ACTE TROISIÈME
CH ATE AUVIEUX.
Sa femme n’était-elle pas une Gondreville?
BOISLANGEA1S.
Oui, notre parente à je ne sais quel degré... Mais mon auguste famille ne reconnaît pas la parenté, en sorte que je suis obligé de tenir ce brave homme à distance, à mon grand regret.
CHATEAU VIEUX
Et au sien ! Je crois qu’il donnerait gros pour se réconcilier.
CHAMPIN.
Toute vanité blessée devient une passion.
BOISLANGEAIS, se levant.
Très-profond ! Voyez plutôt les femmes qu’on néglige, comme elles s’attachent!
JEAN, près du bureau.
Vous croyez?
BOISLANGEAIS.
En doutez-vous, par hasard?... Aphorisme : négligez Célimène, vous avez Hermione.
JEAN, à part.
Voilà qui m’explique Hortense.
CHATEAU VIEUX, à la table du milieu.
Eh bien, moi, si j’étais femme, je ne craindrais pas d’être un peu trompée par mon amant... Il y a des dédommagements.
JEAN DE THOMMERAV.
BOISLANGE AIS.
D’abord elles regagnent en respect ce qu’elles perdent en empressement.
CHAMPIN.
La maîtresse qu’on trompe passe à l’état de femme légitime, comme disait mon oncle.
CHATEAU VIEUX
Ton oncle disait cela? Sais-tu que ce n’est pas trop bôte pour une culotte de peau?
JEAN
Est-co que votre oncle était le brave général Champin?
CHAMPIN.
Lui-mème, sabretachel
BOISLANGE AIS.
Celui qui a jonché de son cadavre tous les champs de bataille de l’Europe.
ROBLOT
Et qui a laissé pour tout héritage à son neveu le souvenir de sa gloire et un magnifique nez d’argent.
JEAN, è Champin.
A votre place, je le porterais.
CHAMPIN.
J’ai des goûts simples... Il m’est trop grand.