LES MÊMES, BAUDRD, BERTHAUT
MARIE
Oh ! laisse-moi te suivre, en bas, jusqu'à la porte. Tiens, je ne pleure pas; vois mes yeux, je suis forte. Laisse-moi, je t'en prie! hélas! pour quelques pas.
JEAN
A quoi bon prolonger nos douleurs ici-bas ? M'aimez-vous?
MARIE
Si je t'aime!
JEAN
Eh bien ! soyez bénie !
Je fais le premier pas dans la route infinie :
Vous m'y retrouverez ! (Il »e dirige vers U porte.) BAt'ORU, lui baisant la main.
Mon commandant!
JEAN
Berthaul!
if» . JEAN DACIEK.
BERTHAL'T, l'embrassant.
Va , mou fils ! tu meurs bien !
MARIE
Jean!
MARIE
Courage! à bientôt.
(Ils sortent.)
(Elle s'élance pour les suivre; Baudru l'arrête sur le seuil de la porte. Elle recule et vient tomber à genoux au milieu de la scène.)
Oui, j'irai te rejoindre ! oui, bientôt, je l'espère,
Vous me rappellerez, ô mon Dieu! notre père!
Au pied de votre trône aux célestes degrés,
Dieu grand ! Dieu fort ! Dieu bon ! vous nous réunirez !
Alors, vous n'aurez plus pour nous, Dieu tutélaire,
Qu'un regard de clémence, et non plus de colère.
Il sera là, vivant, des anges salué!..
Jean!., à toi!., toujours!.. (On entend un feu de peloton.)
— Ah ! c'est moi qui l'ai tué !