‹ Jean et Sébastien Cabot [microforme]Chapitre 58 sur 219 · Bibliothèque d’Este, à Modène · texte numérisé non relu

Bibliothèque d’Este, à Modène

3: MS. Archives d’État, à Modène, 4 Kunstmann, Afas zur Entdechungs-Geschichte Ammerikas, pl. I.

Comme nous l'avons déjà dit, les pêcheurs de tous les pays baignés par l'Atlantique se hâtérent d’exploiter les pêcheries signalées par les Cortercal (si elles nele furent par les Cabot), et ils ne cesstrent d’y retourner tous les ans. Pour sécher ou saler le poisson, ces hardis marins descendaient souvent à terre : de là des stations qu’ils durent nommer ct fixer sur des cartes. Les profits de ces expéditions amentrent la formation de compagnies maritimes, qui, disposant d’amples ressources, purent embarquer d’habiles pilotes. Ceux-ci rapportérent de la terre des Bacallaos des épures dont les cartographes firent usage, cet tout porte à croire que Lisbonne fut un grand centre d'œuvres hydrographiques de ce genre.

Il ne faut cependant pas s’exagérer l'importance et l'exactitude des premiers portulans. Pour la partie septentrionale du nouveau continent, c’est toujours un littoral partant du Groenland, ici appelé Labrador, affectant au sud une forme mamillaire, et qui, aprés un coude, descend en une ligne à peu près droite sans tenir compte de l’insularité — inconnue jusqu'en 1534 — de Terre-Neuve. Alors se voit un estuaire très étroit, figurant le golfe Saint-Laurent, mais sans les abords si caractéristiques qui constituent l’île du Cap-Breton. Parallélement au golfe, sur la terre ferme, se lit la légende: « Terra de Corte Real,» souvent suivie du nom de Bacallaos, lequel, dans les portulansitaliens", est placé au nordde cette région.

1, Infra, description des portulans de Baptista Agnese,

Ces profils se maintiennent pendant vingt ans.

Entre les années 1522 et 1526, on voit se produire un grand et beau planisphére sévillan, plus complet que les cartes portugaises, mais seulement en ce qui concerne la partie méridionale du Nouveau-Monde, car les côtes septentrionales n'accusent de changements qu'aux abords du golfe St-Laurent, dorénavant plus vastes. La carte de Nuño Garcia de Toreno, dont On n'a malheureusement qu'une fraction abrégée, est l'échantillon le plus ancien que nous possédions de cette nouvelle manitre. Les mappemondes de Weimar de 1527 et 1529* ne font évidemment que la suivre dans tous ses détails.

On retrouve ces délinéations, ces légendes et ces positions dans toutes les cartes pendant une douzaine d'années encore. Ainsi, tous les portulans de Battista Agnese, y compris celui qui, avec l'effigie de l'empereur Charles-Quint, porte une dédicace à Philippe son fils’, accusent jusqu’en 1564", et même après cette date, les mêmes contours et soudent encore Terre-Neuve au continent.

Cette persistance s'explique par la conjecture, très plausible, que les premiers voyages de Jacques Cartier Passérent à peu prés inaperçus hors de France. Ce ne

1. Elle accompagne les résumés de Pedro Martyr ct d'Oviedo donnés en italien par Ramusio, à Venise, en 1534, B. À. V. No 190.

2. Reproduites par Kohl, Die beiden Allesten General- Weimar, 1860, grand in-folio. Infra, n° 11 et 14.

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