Lettre du 23 août 1497, append, VII
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vogua à l’est, laissant après quelques journées la tramontane à droite, ct, ayant ainsi navigué, vit enfin la terre-ferme!. »
Puebla et Ayala, séparément, disent: « J'ai vu sur une carte la direction suivie et l’espace parcouru... Je crois que ce n’est qu’à une distance de quatre cents licues au plus” »
Tout ce que ces brèves descriptions comportent, c'est la découverte, à quatre cents lieues à l’ouest de l'Angleterre, d'une terre et d’iles.
Des détails plus circonstanciés se trouvent dans deux récits provenant de Sébastien Cabot et qui sont rapportés par Pedro Martyr d'Anghiera et l'anonyme de Ramusio déjà cité.
Le premier de ces récits est en ces termes :
« Se dirigeant vers le nord, Sébastien Cabot rencontra des masses de glaces, qui, au mois de juillet, flottaient sur la mer; la durée du jour était continuelle, et on voyait de vastes banquises. Aussi fut-il obligé de virer de bord et de se diriger vers l'ouest. Il navigua néanmoins dans la direction du sud, en rangeant le littoral jusqu’à ce qu'il eût atteint à peu près la latitude du Fretum Herculeum. cingla [alors] à l'ouest jusqu’à ce que l’ile‘de Cuba fût à sa gauche, presque à la même longitude. »
C'est-à-dire que de Bristol, Cabot navigua dans la
1. Dépêches des 24 août et 18 décembre 1497, append. IX et X. 2. Dépèches du 25 juillet 1498, append, XIT et XII. 3. P. Martyr, Décades, Basil., 1533, déc. III, lib. VI, f. 55. Append. XV.
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direction du nord-ouest, inclina ensuite vers l’oucst, puis, ayant atterri, longea la côte vers le sud jusqu’à la hauteur de Cuba.
La relation que l'anonyme de Ramusio attribue à Cabot confirme celle de Pedro Martyr :
«Au commencement de l’année 1496, je me mis à naviguer dans la direction du nord-ouest, ne pensant pas rencontrer d'autre terre que le Cathay, et passer de là dans l'Inde; mais aprés quelques jours, je découvris que la terre se prolongeait vers la tramontant, ce qui me déplut infiniment, Je longeai néanmoins la côte dans l'espérance de trouver un golfe que je Pusse contourner. Je n’en trouvai aucun, mais je remarquai que la terre se continuait jusqu'au 56° degré sous notre pôle, Voyant qu'en ce lieu la côte infléchissait à l’est, ct désespérant de trouver [le passage], je revins sur ma route afin de reconnaître à nouveau ladite côte dans la direction de l'équateur, toujours avec l'intention de trouver le passage pour aller dans l'Inde, et j'arrivai à la partie aujourd’hui nommée la Floride!, »
Les récits de Jacob Zicgler, de Lopez de Gomara, ct d'Antonio Galvio', ne sont absolument que des résumés de l’une des descriptions que nous venons de donner, et ne fournissant aucun élément nouveau où digne de foi dont le critique puisse tenir compte.
1. Ramusio, Raccolta, t, 1, f 414, append. XVII, 2. Appendices XVI, XVIII ct XIX.
La carte de 1544 qui, au premier abord, parait devoir fournir des éléments de certitude, ne peut servir qu'à préciser le premier point d'arrivée.
La question de l’atterrage des Cabot cst aussi controversée que celle de la découverte par Christophe Colomb, en 1492, de l’île non encore identifiée de Guanahani.
La localité indiquée sur la mappemonde de 1544 comme atterrissement de Jean et de Sébastien Cabot en 1497, ne peut tre, d’après ce document, que le pays correspondant sur nos cartes à l'ile du cap Breton.
Dans ladite mappemonde, cette île n'est pas détachée du continent. Ells s’avance en un promontoire incliné de l’est à l’ouest, et dont la partie suptrieure, malgré de fortes dentelures, figure une ligne parallèle au degré de latitude qui, selon l'échelle de la carte cabotienne, serait 48° 30°.
A l'extrémité orientale dudit promontoire, on distingue un petit cap, ct, à l’occident, dans le golfe même, une grande île située au même degré de latitude que le côté nord du promontoire, dont elle est séparée par un détroit assez large.
Le petit cap porte cette légende : « Prima lierra uista », et la grande île est dénommée : « Æ de S.-Juan. » Ni ces contours ni ces distances ne correspondent à la configuration réelle de lextrémité de l’ancienne Acadie ou Nouvelle-Écosse d’aujourd’hui.
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Sur les cartes de l'amirauté anglaise!, | supéricure de l’île du cap Breton est loin de former une ligne droite. Au milieu, la côte s'éléve abruptement, ct dessine un promontoire de trois quarts de degré, se terminant en aiguille, et dont 1 extrême à l'est forme le cap North.
Doublant ce cap, cinglant au sud et se dirigeant ensuite droit à l’ouest, on rencontre à soixante-douze milles du cap North, tout à fait dans l'intérieur du golfe, la premiére grande île qui existe dans ces parages. C'est l’île du Prince-Edward.
On se demande parfois si c’est à l'extrémité nordest de l’île du cap Breton, au point aujourd’hui appelé le cap Percé*, que Jean ct Sébastien Cabot atterrirent en 1497, ou bien si ce fut à la pointe la plus élevée, c’est-à-dire au cap North.
Comme Cabot déclare avoir atterri un matin, ct découvert le même jour une grande ile, on peut plus facilement coordonner ces deux assertions en plaçant le point d'atterrissage au cap North, éloigné de l'île du Prince-Edward de soixante-douze milles, tandis que le cap Percé en est à cent vingt-neuf milles marins.
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