ACTE DEUXIEME
Vous avez des pensées que je no connais pas, des 90 ucis quo vous me cachez... à moi qui donnerais ma vie pour effacer un pli do votre front adoré I
Vous seriez bien avancé, mon pauvre Thomé, si je vous racontais des tracas de la vie parisienne auxquels vous ne comprendriez peut-être pas grand’chose,et ne pourriez certainement rien!... Imitez ma discrétion. Quand vous ôtes triste commo hier, est-ce quo je vous demande à quoi vous pensez et quel blanc fantôme vos yeux distraits cherchent au plafond! El pourtant, j’aurais peut-être, moi, quelque sujet d’être jalouse de vos rêveries.
JEAN, sc levant.
Non! je vous le jure! Ce n’est pas mon cœur qui souffre, c’est ma loyauté; je manque à des engagements sacrés.
HORTENSE, descendant en seine.
Oh! vous avez encore trois mois devant vous pour les remplir, trois mois... le temps do m’oublier!...
JEAN
Je n’épouserai jamais Marie, vous le savez bien. Quel plaisir trouvez-vous à me torturer? Ne vous suffit-il pas que je sois parjure envers elle sans me croire capable de l’être envers vous? Et puis que signifie cetto comparaison que vous faites de mes tristesses aux vôtres? Ont-elles donc une cause semblable? Quand vous ne m’écoutez pas, h qui songez-vous?
MORTE NSE .
Je pourrais vous répondre que je manque à des engagements... peut-être aussi sacrés que les vôtres.
Non! puisque M. de Monllouis ale premier manqué aux siens, puisqu’il n’y a rien de commun entre vous... Vous me l’avez dit, du moins.
MORTE NSE .
Et c’est la vérité ! ... Qu’allez-vous imaginer, bon Dieu! Si mon mari m’avait aimée, faites-moi l’honneur de croire que vous ne seriez pas là. A ce propos, mon ami, quand prendrezvous sur vous d’offrir la main à M. de Monllouis? Jusqu’à présent, j’ai mis votre attitude de criminel sur le compte de la gaucherie bretonne : mais si vous aviez le moindre souci de mon repos...
JEAN
Ah! madame, c’est le plus grand sacrifice que vous puissiez exiger. Je voudrais rentrer sous terre quand M. de Montlouis me tend cette main confiante dans laquelle notre secret découvert mettrait une épée! Je ne lui dérobe, rien en acceptant votre amour, soit! Mais je lui volerais quelque chose en acceptant son amitié.
MORTENSE .
Trouvez-vous plus chevaleresque de me perdre?
JEAN, assis près de la table,
Je ferai ce que vous voulez.