‹ Jean Dacier; drame en cinq actes, en versChapitre 62 sur 88 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

JEAN

Ce serait Un heureux accident qui vous délivrerait.

MARIE

Je u ai pas dit cela.

JEAN

Votre regard le crie.

— Il faut me pardonner, ce soir, ma brusquerie : Je souffre.

MARIE, avec inUrét.

Blessé ?

JEAN

Non. — Plût à Dieu! — C'est au cœur Qu'est la douleur profonde, âpre, le mal vainqueur. Ah ! vous comprenez bien ce que je veux vous dire !

Trop bien!

JEAN

. Madame...

MARIE

Un mot de plus, je me retire.

JEAN, a\ec colère.

Non, restez! je le veux. — (Doucement.)

Je vous en prie! — Hélas!

Vous êtes sans pitié : je souffre, je suis las , Je suis triste ; demain peut être un jour suprême ; Et vous m'appartenez pourtant, et je vous aime ! Est-ce un crime si grand de vouloir, moi, l'époux, Reposer, un instant, mon front sur vos genoux?

MARIE

Vous pouvez ordonner.

JEAN

Je le devrais peut-être.

MARIE

Je suis entre vos mains, et vous êtes le maître !

JEAN

Vous me haïssez bien !

MARIE

Non, j'ai pitié de vous, Gar vous devez souffrir. — Hélas ! nous souffrons tous.

Vous souffrez, et c'est moi, c'est moi !..

MARIE

Non, c'est la vie:

Par bonheur, elle est courte, et de repos suivie.

JEAN

Sans moi, vous souririez.

MARIE

Je ne vous en veux pas.

Vous avez vos douleurs, vos luttes, vos combats. Vous m'aimez, je le crois ; et moi, je vous assure Que je voudrais pouvoir guérir votre blessure.

JEAN

Vous le pourriez d'un mot.

MARIE

Mais ce mot ne serait

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