‹ Jean de La Fontaine; cours libre professé à l'Université de StrasbourgChapitre 3 sur 105 · X AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

X AVANT-PROPOS

la plaine du Rhin, en se disant à chaque pas : « Je suis chez moi » ; quand sur cette terre que les Germains ont si longtemps foulée, il a vu refleurir la pensée française et assisté à la magnifique résurrection de votre Université, il semble qu'il n'ait plus rien à attendre de la destinée. Que de fois me suisje répété le Nunc dimittis!

J'avais tort. Une joie m'était encore réservée, celle de prendre la parole ici, dans l'Université française de Strasbourg.

Depuis longtemps j'avais rêvé de faire un cours libre à l'Université. Durant la guerre, avec un ami très cher, dont je dois évoquer ici la mémoire, — c'est lui qui jadis, en me révélant l'Alsace, me fit mieux comprendre que sans elle la France ne devait pas, ne pouvait pas vivre, — j'avais souvent causé du lendemain de la victoire. Nous pensions, tous deux, qu'un des premiers soucis de la France serait de restaurer l'Université de Strasbourg. Cette question avait été examinée, dès 1915, dans un mémoire très complet qui fut alors adressé au Grand Quartier Général; l'auteur de ce mémoire est aujourd'hui un des maîtres de votre Faculté des Lettres, un de ceux qui veulent bien me faire place auprès d'eux. Ce

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