COMPTES RENDUS DE L'’ACADÉMIE DE MÉDECINE
MM. Ribadeau-Dumas et André conseillent l’emploi de l’aleurone des graines oléagineuses dans l’alimentation de l’homme. — Les auteurs ont extrait l’aleurone des graines de l’héliante annuel ou tournesol. C’est une plante très répandue et facile à se procurer. Cet aleurone est utilisé dans l’alimentation des enfants. Le premier effet est de rendre les selles plus homogènes et plus denses ; il agit donc ainsi comme antidiarrhéique. Dans les diarrhées fétides, le tournesol supprime l'odeur et améliore les selles. On pourrait considérer l’aleurone de tournesol comme un aliment normal qui peut satisfaire aux besoins de l’organisme en protéine et même entrer dans la constitution d’un régime azoté. Toutefois il ne constitue pas un aliment de croissance suffisant parce qu’il manque de vitamine. Il est donc indispensable de joindre à l’aleurone, de l'huile de foie de morue donnée par gouttes aux enfants et par cuillerées à café aux adultes.
Séance du 21 Mai 1929 - Présidence de M. Quénu, Président.
M. Roberbertson Lavalle fait une lecture sur le traitement des ostéoarthrites tuberculeuses par les greffes osseuses. — L'auteur rappelle que dans les lésions osseuses tuberculeuses il y a trois zônes : la zône périphérique rouge violacé, la zône moyenne de thrombo-phlébite et panartérite, et la zone centrale de ramolissement. En outre de ce foyer à maturation, on peut trouvèr des foyers en évolution ou hyperhémiques. C’est dans ces foyers hyperhémiques que l’auteur introduit des greffons osseux. Le premier résultat de cette opération c’est la sédation de la douleur, presque immédiatement. Les phénomènes inflammatoires s’atténuent beaucoup ; l'appétit renaît, le poids augmente et l’état général se relève, ce qui serait dû à la suppression de la résorption des toxines tuberculeuses. 500 cas au moins ont été opérés avec d’excellents résultats, tant au point de vue fonctionnel qu’au point de vue anatomique.
M. Arnault Tzanck lit la relation d’un cas de transfusion sanguine dans le cœur. — Le professeur Achard a rapporté récemment une observation de fièvre typhoïde grave, traitée par la transfusion sanguine dans le cœur et a cité une observation antérieure recueillie dans la littérature médicale. C’est cette observation que l’auteur rapporte. Frappé de voir combien il était difiicile parfois de faire la transfusion veineuse, il a eu l’idée d’agir directement par voie cardiaque. Afin de vérifier ces conceptions, il a expérimenté sur l’animal et a constaté l’inocuité complète de cette intervention. Il a appliqué sur un malade cette méthode en novembre 1927, chez une jeune femme de 21 ans pour combattre une hémorragie provoquée par un avortement. La malade était littéralement exsangue, couverte de sueurs froides, ne répondant pas aux questions, insensible, sans pouls, les pupilles dilatées. La piqûre du cœur fut faite dans le 5e espace intercostal gauche. 650 grammes de sang furent transfusés. La malade se recolora rapidement, revint à elle. Elle guérit normalement sans nouvelle hémorragie et sans infection.
M. René Vincent signale le rôle de la tonsille gingivale dans la pathogénie de la pyorrhée alvéolo-dentaire. — Il affirme : 1° qu’une corrélation existe entre les poussées inflammatoires des ponts interdentaires et un état infectieux localisé loin de la bouche ; 2° que ces états infectieux ont nettement précédé l’éclosion des manifestations gingivales ; 3 que le
microbe prélevé en pleine gencive enflammée dans le sang est bien le même agent que celui de l'infection préexistante. Le traitement doit tendre à la stérilisation microbienne de la gencive par un auto-vaccin.
Séance du 28 Mai 1929.
Présidence de M. Ménétrier, Vice-Président.
Madame Poucket-Souffland lit un mémoire concernant les applications du sérum de bovidés jeunes à la thérapeutique infantile. - Mise à la tête d’une consultation d’enfants rachitiques à l'Hôpital des Enfants malades, l’auteur a souvent prescrit, comme base de la ration alimentaire, la pulpe de viande crue. Elle a été frappée des excellents résultats obtenus. Mais il est parfois difficile de faire absorber la viande pulpée aux enfants en bas âge. Elle pensa à remplacer cette pulpe par le sérum de jeunes bovidés âgés de 3 à 6 mois, à la dose de 10 centimètres cubes pris à jeun, le matin, dans de l’eau sucrée. Ce sérum fut admirablement toléré et digéré : l’enfant augmente de taille et de poids, les ganglions disparaissent.
MM. Miroresco, Nicolicesco et Vasile Stefanesco-Dima font une lecture sur les troubles régulateurs de la glucose dans la parotidite épidémique. — Ils ont constaté que dans les oreillons il existe de la glycémie et ils pensent que la parotide peut être une glande à sécrétion interne. Ils ont étudié surtout les troubles glycorégulateurs de la parotidite épidémique.
M. Cassoute rend compte du fonctionnement de la Crèche dépositaire des enfants assistés et de l’Abri maternel des Bouches-du-Rhôre en 1928. — Alors que la mortalité infantile avait été de 22, 53 % pendant l’année 1926, l’auteur a constaté qu’en 1927, elle est restée à peu près stationnaire, à 23, 67 %. Pendant l’année 1928, il y a eu un progrès très net, car on a constaté, dans le taux de la mortalité, une diminution de 8 %, ” celle-ci n’ayant été que de 15, 71 %. Ces progrès réalisés sont dus à l’isolement des petits malades dès le début de l'affection. Les débiles ont été placés dans des chambres couveuses exposées en plein midi. Enfin, l’auteur a utilisé de plus en plus le lait de femme qu’il a pu se procurer facilement dans l’Abri maternel.
M. Dujarric de la Rivière fait une lecture sur l’hygière des piscires et bains publics. — Les hygiénistes n’ont pas accordé une attention suffisante à l’épuration de l’eau des bains publics. De nombreuses piscines ont été installées dans nos grandes villes, mais on a perdu de vue qu’une piscine, dont l’eau n’est pas et ne demeure pas stérile, est un danger public. Or, l’eau de nombreux bains publics est très souillée. Dans une piscine de Paris, un lundi soir avant le renouvellement, on a relevé qu’il y avait 130 mille microbes et plus de 40 mille colibacilles par centimètre cube. On a signalé fréquemment, ces derniers temps, des cas de conjonctivite, des dermatoses, des troubles de l’appareil respiratoire, qui résultent de cette contamination de l’eau. Il y a donc lieu de désinfecter par des doses faibles de chlore l’eau de ces piscines. Ÿ
M. Dujarric de La Rivière rend compte de l’état actuel de l’organisation du lazaret de Tor (Egypte). — Il signale son importance pour la pro-
tection contre les maladies épidémiques.
Docteur BUSQUET.
Le Gérant : H. RicHAR». rl. Picnaro, 151 RUE VENOAUE, Lron
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