RE A D D TI À À
portulans n'existent plus. Ceux qui ont échappé à l'action du temps, aux naufrages et aux batteurs d’or, ne sont pas tous connus; fort peu même ont été décrits. Nous ne pouvons donc pas encore établir d’une manière précise la filiation des cartes nautiques qui nous restent, ni décrire avec exactitude les progrès de l'hydrographie du Nouveau-Monde.
Les lacunes, cependant, ne sont pas, telles qu’on ne puisse déjà reconnaître que le mérite des premiers perfectionnements introduits dans la délinéation du littoral de l'Amérique septentrionale appartient aux cosmographes portugais. Ces habiles dessinateurs, savants pilotes pour la plupart, exercèrent une influence considérable, non seulement par leurs œuvres mais aussi par leurs préceptes, dont on reconnaît facilement les traces dans les portulans et les planisphères dressés aux Baléares', en Espagne et en France. Mais si des cartographes lusitaniens émigrèrent de bonne heure chez leurs voisins de la péninsule, on n’est pas fondé à croire qu’ils vinrent appelés pour enseigner une science qui aurait été à l’état d’enfance dans le royaume des Rois Catholiques. La belle carte de Juan de la Cosa, dressée en 1500, au port de | Santa-Maria d’Andalousie, suffirait pour prouver le contraire. Ilest aussi difficile d'admettre que le fameux pilote basque n'ait pas fait école, surtout à l’époque
Te
RE er unes -
ne 4h
1. Nos III et IV de Kunstmann, semblables à une carte des collections bavaroises signée : « Sulvat de Pilestrina en Mallorques en lty M. D. XI. »
du plus grand développement de la marine Cspagnole cet des explorations si hardics du littoral de l'Amérique méridionale. Francisco et Ruy Falciro, Jorge et Pedro Reinel, Simon de Alcazaba de Sotomayor, n'étaient en réalité que des transfuges', qui, croyant avoir à se plaindre du roi Manocl, avaient quitté subrepticement le Portugal, pour venir offrir leurs services à Charles-Quint. Ce monarque les accucillit avec ‘faveur, comme Son aïeul avait accucilli les Vespuce et Sébastien Cabot, mais ce fut surtout parce qu'en Espagne on ne Pouvait employer trop de Sens Cxperts en ces matires pour les expéditions projetées par la couronne. Il est vrai que deux Reinel* dessinaient et corrigcaient dés 1519 à Séville des cartes de la Malaisie pour Île compte de Charles-Quint, mais les portulans que Magellan emporta dans son mémorable voyage, furent dressés sur
1, Simon de Alcazaba fut récusé à Bada
joz par le roi de Portugal « por baber seido su vusallo y natural
de aquel reino, y dice que se vino contra su voluntud, y que por esto le tiene Dor suspechoso, » Navarrete, t, IV, doc. xxxur, P. 329.
2.11 y avait un jeune Reinel Ctabli à Séville en 1519, dont les cartes ct les sphères servirent de modèle à Diego Ribeiro: « {x cual lierra de Maiuco J0 vi asentada en la Doma y carta que aqui hizo el hijo de Reinel, la cual no eslaba dcabada cuando aqué vino su badre por él, y su padre lo acabé lodo, y puso estas lierras de Maluco, Por este badron se hacen todas las cartas que las hace Diego Kiveiro, como tambien los cuadrantes y esperas, » Lettre de Sébastien Alv au roi de Portugal; Séville, 18 juillet 1519, Navarrete, t, IV, p. 155. Selon Herrera (Decad, III, lib. IV, cap. xt, P. 132), Jorge et Pedro Reipelne vinrent en Espagne que dans l’année 1522. Les Reinel dont parle Alvarez se trouvaient déjà à Séville en 1519, et nous ne saurions dire si c’étaicnt les mêmes,
arez
son ordre par un cartographe espagnol de Valladolid, Nuño Garcia de Toreno !.
Ce qui paraît avoir constitué à cette époque la suptriorité des cosmographes portugais, c’est leur connaissance plus étendue de la géographie de la partie septentrionale du nouveau continent. Ce n'est pas qu’au commencement du xvie siècle on attachäât en Espagne ou en Portugal une importance trés grande à ces contrées en tant que possessions susceptibles d’être colonistes; mais c'était là qu'on plaçait le fameux passage au Cathay par le nord-ouest.
Encouragés probablement par le succès de la première expédition de Gaspard Cortereal, d’autres Portugais, les deux Fernandez et Juan Gonzalès, gentilshommes des Açores?, avaient sollicité et obtenu du roi d'Angleterre des lettres-patentes pour un voyage de découvertes dans ces régions. Les gratifications accordées par Henry VII à des marins du Portugal qui, le 25 août 1505, lui avaient apporté de Terre-Neuve des piverts et des chats sauvages”, l'ordonnance royale
1. « 1125 maravedis que se dieron à Nuño Garcia para comprar pergaminos para hacer cartas : 900 por una docena de pieles ; 864 que costaron otra docena de bieles; 13,125 muravedis por siete cartas de marear que hizo por la orden de Rui Falero a cinco ducados ; 11,250 maravedis quese pagaron à Nuño Garcia de once carlas de marear que hizo por la orden de Fernando Magallanes. » Relacion del coste que tuvo la Armada de Magallanes, » Navarrete, t. IV, p. 180.
2, « Johan. Fernandus, Francisco Fernandus et Johan. Gunsolus, armigeris in Tnsulis de Surrys sub obediencia Regis Portugalie oriundis ». Memorandum quod XIX die Marcii, anno regni Reg. Henrici Septimi XVI, publié par Biddle, Memoir, p. 312. ;
3.« To Portugales that brought popyngais and catts of the mountaïgne with other stuff to the King's grace, $ L.»
lid,
suonrtic pas
en nde les
fa-
)re- )Orils-
du age ons jui, uve rale
nENOS na de Rui » once n del
ris ên pdun
ddle,
other
du 14 octobre enjoignant à Diogo Brandâo de continucr à lever la dîme sur la moruc apportée des Bacalkos dans les ports situés entre le Douro et le Minho', témoignent aussi d'efforts constants. D'ailleurs, les contours ct les positions dans les portulans des premicres vingt-cinq années du xvie siécle. évidemment copiés sur les premières cartes lusitaniennes, ainsi que les noms de ports, de caps, d’estuaires, de rivitres, depuis le Labrador jusqu'au cap Rasso et depuis la terre des Cortercal jusqu'à celle de Estevam Gomez, Presque tous portugais, ne sauraient laisser de doutes à cet Cgard.
Quant aux éléments particuliers qui servirent à construire les portulans lusitaniens, et, par suite, les premiers planisphères espagnols, il est presque impossible de les déterminer. La carte envoyée de Portugal par Alberto Cantino * agent diplomatique d'Hercule d'Este, duc de Ferrare, auprès de Manoel, ct la lettre qu’il adressa de Lisbonne à son souverain le 17 octobre 15o1° démontrent l'existence de documents cartographiques accessibles et se rapportant aux voyages de Gaspard Cortercal. Ces cartes furent évidemment le point de départ des délinéations dont le portulan de Pedro Reinel est un si précieux spécimen!
1. Alvarà dirigido a Diogo Brandüo, — Pescuria do Bacalhäo na Ilhba da Terra Nova. Leiria, 14 octobre 1506. Liv. da Alfandega do Porto, fol. 46; cité par
Scbast, F. de Mendo Trigoso dans les Memorias Economicas du Acad. Real dus Sciencias de Lisboa, t, VIH, p. 338