‹ Jean de CandidaChapitre 4 sur 67 · Rev. numismatique, 1890, pp · texte numérisé non relu

Rev. numismatique, 1890, pp

JEAN DE CAXDIDA 7

élève de Pollaiuolo, sous le spécieux motif que l'on peut attribuer à Candida certaines pièces données antérieurement à Pollaiuolo.

Pourtant, la vraie patrie de notre médailleur restait inconnue, ainsi que ses œuvres les plus importantes. La moisson avait été hâtivement faite, et, dans la gerbe, l'ivraie s'était mêlée au bon grain ; l'autorité de Friedlaender avait quelquefois induit Aloïs Heiss en erreur. On le voit, Candida n'est plus un inconnu pour les historiens de l'art, mais il est loin d'occuper la place à laquelle il a droit, selon nous.

Ajouter quelcjues bons épis à la gerbe en formation et supprimer l'ivraie, découvrir la patrie de notre artiste, le faire connaître comme homme, préciser rapidement sa situation comme diplomate, surtout déterminer son mérite comme médailleur et son rôle dans le mouvement artistique de la Renaissance, voilà notre but.

Les résultats auxquels nous sommes arrivés nous permettent d'affirmer que, par l'importance de son œuvre et la célébrité des personnages qu'il a représentés, par sa spécialité artistique, par sa patrie et sa famille, par sa situation à la cour de Bourgogne et à la cour de France, par ses hautes relations, par les importantes négociations auxquelles il fut mêlé, enfin, par le séjour prolongé qu'il fit en France, Candida doit occuper une place à part dans l'histoire de l'art, parmi les initiateurs de la Renaissance italienne dans notre pays.

Quelques mots pour expliquer certaines expressions de la lettre de Briconnet et faire saisir on luème temps ce que fut rinfluencc de Candida.

Notre artiste arriva dans les domaines de la maison de Bourgogne durant le troisième tiers du xv® siècle, à cette époque où l'art italien est encore plein de jeunesse, de poésie, d'amour vrai de la nature. C'est l'heure des convaincus, des imaginatifs, des penseurs; pas encore celle des maîtres habiles, qui parfois amusent et charment, mais ne savent plus passionner ni retenir. Point de pose, de mise en scène recherchée, point de ces effets de terribililà qui sont la plaie du siècle suivant. Aussi bien, les ambassadeurs français se laissent-ils prendre à tant de séduction.

Voilà le véritable âge d'or de la médaille. Presque à ses débuts, elle est cultivée par d'innombrables artistes, auxquels toutes les branches de l'art sont familières et qui, dans toutes, apportent leur supériorité d'intelligence et de technique. La médaille fondue, la seule qui fut d'un usage courant alors, devait dailleurs les séduire par la facilité et la rapidité de l'exécution ; de même qu'elle garde pour nous le charme pénétrant de toutes les œuvres vivement exécutées en face de la nature, et qui nous transmettent, sans les refroidir par les lenteurs de la gravure en creux, toutes les vives émotions de l'artiste : ses impatiences et ses enchantements en face du modèle, sa nervosité et sa morbidesse, les vives pénétrations ou les caresses de son ébauchoir. Cet art est celui que notre médailleur cultiva et fit connaître à toute la France. La médaille, goûtée chez nous dès l'époque de Jean de Berry ^ ainsi qu'on l'a

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