CARTE DE HIERONYMO DA VERRAZZANO
’EsT un planisphère manuscrit sur parchemin, de 2",60 X 1,30, conservé dans la bibliothèque de la congrégation de la Propagande, au Vatican ‘.
Elle porte ce titre: Hieronemus de Verrazano faciebat, et une légende, qui peut servir à fixer la date : « Verraxana seu Gallia nova quale discopri $ anni fa Giovanno di Verrazzano.… » Comme l'époque de cette découverte tant controversée est dans le temps qui s’est écoulé entre fin décembre 1523 et le commencement de juillet 1524, la carte serait de l’année 1529. En tous cas, l’auteur présumé de ce planisphère vivait en Normandie, à Rouen (?) au mois de mai 1526 *.
Les contours du golfe Saint-Laurent, nommé G. di S. Joanni, accusent dans l’intérieur même du golfe une île de grande étendue, portant le nom de Js/a de Sancto Toanni. Mais les positions sont très inexactes, puisque le cap de Breton y est plac: par 51° 30° de latitude nord, c’est-à-dire cinq degrés et demi trop au septentrion.
La carte ne nous intéresse, d’ailleurs, que par une Terra Laboratoris, empruntée évidemment 4 l’hydrographie lusitano-espagnole, et portant la légende : « questra terra fu discoperta da inghi-
1, Thomassy, Les Papes géographes et la cartographie du Vatican, p. 112. et fac-similé de M. Brevoort, cité infra, p. 181.
2. « Noble homme Jehan de Varasenne, capitaine des navires... Estably son procureur gencral.. Jerosme. de Varasenne son frère et héritier. » Archives du Parlement de Rouen, Reg. Tubellionage, 11 mai 1526, Revue Critique d'Hist, et de Lit., no du 1er janvier 1876, p. 22.
lesi », surmontée des armes d'Angleterre. Elle a été reproduite en partie et décrite dans les intéressants ouvrages de MM. J. Carson Brevoort! et Henry C. Murphy *.
GLOBE D'ORONCE FINE.
ETTE mappemonde du célèbre mathématicien et astro-
nome dauphinois est très rare. Nous ne l'avons rencon- ___
trée que dans l'édition du Novus Orbis de Johannes Huttich, dit de Grynæus, donnée À Paris par Jehan Petit et Galliot du Pré en 1532 °.
Notons, cependant, qu’elle a été gravée aux frais de Christian Wechel, également imprimeur parisien, dont on n’a pas encore trouvé le nom ou la marque sur aucun tirage du Novus Orbis de Paris. La carte est de 0",41 X 0",29, et elle porte le titre de: Nova, et integra universi orbis descriptio. Dans un cartouche, on remarque une inscription en quinze lignes commençant par ces mots: « Orontivs F. Delph. ad Leçtorem, » et
1. J. C. Brevoort, Verrazano the Navigator, New-York, 1874, in-8: et du même auteur, Nofes on the Verrazano Map, dans le Journal of the Americ. Geogr. Society, New-York, t. IV, p. 172, excellente description, reproduite dans le volume précité, note xxxvir.
2. The Voyage of Verrazxzano, New-York, 1875, in-8; voir aussi la Tuvola parallella, dans C. Desimoni, Zuforuo al Fiorentino Giovanni Verrazzano, Genova, 1881, in-8,p. 101.
3. B. 4. V, Nos 172 et 173. Signalons aussi une mappemonde gravée et coloriée, très bizarre, non datée, que lui attribue d’Anville, et qui se trouve dans la collection de ce célèbre géographe, conservée au ministère des affaires étrangères, à Paris, portefeuille I, n° 64.
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se terminant par ceux-ci : « habetoque gratias Christiano Wechelo, cuius fauore et smpensis bec tibi communicauimus. Vale 1537. Mense Zulio. »
Après les petits globes terrestres en fuseaux, tels que celui de Louis Boulenger!' gravé en 15 14, et inséré dans un exemplaire de l'édition lyonnaise de la Cosmographiæ Introductio*, la présente mappemonde est la carte française la plus ancienne que nous connaissions, manuscrite, gravée ou imprimée, qui contienne une délintation quelconque du Nouveau-Monde. C'est à ce titre, seulement, que nous l’insérons ici, car elle ne porte dans les régions septentrionales qu’une seule légende : « Baccalar, » inscrite sur l’espèce de prolongement qui, dans presque toutes les cartes de l’époque, se remarque par 55° de latitude nord. Quant aux contours, la péninsule floridienne, la configuration du golfe du Mexique, le grand fleuve Mississipi, avec son nom espagnol d'alors: « R. de S. Spir » (R. del Spirito Sancto), la nomenclature des rivières: « R. arbaledas » (arboledas), « R. de Palma » (R: de palmas), » R. panico » (R : panuco), rappellent trop les planisphères de Weimar pour ne pas provenir d'une carte sévillane. De ces rapprochements, nous tirons la conséquence qu’en 1531, les cosmographes français dépendaient encore de l’hydro-
1. « Vniversalis cosmographie descriptio tam in solido quem (sic) plano. 390 mill, sur 180 mill. » Catalogue H.Tross, Paris, 1881, No. 4924. C’està tort que cette petite mappemonde est donnée comme étant la première qui porte le nom d’'America. Une semblable appellation se lit sur la projection, tgalement imprimée en fuseaux, d’un globe terrestre à la date de 1509 qui fait partie de la collection de M. le général de Hauslab, à Vienne. Nous ne savons si c’est une impression française. (D’Avezac, Allocution à la Société de géographie de Paris, 20 oct. 1871, Paris, 1872, in-8, p. 16.)
2. B. À, V. n°063, où cet ouvrage est placé à tort sous l’année 1510. Comme le dit M. d’Avezac, cette édition ne peut être antérieure à 1517, à cause de la dédicace à Jacques Robertet, y qualifié d’évèque d’Alby, mais qui ne prit possession de ce siège que le 22 novembre 1517. D'Avezac, Martin Hylacomylus, Paris, 1867, in-8, p. 123.
lo, graphie lusitano-espagnole pour leurs connaissances gtogra- I. phiques concernant le nouveau continent.
Cette carte d’Oronce Fine a été reproduite en photolithograle phie, pour la librairie Frédcrik Muller d'Amsterdam. de te us 1e 17 ce es ; CARTE DE GASPAR VIEGAS.
te es | "EST apparemment un fragment de portulan, dessiné sur ; peau de vélin, de 1" X 0,58. Cette carte, qui cest O
aujourd’hui exposée, encadrée, dans la galerie de gtographie de la Bibliothèque nationale de Paris', provient des Archives nationales, qui la cédèrent en 1865.
On ylit ces mots : « Gaspar Viegas. Dat° 1534. »
Ce nom et toutes les dénominations qu’on relève sur le littoral de l'Amérique septentrionale, sont portugais; mais nous n’avons rien pu apprendre, malgré des recherches faites en Portugal, concernant ce cartographe et ses sources d'informations.
Il y a dans la mème galerie une autre carte, signée également « Gaspar Viegas, » mais non datée. On en trouve aussi dans les cartons de ce dépôt encore deux, ne portant ni nom ni date, mais que nous croyons provenir du mème portulan. Ces trois dernières cartes * ne traitent que de l’Europe. Celle qui nous intéresse (n° 18,772) est une carte nautique contenant la partie occidentale de l’Europe et de l'Afrique; mais, à la gauche du lecteur, dans la direction du nord-ouest, on discerne, émergeant de la bordure, un profil de la Nouvelle-Écosse d’aujourd’hui, et