SCÈNE VIII
JEAN, pui» BLANCHE.
JEAN, seul, ouvrant son portefeuille.
Ai-je assez d’argent sur moi ?
BLANCHE , arrivant par la gauche.
Heure militaire!
JEAN, stupéfait.
Blanche!
BLANCHE
Vous ne m’attendiez pas de ce côté-là? J’ai emporté la clé tantôt en me sauvant; j’aime mieux les petites entrées que les grandes.
JEAN
Vous n’avez donc pas passé chez vous?
BLANCHE
Non, pourquoi?
JEAN
Je vous ai écrit.
BLANCHE
Ah ! bah 1 Est-ce que nous ne dînons pas ensemble?
JEAN
Vous me voyez désolé. Je suis obligé d’accompagner mon père en Bretagne, et je pars dans une demi-heure.
BLANCHE
Voilà qui est d’un bon fils! Ce n’est pas d'un chevalier français, mais c’est d'un bon fils... Vous avez dû obtenir au collège tous les prix de bon fils.
JEAN
Je ne vois pas ce qu’il y a de ridicule...
BLANCHE
Rien du tout. Adieu, bon fils! Bonne nuit! Que le chemin de fer vous berce!... Voici votre clé, monsieur le vicomte.
JEAN, sans ptendre la clé.
Je vous jure que si ce n’était pas une affaire pressante...
BLANCHE
Il n’y a pas d’affaire plus pressante que moi. Savez-vous qu’il m’arrive des choses bien extraordinaires? Que j’aie un caprice, passe encore; mais qu’on me plante là... bonsoir! (Fausse sortie.) A propos, j’ai oublié mon ombrelle chez vous.
JEAN
Croyez-vous? *
BLANCHE, cherchant.
J’en suis sûre. Et une ombrelle toute neuve, s’il vous plaît... (Apercèrent l’ombrelle brisée.) Ah !... qu’est-Ce qui a fait ça? (Elle la ramasse.) Vous avez reçu une visite orageuse, mon pauvre vicomte! Voilà de jolies manières pour une femme du monde... car je parie que c’est une femme du monde... Vous ôtes un
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