JE.V.X
C'est un rôve !
MARIE
Pourquoi ?
Nul homme n'est meilleur et plus noble que toi. Je t'aime !
4îS JEAN DACJER.
JEAN
Depuis quand ?
MARIE
Que t'importe ? je t'aime.
N'est-ce donc pas assez de le dire moi-même ? Faut-il te raconter, avec de longs détours, Comment se lève en nous l'aurore des amours ? Soit I — Je t'ai vu, la fièvre au front, l'âme brisée, Mettre à mes pieds ton cœur, ta haine maîtrisée , Et ne voir, en celui qui venait te braver. Qu'un homme entre tes mains, que je voulais sauver. Tu l'as dit, — pour jamais mon cœur se le rappelle : — « La victoire est clémente , elle en devient plus belle ! » Oui, c'est un piédestal superbe et surhumain Qu'un vaincu sous ses pieds, auquel on tend la main. Je t'aime pour m'avoir à ce point adorée D'avoir cru près de toi ma présence sacrée , Et d'avoir, à mes pieds , comme sur un autel , Sacrifié l'éclat de ton courroux mortel. Je t'aime d'avoir eu cette douceur exquise De vouloir m'obtenir, après m'avoir conquise ; De m'avoir faite libre, et permis que mon sort Appartint au plus digne, et non pas au plus fort ; D'avoir bravé pour moi la foudre et l'anathème... Et si je t'aime enfin, c'est surtout... que je t'aime ! Me crois-tu maintenant ?
JEAÎÎ.
Non, je ne vous crois pas.
Vous voulez m'adoucir l'angoisse du trépas,