Lista, B
Mipouarp VI ctait sur le trône depuis huit mois lorsque le conseil privé qui
AS dit, le 9 octobre 1547, une ordonnance concernant € un pilote nommé « Shabot » attendu d’Espagne pour servir l'Angleterre et y demeurer!. » Il s’agit évidemment de Stbastien Cabot, et, comme nous voyons au premier rang parmi les membres dudit conseil le comte d’Arundel, qui devint par la suite un des principaux fondateurs de la fameuse compagnie dite de Moscovie, dont Sébastien Cabot fut gouverneur statutaire, on est fondé à croire que cette ordonnance n’est pas étrangère à des projets de voyage au Cathay, cette fois par le nord-est *.
Cabot était alors âgé d’au moins soixante -treize
1. Appendice XXXIV. u 2. Clément Adams, Netve Navigation. by the North-east in the yeere 1553, dans Hakluyt, t. I, p. 243.
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ans. Il jouissait de la confiance de Charles-Quint, qui, malgré cet âge si avancé et les services rendus par des cosmographes distingués tels que Alonso de Chaves, Pedro de Medina, Alonso de Santa Cruz ct Diego Guticrrez le jeunc', tous espagnols de naïssance ct en droit de briguer la succession, le maintenait dans les fonctions importantes de pilote major ct avait même ajouté une pension à des émoluments élevés. Cabot prêta cependant une orcille favorable aux propositions de l'Angleterre, s’il ne fut le premier à les provoquer.
Peu de temps après, subrepticement, ce semble, Sébastien quitta l'Espagne sans abandonner sa pension ni son titre. Edouard VI tint compte du procédé, dés le 6 janvier 1548, en accordant au transfuge une pension annuelle de 166 livres sterling ct les fonctions, sinon le titre, de pilote major d'Angleterre ?,
Charles-Quint considérait néanmoins Cabot comme Ctant toujours son pensionnaire ct son employé. Lors de l'ambassade de sir Thomas Cheyney à Bruxelles, en novembre 1549, il fit réclamer à cet homme d'Etat par d'Arras, d’un ton hautain, le renvoi en Espagne de € Sébastien Cabote, son pilote pour les Indes et son
1. Son père, ayant les mêmes prénom;, avait été mis à l'index en 1545.
2. «6 di januarij anno 2 Reg, Ed. VI » Hakluyt, t. IL, p, 10.
3. « King Edivard VI... before he entered into the Northern Discovery, ad tance the Worthy and Excellent Sebastian Cabota to be Grand Pilot of England, allovine him a most bountifull Pension of L. 166 by ie year during his life. » Idem, dédicace, Le Memorial de Stephen Burrough, cité par Biddle (Memor, p. 311, d'après les MSS. de Lansdowac), semble aller à l'encontre de l'assertion de Hakluyt,
serviteur à qui il servait une pension, et dont les services lui étaient très nécessaires !. »
La requête de Charles-Quint fut immédiatement transmise aux conseillers de la couronne qui lui firent répondre, le 21 avril 1550, par sir Philip Hoby, l'ambassadeur d'Angleterre dans les Flandres, que Cabot s'était refusé à retourner auprés de l’empereur. Le Conseil ajouta même qu’en présence de cette disposition d’esprit et du fait que Cabot était sujet du roi d'Angleterre, nulle raison, nulle justice ne pouvait le forcer à quitter le pays?!
Cabot, ce semble, s'était établi à Bristol*, et c’est la seule fois que nous le voyons qualifié de sujet anglais.
Dans le courant de l’année, Edouard VI lui accorda une gratification de 200 livres sterling, qui paraît ne pas faire double emploi avec celle du même chiffre que Strype lui attribue sous la date de mars 1551°.
1. » Sebastian Cubote, Grand Pilot of the Emperor's Indies then in England, be sent over to Spain, as a very necessary man for the Emperor, whose servant Le aus, and had a pension of him. » Strype, Ecclesiast, Memorials., t, II, P. I,p. 296. |
2. « And as for Sebastian Cabot answere was first made to the said ambassador that he avas not detained heere by us but that he of himself refused to go either into spayne or to the emperor añd that he being ofthal mind and the King's subjecte no reason, nor eguile Wolde that be shulde be forced or compelled to go against bis vil.» MS. de Harley, n° 353, cité p‘r M. J. G. Nichols, Literary KRemains of King Edward VI, London, 1857, in-4, t. [, p. cixxxix. Le journal du jeune roi, qui assista au départ de Stephen Burrough de Greenwich (Chronique de Lanquet. Lond, 1559, sub anno 1553) s’arrête malheureusement à novembre 1552.