Appendices XXXII 4 et XXXII
aussi Holinshed, Ctaient contemporains de Sébastien Cabot, et vivaient à Londres, où ce dernier devait souvent venir s'il n’y avait sa résidence dans les dernitres années de sa vie, comme l’allusion à ses derniers moments qu'on lit dans une traduction de Richard Eden porte à le croire”. Reste John Stow. Peut-on affirmer que lui aussi a puisé ses informations à la même source?
L'histoire de cet antiquaire est touchante. C'était un pauvre tailleur qui, à l’âge de quarante ans, emporté par le goût des ctudes historiques, abandonna l'aiguille et le carreau pour faire des fouilles dans les archives. Il allait au loin, à pied, compulser les documents des comtés, des collèges et des monastères alors dispersés, réunissant, copiant, colligeant, annotant des masses de textes, en conscience, et avec un désintéressement, une habileté, qu’on ne saurait trop admirer. Enfin, à l’âge de quatre-vingts ans, en récompense des services qu’il avait rendus, Jacques Ir, par des lettres patentes en date du 8 mai 1603, l'autorisa à mendier son pain sous'le porche de toutes les cglises du royaume. Il mourut le $ avril 1605 :.
Né vers 1525, ct ayant toujours vécu en Angleterre, Stow a pu rencontrer Scbastien Cabot; cependant sa position infime jusqu’à la mort de ce dernier, puisque,
1, À very necessarie Booke concerning Nauigation..…. by ]. Taisnierus, translated by R. Eden. Lond., s, a., in-4, Epitre dédicatoire,
2. Strype, Life of Jolm Slow, dans son édition de la Survey of London, Lond., 1720, in-fol., en tête du t. I.
sclon la tradition, c'est seulement à l’âge de quarante ans, En 1565", que Stow cessa de manicr l'aiguille dans sa boutique, ne permet pas de l’affirmer.
Stow a certainement connu les Chroniques de Lanquet, de Grafton ct de Holinshed: cependant, ilne faut pas oublier que ces historiens n’ont aucune connaissance des voyages de 1497 ct 1498. Lorsqu'ils parlent de Sébastien Cabot, le seul de la famille dont mention soit faite dans leurs écrits, ce n’est que pour décrire la malheureuse expédition de 1553 qu'il prépara, où Willoughby ct ses compagnons périrent tous de froid; désastre qui produisit sur les Anglais la plus douloureuse impression.
Stow mentionne aussi le voyage de Willoughby, mais avec des détails qui accusent une autre source d'informations. Il fixe une date précise : le vingt mai de la septiéme année du règne d'Edward VI; le nom de l'infortuné navigateur ct la suite de ses aventures ne sont pas donnés; on reléve aussi une circonstance inconnue à tous les autres chroniqueurs : l'expédition fut armée aux frais de marchands qui Souscrivirent chacun vingt-cinq livres sterling, et les principaux promoteurs, aprés SCbastien Cabot, furent sir George Barnes ct sir William Garrard°. Et
1. Il y à cependant au British Museum (collection Grenville) un exemplaire de son Summarie of chronicles, qui est de l'année 1561 (Lowndes).
2. Append, XXXII D. Sir Gcorge Barnes (qu'il ne faut pas confondre avec son fils) fut lord-maire, et mourut en 1558. Machyn, dans son Diary (p. 166), le qualifie de « cheyf marchand Of Muskovea, » et relate qu’il eut Che penon of Muscovy armes borne at 35 berehyng. » Quant à sir William
lorsqu'on voit Stow en ce passage, omettre d'inoncer la nationalité de Sébastien, ne pas le nommer Gabato (comme sous les rubriques de 1498 et 1502) mais d'un nom différent : «one Schastian Cabolte, » et sans ajouter comme dans le passage de 1502, le rappel : « before named in anno 1498, » on est tenté de croire qu'aux yeux de Stow, le promoteur de l'expédition de 1553, Cabolle, et celui du voyage accompli un demi siècle auparavant, Gabalo, étaient deux personnes absolument distinctes.
Pour qui connait les procédés employés par les vieux chroniqueurs dans leurs calques, si Stow a fait des emprunts à Crowley, à Grafton ou à Holinshed, on a lieu de s'étonner que son récit du voyage de 1553 ne soit pas dans les termes dont se sont servis ces écrivains. C’est ce qu’on remarque en comparant Grafton et Holinshed avec Crowley. Il n'aurait peutêtre pas omis non plus de relater la fin tragique de Willoughby qui parle tant à l'imagination.
Mais il y a d’autres récits dans Stow, notamment celui du voyage de 1497, omis par tous les chroniqueurs que nous avons cités, et qui contient justement la fameuse appellation : « à genoas sonne. » Où at-il pris ce trop court récit?
On remarque dans Hakluyt' une Note of Sebastian
Garrard, c’est probablement à la fois le William « Garret, » alderman, qui fut un des donataires de la charte de 1555, et le William Garrard qui, en 1570, figure comme gouverneur de Ja compagnie de Moscovie,