ! Loin de moi , loin de moi ce respect insensé Qui fait de mon amour un jouet méprisé ! Fils de la veille austère autant que de l'orgie , Désirs fous , donnez-moi l'audace et l'énergie, Et si je dois tomber, à l'heure où l'aube luit, Je veux aimer, du moins, et vivre, celte nuit !

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