Lettre XXII, fol. 8, v
Dans son article, M. Delisle prouvait que ces expressions élogieuses n'étaient pas de ces flatteries détestables que les humanistes du xvi" siècle avaient malheureusement l'habitude d'adresser aux artistes ^, mais qu'elles avaient un fond de vérité. Jean de Candida, qualifié orator — appellation qui, dans le langage de l'époque, signifie ambassadeur — avait, en effet, représenté Charles VIll à Rome en 1491; il avait été pensionné par le roi de France et, d'après la lettre déjà citée, on pouvait lui attribuer au moins l'une des deux médailles de Robert Briçonnet, la charmante pièce d'Antonio Gratia Dei et, peut-être aussi, son propre portrait.
L'intérêt était suffisamment excité, puisque l'on savait qu'il avait existé en France, entre 1491 et 149)3, un artiste, probablement italien, ami de Robert Briçonnet, à la fois sculpteur et médailleur, historien et diplomate, qui ne pouvait manquer d'avoir joué un certain rôle à cette époque. 11 s'agissait, dès lors, de découvrir la nationalité de Jean de Candida, de rechercher ses œuvres, de déterminer les caractéristiques de son style et, jugeant l'artiste, de dire la valeur exacte des expressions pompeuses qui lui avaient été décernées par son ami.
Mettant aussitôt à profit la découverte de M. Delisle, Aloïs Heiss se livra à la recherche épineuse des œuvres de Candida et lui attribua un certain nombre de médailles^; puis, se lançant dans les hypothèses, il voulut faire de Candida un Florentin et le proclama