Catalogue dressé par De Bure, N
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Dans cette belle carte, la plus rapprochée, ce semble! des découvertes accomplies par Jacques Cartier, la partie supérieure du continent américain se termine ici par une péninsule très aiguë, ponctuée de nombreux récifs, aboutissant à une île nommée « Isle dorbelande ». Ladite péninsule porte le nom de « Terre dv Labovrevr. » Terre-Neuve est morcelée en neuf gros fragments, sans compter une demi-douzaine d’ilots. Le détroit de Belle-Isle est dénommé « Baye des Chastieulx. » Le golfe et le fleuve Saint-Laurent, la péninsule Gaspésienne, la baie des Chaleurs, présentent des contours très exacts pour l’époque.
Parallèlement à la Nouvelle-Ecosse, dans l'Atlantique, se trouve la grande île nommée « Y° de Saint-Jëéh : » laquelle ne peut être confondue avec l’ile du Cap-Breton, car cette dernière est séparée du continent par un canal spécial, courant du nord au sud. Le golfe et le fleuve ne sont pas nommés, et, sur notre calque, nous ne voyons pas non plus le Saguenay, ce qui indiquerait des données cartographiques antérieures au mois d’octobre 1542. Cartier a connu, et, d’après les Indiens, nommé cette rivière, dès le 12 août 1535 *, mais il ne l’explora qu’au cours de son troisième voyage.
La délintation du littoral et la nomenclature diffèrent considérablement des cartes de Weimar, surtout dans la région du Penobscot. On n’y voit pas, comme sur toutes les cartes lusitanosévillames, ce large estuaire triangulaire semé d’écueils, et placc entre le cap d’'Muchas Yslas et les Arecifes, mais une rivière plus étroite, se divisant en deux branches, dans la forme d’une double potence, et dénommée: « R. grande. » C’est le fleuve que
1, Dans un MS. anonyme du Bristish Museum (Sloane MSS., 117), intitulé : « De principiis astronomiæ », on trouve une mappemonde de petites dimensions, où la péninsule floridienne se continue au nord, sans solution de continuité, jusqu'au « C. Rasu », en face duquel se trouve un îlot dénommé « viridis insula ». Sur le littoral de l'Atlantique on lit : « fêra francisca nup. lustr, » Nous ne saurions dire si cette légende se rapporte aux découvertes de Verrazzano ou à celles de Cartier.