ACTE PREMIER
Non ! .monsieur.
LE COMTE
A quoi donc, alors?..
lEkV.
Je ne pourrais Vous répondre, monsieur.
LE œHTE.
Oh ! garde tes secrets !..
Point de lettre au château ?. .
JEAN
Je ne saurais vous dire.
Monsieur.
LE COMTE
Tu ne sais rien. A quoi te sert de lire?.. Vas-y voir.
JEAN
Oui, monsieur.
LE COMTE
J'attends ici. (Jean n^u- imnionuc.)
— C'est tout.
(Jean sort.) MARIE.
Qu'a-t-il donc?..
LE COMTE, regardant s'éloigner Jean.
Je ne sais. Il resterait debout, Comme cela, muet, durant une journée.
Quel singulier garçon ! Son âme est dominée
Par je ne sais quel rêve étrange à concevoir. Je l'ai vu tout petit, vif et charmant à voir ; De notre bon curé, pris par sa gentillesse, Il apprenait à lire en lui servant la messe; Puis il est devenu sombre, rêveur, distrait ; On le trouve souvent seul, en pleine forêt. Des plus obscurs taillis cherchant le voisinage. Il n'est pas amoureux, chose étrange à son âge ! J'en suis fâché, vraiment ! Gela l'éveillerait.
MARIE
Je crains plutôt pour lui qu'il n'adore en secret Quelque fille des champs, plus ou moins bien tournée, Dont son cœur amoureux fait une Dulcinée.
LE COMTE
Qui vous fait croire ?..
MARIE
Oh ! rien... et tout. — Fiez-vous-en A mon instinct de femme. — Et tenez ! en passant L'autre jour, par hasard, dans la bibliothèque, Je trouve maître Jean, grave comme un évêque, Accoudé sur un livre, et ma foi ! des meilleurs...
LE COMTE
Le drôle !..
MARIE
Calmez-vous. Je l'ai grondé. D'ailleurs, Il était si troublé, si confus, si coupable, Que je n'ai pas jugé la faute impardonnable,